Proche-Orient

01 septembre 2010 19:15; Act: 01.09.2010 19:21 Print

Ciel sombre sur les négociations avec ObamaCiel sombre sur les négociations avec Obama

Barack Obama recevait mercredi les protagonistes du processus de paix au Proche-Orient à la veille de la reprise des pourparlers israélo-palestiniens à Washington.

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Barack Obama a reçu le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (photo: Reuters)

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Le succès des négociations est remis en cause par un regain de violence en Cisjordanie et la fin prochaine du gel des colonies israéliennes.

M. Obama a accueilli en milieu de matinée le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche pour une rencontre bilatérale.

Au cours d'une journée consacrée à la relance de ce dossier, «grande priorité» de sa politique étrangère, le président américain devait aussi recevoir successivement le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le roi Abdallah de Jordanie et le président égyptien Hosni Moubarak.

Tous devaient se retrouver en soirée pour un dîner lançant formellement les négociations. Ces dernières entrent jeudi dans le vif du sujet au département d'Etat. M. Obama, ainsi que sa diplomatie, se démènent pour parvenir à une telle étape depuis le début de son mandat en janvier 2009. Le chef de la Maison blanche y joue une partie de sa crédibilité au Proche-Orient.

Les Etats-Unis y coient encore

Mardi, l'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell a annoncé une «présence active et soutenue» des Etats-Unis dans ces négociations.

Après 20 mois sans dialogue, après 62 ans de conflit et plusieurs échecs retentissants, l'Amérique croit aujourd'hui à «une fenêtre de tir» pour une solution à deux Etats dans le délai imparti d'un an, a dit M. Mitchell. C'est une perspective «réaliste», a-t-il soutenu, tout en convenant que «beaucoup de gens sont d'un avis contraire».

Graves revers

La situation sur le terrain et certaines déclarations semblaient de nature à nourrir ce pessimisme mercredi. La veille, quatre colons israéliens ont été tués dans une attaque en Cisjordanie, revendiquée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Mercredi, M. Netanyahu a appelé «toutes les parties», dont les colons juifs, à la «retenue». La veille, il avait affirmé que l'effusion du «sang des civils israéliens ne restera pas impunie».

L'ONU s'est dite «choquée» par l'attaque, également condamnée par la communauté internationale, dont la Suisse. Mercredi soir, Barack Obama a lui aussi condamné le «massacre absurde», déclarant que «les extrémistes ne saborderaient pas le processus de paix».

Un autre sujet crucial a pris un grave coup mercredi. M. Netanyahu a assuré qu'il n'a pas l'intention de prolonger le gel de la colonisation juive en Cisjordanie qui expire le 26 septembre. Les Palestiniens ont à nouveau averti que toute reprise des implantations tuerait la négociation dans l'oeuf.

De son côté, M. Moubarak a affirmé dans un entretien au «New York Times» qu'un gel complet de la colonisation était crucial pour le succès des négociations.

Fossé entre les deux parties

Les discussions entre Israéliens et Palestiniens avaient cessé fin 2008, avec l'offensive israélienne sur Gaza. Leur reprise suscite peu d'illusions, en raison avant tout du fossé entre les positions des deux parties.

Les Palestiniens veulent fonder leur Etat sur l'ensemble des territoires occupés par Israël depuis 1967. Ils sont prêts à accepter des échanges, mais cela ne suffira pas à régler la question du statut de Jérusalem. Les Palestiniens veulent que l'est de la ville soit leur capitale, tandis qu'Israël considère la Ville Sainte comme sa capitale indivisible.

Un haut responsable du bureau de M. Netanyahu a répété mercredi cette position, contredisant le ministre de la Défense Ehud Barak qui avait suggéré que les quartiers arabes de Jérusalem pourraient revenir aux Palestiniens.

Le sort des réfugiés palestiniens divise également profondément les parties, tout comme la volonté d'Israël que le futur Etat palestinien soit démilitarisé.

(ats)