Venezuela

03 novembre 2017 00:33; Act: 03.11.2017 00:42 Print

Maduro sur plusieurs fronts économiques

Nicolas Maduro a annoncé jeudi que le Venezuela voulait une restructuration de sa dette extérieure qui s'approche des 150 milliards de dollars.

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Le Venezuela a été de nouveau pointé du doigt pour ses difficultés à rembourser ses dettes: S&P Global Ratings a constaté son incapacité à payer deux échéances et réaffirmé le statut de défaut de paiement partiel. (Mercredi 22 novembre 2017) La réunion entre des membres du gouvernement venezuela et ses créanciers internationaux a été jugée peu convaincante. S&P Global Ratings a annoncé qu'elle déclarait le Venezuela «en défaut partiel» sur sa dette. (mardi 14 novembre 2017) Le comité réuni à New York vendredi pour examiner un retard de paiement pouvant déclencher un défaut partiel du Venezuela a reporté finalemnet reporté sa décision à lundi 13 novembre. (Image prétexte) Le Venezuela doit rembourser une échéance de 81 millions de dollars, au risque sinon de se retrouver en situation de défaut de paiement sur sa dette extérieure, qu'il veut restructurer malgré sa crise économique, politique et humanitaire. (Vendredi 10 octobre 2017) Menacé de défaut de paiement, a donné vendredi rendez-vous à ses créanciers le 13 novembre à Caracas. (Vendredi 3 novembre 2017) Nicolas Maduro a annoncé que le Venezuela voulait une restructuration de sa dette extérieure qui s'approche des 150 milliards de dollars. (Jeudi 2 novembre 2017) Le président Maduro a salué la prestation de serment des quatre gouverneurs comme une reconnaissance des «pleins pouvoirs» de la Constituante, appelée à siéger jusqu'en 2019. (Mardi 24 octobre 2017) Alors que la coalition d'opposition s'y refusait, quatre des cinq gouverneurs élus aux récentes régionales, ont accepté lundi d'être investis par l'Assemblée constituante tant décriée par leur parti. (Image - lundi 23 octobre 2017) Le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui attribue régulièrement les problèmes de son pays aux Etats-Unis et leurs alliés, a accusé les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram ou Twitter de censurer les messages de son camp. (Jeudi 19 octobre 2017) En refusant de prêter serment devant l'Assemblée constituante mercredi, l'opposition risque de perdre les cinq sièges de gouverneurs qu'elle a remportés. (Mercredi 18 octobre 2017) Les gouverneurs doivent prêter serment devant la toute puissante Assemblée constituante, mais cette cérémonie, imposée par le président Maduro, devrait être boycottée par l'opposition, plus déchirée que jamais. (Mercredi 18 octobre 2017) La coalition d'opposition (MUD) a dit rejetter tout dialogue tant que n'aura pas été conduit un audit indépendant des éléctions régionales qui l'ont donnée largement battue. Image - lundi 16 octobre 2017. Le parti socialiste au pouvoir a remporté 17 des 23 Etats du Venezuela lors des élections régionales, a annoncé le Conseil national électoral (CNE). (Dimanche 15 octobre 2017) Lassés par une crise économique sans fin, les Vénézuéliens élisent les gouverneurs régionaux, un scrutin test pour le gouvernement et l'opposition. (Dimanche 15 octobre 2017) Le gouvernement vénézuélien a impliqué le dirigeant de l'opposition Leopoldo Lopez dans un complot présumé pour «renverser» le président socialiste Nicolas Maduro, et a annoncé une arrestation. (Mardi 3 octobre 2017) La coalition de l'opposition a affirmé que le gouvernement de Nicolas Maduro (photo) devait retirer certains «obstacles» avant que le dialogue reprenne. (Jeudi 28 septembre 2017) L'opposition vénézuélienne s'est montrée très hésitante à participer mercredi à une nouvelle rencontre avec des représentants du gouvernement en République dominicaine pour renouer le dialogue politique entre les deux camps. (Mardi 26 septembre 2017) Le chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza, a qualifié lundi à l'ONU le président américain Donald Trump d'«empereur mondial», tout en affirmant chercher un dialogue avec Washington pour «arrêter la folie et l'irrationalité». (Lundi 25 septembre 2017) Gouvernement et opposition vénézuéliens se retrouveront le 27 septembre pour poursuivre leurs négociations. Nicolas Maduro estimait vendredi être proche d'un accord, ce que dénie l'opposition. (Image - vendredi 15 septembre 2017) Sous l'égide du gouvernement dominicain