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18 mars 2007 19:09; Act: 18.03.2007 19:13 Print
L'ex-activiste italien Cesare Battisti arrêté au Brésil
En fuite depuis août 2004, l'ancien activiste de l'extrême gauche italienne Cesare Battisti a été arrêté dimanche au Brésil.
Longtemps réfugié en France, il doit purger dans son pays une condamnation à perpétuité pour homicides.
Cesare Battisti (photo: Keystone)
L'activiste, âgé de 52 ans, a été arrêté sur l'Avenue Atlantica qui longe la mer à Copacabana (Rio de Janeiro), alors qu'il rencontrait une femme venue lui apporter de l'argent. L'opération a impliqué les autorités brésiliennes, italiennes et françaises.
L'ancien activiste «n'avait pas de papiers sur lui. Nous avons pris ses empreintes digitales», a indiqué un policier brésilien. Le fuyard s'est identifié et ne s'est pas montré surpris de cette arrestation, toujours selon la police. La femme a été interpellée puis relâchée. Elle était entrée légalement au Brésil avec 9000 euros.
Cas emblématique
Cesare Battisti devra attendre en prison l'issue de la procédure d'extradition vers l'Italie, qui peut prendre six mois, selon le responsable brésilien d'Interpol.
Le ministre italien de la Justice Clemente Mastella a déclaré qu'il espérait que l'ex-membre des «Prolétaires armés pour le communisme» (PAC) serait extradé rapidement. S'il regagne l'Italie, il purgera directement sa peine et n'aura pas a priori droit à un nouveau procès.
Cas devenu emblématique des «années de plomb», Battisti avait été arrêté une première fois en juin 1979, avant de s'évader de prison. Il a été condamné à la prison à perpétuité pour quatre meurtres par un arrêt de la Cour d'assises de Milan le 31 mars 1993.
Il est accusé des meurtres d'un responsable de prison en 1978 à Udine, d'un agent de police en 1979 à Milan et d'un militant néo-fasciste en février 1979 à Mestre, près de Venise. Il est aussi accusé de complicité dans l'assassinat, en 1979 à Milan, d'un bijoutier tué par balles alors qu'il se promenait avec ses fils. L'un de ceux-ci, blessé dans la fusillade, est demeuré paraplégique.
Après son évasion en 1981, il avait gagné le Mexique avant de s'installer en France, en 1990, comme beaucoup d'activistes d'extrême-gauche italiens. Il y était devenu gardien d'immeubles et auteur de romans policiers.
La demande d'extradition de l'Italie, rejetée une première fois au début par la cour d'appel de Paris en mai 1991, pour des raisons techniques, avait été relancée en 2004.
«Jamais tué»
Cesare Battisti avait été écroué le 10 février 2004 puis remis en liberté le 3 mars, après s'être engagé à ne pas quitter le pays. Mais en août, il disparaissait, juste après l'arrêt qui donnait le feu vert à son extradition, rendu le 30 juin et alors suspendu à un recours en cassation.
La Cour de Cassation a confirmé la décision en octobre 2004 et le Conseil d'Etat a rejeté un dernier recours début 2005.
Dans un livre publié il y a un an, «Ma Cavale», Battisti réaffirmait être la victime d'un complot et disait n'avoir «jamais tué» ni même «jamais tiré sur personne».
La doctrine Mitterrand
Cesare Battisti, qui a une compagne française et deux enfants français, a reçu le soutien d'une partie de la gauche française, de plusieurs associations et des milieux parisiens de l'édition qui s'insurgeaient contre son éventuelle extradition.
Après quelques hésitations, le PS s'était fortement impliqué. François Hollande était même allé lui rendre visite en prison.
Ses partisans estiment qu'il a été victime d'un procès politique en Italie et reprochent à la France de n'avoir pas tenu la parole du président François Mitterrand, qui avait promis en 1985 l'asile aux activistes italiens ayant rompu avec la violence.
Mitterrand avait pourtant exclu explicitement de sa promesse les criminels de sang. La cour d'appel de Paris a déclaré qu'elle n'avait pas à tenir compte d'une promesse politique, en raison du principe de la séparation des pouvoirs.
(ats)























