Sénégal

23 avril 2016 08:53; Act: 24.04.2016 06:30 Print

Le changement climatique, source de conflits

Le président sénégalais a souligné vendredi à New York le lien entre les effets du changement climatique et la sécurité, en particulier la menace jihadiste dans la région du Sahel.

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Mack Sall: «Dans le Sahel, des groupes terroristes essaiment et occupent les espaces de vie autour du lac Tchad et du fleuve Niger, donc on voit bien l'interaction climat-sécurité-terrorisme, tout est lié en vérité.» (Photo: Keystone)

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Macky Sall a présidé une réunion informelle inédite du Conseil de sécurité les relations entre ressources en eau et sécurité.

«Le réchauffement climatique aggrave la baisse des cours d'eau (...) et lorsque l'eau se raréfie il y a moins de surfaces cultivables et les conflits naissent», a expliqué Macky Sall dans un entretien accordé à l'AFP à l'occasion de la signature à l'ONU de l'accord de Paris sur le climat.

«Dans le Sahel, des groupes terroristes essaiment et occupent les espaces de vie autour du lac Tchad et du fleuve Niger, donc on voit bien l'interaction climat-sécurité-terrorisme, tout est lié en vérité», a-t-il ajouté. Le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram notamment sévit dans la région du lac Tchad, en voie d'assèchement.

«L'eau est une source de vie, une opportunité de développement et de partenariat mais si on n'y prend pas garde, l'eau peut être une source de conflits et d'instabilité», en particulier dans les bassins fluviaux partagés, a-t-il souligné. La réunion élargie du Conseil de sécurité a duré trois heures et une vingtaine de pays se sont exprimés.

«Un excellent départ»

Macky Sall a estimé que la signature de l'accord de Paris par 175 pays, dont la Suisse, constituait «un excellent départ pour l'accord et pour l'humanité». «Il s'agit maintenant de (le) ratifier dans les meilleurs délais» et «de faire en sorte (...) que le principe du pollueur-payeur soit appliqué», a-t-il déclaré.

Quant aux financements promis à l'Afrique, en particulier pour l'électrification propre du continent, «si j'en juge par la volonté exprimée (vendredi à New York) il y a des raisons d'espérer que cette fois-ci nous allons dépasser les procédures très longues et inefficaces pour arriver au respect des engagements», a-t-il estimé.

Plus de 600 millions d'Africains n'ont pas accès à l'électricité. L'accord de Paris prévoit un fonds vert qui doit atteindre 100 milliards de dollars par an en 2020 pour aider les pays en développement à s'adapter au réchauffement climatique et développer des énergies propres.

(nxp/ats)