et de l'ONU, gouvernement et opposition vénézuéliens se sont mis d'accord jeudi à Saint-Domingue sur la création d'un groupe de pays amis pour mener les futures négociations, ont annoncé le président dominican Danilo Medina et l'ex-Premier ministre espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero. (Jeudi 14 septembre 2017) Gouvernement et opposition continuent jeudi leurs négociations à Saint-Domingue pour mettre fin à la crise. (Jeudi 14 septembre 2017) Le président vénézuélien s'est dit d'accord pour dialoguer avec l'opposition dans le cadre d'une médiation espagnole et dominicaine. (Mardi 12 septembre 2017) Nicolas Maduro était pressenti pour venir à l'ouverture de la session du Conseil des droits de l'Homme au Palais des Nations, à Genève. Mais il s'est fait remplacer. Il a choisi de partir sur Alger. (11 septembre 2017) Ouettes d'Egypte, cochons nains, chèvres, lapins, paons bleus, perroquets tropicaux ou pintades de Numidie: une quarantaine d'animaux ont été volés, tués ou découpés sur place entre juin et juillet, selon des sources du zoo de Zulia. (9 septembre 2017) Le président Maduro (photo) ne fera pas l'objet d'une enquête a déclaré le procureur général du Venezuela Tarek William Saab. (Photo d'archives) Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, sera à Genève le 11 septembre pour l'ouverture de la 36e session du Conseil des droits de l'Homme. (4 septembre 2017) Lilian Tintori, la femme du leader de l'opposition Leopoldo Lopez, estime qu'elle est retenue contre son gré au Venezuela, alors qu'elle doit partir à l'étranger pour rencontrer plusieurs dirigeants européens. (Samedi 2 septembre 2017) Quelque 500 opposants se sont réunis à Caracas en hommage aux manifestants anti-Maduro tombés depuis avril. (Mercredi 30 août 2017) Le Haut commissaire aux droits de l'homme a estimé mercredi à Genève que la démocratie était «à peine en vie, si elle existe encore» au Venezuela. (Mercredi 30 août 2017) Luisa Ortega a dénoncé depuis le Costa Rica la volonté qu'aurait le gouvernement vénézuélien de l'abattre. (Lundi 28 août 2017) L'armée vénézuélienne était mobilisée samedi et dimanche pour des exercices militaires en réponse à la «menace» du président américain Donald Trump. (Samedi 26 août 2017) Le président américain Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la «dictature» du Venezuela. (Vendredi 25 août 2017) Le président vénézuélien Nicolas Maduro a mis en garde jeudi les militaires contre toute «fracture» au sein de leurs rangs. Il a appelé «ceux qui doutent» à quitter l'armée «immédiatement». (25 août 2017) La future Constitution vénézuélienne qui sera rédigée par l'Assemblée constituante sera soumise à un référendum, a annoncé cet organe législatif contesté. (Jeudi 24 août 2017) Luisa Ortega (à droite) avec le procureur-général brésilien Rodrigo Janot. Elle affirme avoir beaucoup de preuves sur la corruption du régime de Maduro. (Mercredi 23 août 2017) L'ancienne procureure générale du Venezuela est arrivée mardi en provenance de Colombie, première étape de sa fuite, Le président Maduro réclame son arrestation. (Mercredi 23 août 2017) Accueillie à l'aéroport de Brasilia, elle a déclaré qu'elle allait «parler d'Odebrecht, de l'affaire de corruption au Venezuela et de ma situation». (Mercredi 23 août 2017) Le Venezuela va lancer un mandat d'arrêt international contre l'ex-procureure générale Luisa Ortega, en fuite vers le Brésil après une étape en Colombie, a annoncé Nicolas Maduro. (Mardi 22 août 2017) Vendredi 18 août, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive) epa06305031 A handout photo made available by Miraflores, shows the Venezuelan President Nicolas Maduro, speaks during a government event, in Caracas, Venezuela, on 02 November 2017. Maduro order the refinancing and restructuring of all foreign debt but assured that he will liquidate the 1.121 billion dollars that he must pay to the holders of one of the bonds of the state oil company Petroleos de Venezuela (PDVSA). EPA/PRENSA MIRAFLORES HANDOUT HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES

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Nouvelle échéance de remboursement de dette, hausse du salaire minimum, développement de la monnaie électronique: le président vénézuélien Nicolas Maduro est sur plusieurs fronts pour riposter à la «guerre économique» menée, selon lui, par l'opposition et les Etats-Unis.

Asphyxié par la crise économique, ce pays pétrolier avait déjà éloigné vendredi le spectre d'un défaut de paiement grâce au remboursement d'une échéance de dette par le groupe pétrolier d'Etat PDVSA, mais il doit encore payer d'importantes sommes d'ici fin 2017.

Après avoir remboursé il y a une semaine 841,88 millions de dollars d'amortissement d'un bon à échéance 2020, PDVSA va s'acquitter vendredi de 1,1 milliard de dollars d'un bon à échéance 2017, a annoncé M. Maduro jeudi soir.

Forte probabilité de défaut de paiement

Comme la semaine dernière, si l'entreprise d'Etat venait à rater le coche, le pays tomberait automatiquement en défaut de paiement, une probabilité que l'agence Bloomberg a chiffrée à 79% en 2018 et 99% au cours des cinq prochaines années.

L'agence de notation SP Global Ratings a placé les bons de PDVSA sous surveillance négative, s'inquiétant des sanctions imposées en août par les Etats-Unis, qui interdisent d'acheter de nouvelles obligations vénézuéliennes. Selon les analystes, cela affecte déjà les ressources du gouvernement.

Au total, entre dette souveraine et de PDVSA, le pays a dû rembourser 1,63 milliard de dollars en octobre, puis 1,89 milliard en novembre et 242,5 millions en décembre, selon le cabinet Aristimuño Herrera & Asociados. Et ses réserves sont au plus bas depuis vingt ans, à 10,09 milliards.

Maduro se vante d'être un bon payeur

Le président Maduro a également déclaré jeudi que son gouvernement allait entamer un refinancement et une restructuration de sa dette extérieure estimée à quelque 150 milliards de dollars. «J'ai décidé par décret un refinancement et une restructuration de la dette extérieure du Venezuela et des remboursements», a-t-il dit à la radio-télévision.

Dans ce pays aux immenses réserves pétrolières, mais ruiné par la chute des cours du brut, la crainte du défaut de paiement, qui entraînerait une paralysie de l'économie et des banques, est permanente.

Le président Maduro se vante pourtant d'être bon payeur et d'avoir remboursé 60 milliards à ses créanciers internationaux depuis 2015, malgré la «guerre économique» menée selon lui par Washington et la droite vénézuélienne.

Billet de 100'000 bolivars

C'est justement pour riposter à cette «guerre» que le chef de l'Etat socialiste a multiplié mercredi soir les annonces en direct à la télévision. Il a d'abord rehaussé le salaire mensuel minimum pour la cinquième fois de l'année. Avec cette augmentation de 30%, ce dernier passe à 177'507 bolivars, soit 53 dollars au taux officiel -dans des bureaux de change où les billets verts sont quasiment introuvables-, et 4,3 dollars au marché noir, considérée comme le taux de référence.

A cela s'ajoute un bon alimentaire de 279'000 bolivars (qui augmente de 48%), faisant passer le «revenu intégral de base» à 456'507 bolivars (136 dollars au taux officiel et 11 au marché noir). Cette hausse vise, selon Nicolas Maduro, à «renforcer davantage la protection des travailleurs» au milieu de la crise économique.

Le Venezuela, où l'Etat exerce depuis 2003 un strict contrôle des devises étrangères, connaît la plus forte inflation de la planète: attendue à 652,7% cette année, elle devrait atteindre 2.349,3% en 2018, d'après le Fonds monétaire international (FMI).

Développement de la monnaie électronique

Mercredi à la télévision, le dirigeant vénézuélien a également présenté le nouveau billet national de 100'000 bolivars, qui constituera la coupure la plus grosse. Signe de la dégradation du paysage économique, il y a un an le plus gros billet était de 100 bolivars, soit 1000 fois moins. Certains internautes soulignaient sur Twitter que seul le chiffre «100» apparaissait en gros, la mention «cent mille» étant écrite en petites lettres. «Ils n'ont même pas pris la peine d'imprimer tous les zéros», raillait l'un d'eux.

Dernière arme sortie mercredi par M. Maduro, le développement de la monnaie électronique, vue comme «la solution de fond» pour vaincre les «mafias» qui, selon lui, sortent les billets vénézuéliens du pays pour spéculer avec le bolivar, entrainant sa dévaluation et la pénurie de liquidité. «Je pense que la solution définitive est que 90 à 95% des transactions commerciales du pays soient électroniques», a-t-il estimé.

(nxp/afp)