Aviation

21 mars 2010 23:00; Act: 22.03.2010 10:07 Print

On a testé Paris-New York en A380On a testé Paris-New York en A380

par Cathy Macherel - La liaison transatlantique a toujours été le terrain des records et des grandes innovations. Cela se poursuit avec le mastodonte des airs.

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Une envergure impressionnante, de près de 80 mètres, pour une consommation minimale. (photo: AFP)

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«Wouah! qu’est-ce qu’il est dodu! On dirait une baleine!» A Paris Charles-de-Gaulle, une famille se presse devant les vitres de la porte E62. D’autres voyageurs sortent l’appareil photo. Il y a de l’excitation dans l’air. Normal: on s’ap­prête à monter à bord de ­l’avion de ligne le plus grand du monde, celui de tous les superlatifs. Et pour ne rien gâcher, sur une ligne historique. Ce Paris-New York qui a fait prendre des risques insensés aux premiers aviateurs en bonnet de cuir, qui a vu se tester toutes les innovations de l’aéronautique, à commencer par les premiers vols commerciaux en quadrimoteur, après-­guerre, volant sans pressurisation à moins de 3000 mètres d’altitude. Il fallait plusieurs escales techniques pour rejoindre New York.

Fini la rêverie. C’est l’heure d’embarquer. La foule est impatiente, il s’agit d’aller trouver son siège parmi les 538 places que compte l’A380 d’Air France. Sur la passerelle qui mène au pont supérieur, une première sensation de gigantisme. On culmine à 30 m au-dessus du tarmac. A l’intérieur, la vague impression, avec ces deux ponts reliés par des escaliers en colimaçon, d’être à bord d’un paquebot.

Les sièges? Dans un décor de salon très accueillant, confort absolu en business, avec champagne et foie gras. En classe «voyageur», entendez l’économique, c’est un brin différent. Air France, a opté pour une rentabilisation de l’espace avec ses 538 places. En clair: des sièges assez étroits, des couloirs pas très larges et le sentiment paradoxal, malgré un plafond haut et un joli éclairage, d’être un peu coincé dans le plus grand avion jamais réalisé. Mais c’est un bon point pour sa conscience écolo: «Cet avion, c’est un vol au lieu de deux. Il représente un A340 plus un Boeing 777», explique Alain Ankri, chef de cabine, fier de travailler à son bord. Avec l’A380, on économise entre 15 et 20% de carburant sur un trajet trans­atlantique. Et les émissions de CO2 sont réduites également de 20% comparé à un A330. En somme, le défi principal de l’aviation moderne.

Pour le passager, un constat frappant: l’absence ou presque de bruit des réacteurs. Un silence apprécié, tout comme la stabilité de l’avion, bien moins sensible aux turbulences que les précédentes générations. En route pour une sieste et rendez-vous à New York.

Des films, des jeux et des CD en veux-tu en voilà

Paris-New York en A380, c’est environ 7 h de vol (6 h 40 au retour), soit 20 minutes de gagnées comparé à un autre vol. Presque trop court pour choisir parmi la centaine de films et les 26 jeux proposés sur son écran personnalisé (de grande taille), sans compter les 300 CD disponibles. On est loin du temps où Air France proposait l’option cinéma sur la ligne Paris-New York à ses passagers en faisant tourner des bobines de film sur un projecteur. Une première. C’était en 1966. Bonjour le progrès!

Le gadget qui met en valeur le monstre

L’A380 dispose de trois caméras extérieures: une sur le nez de l’avion, une autre sous la carlingue et une troisième sur la queue de l’appareil. A loisir, depuis son siège, le passager peut choisir sa caméra pour voir le paysage, comme s’il était à une table de réalisation. L’A380 n’est pas le seul Airbus à disposer d’un tel système, mais la spectaculaire vision depuis l’arrière de l’appareil rend compte de la taille du monstre. En phase de préparation de décollage, les autres avions semblent être de vulgaires mouettes! Au décol­lage comme à l’atterrissage (spécialement à l’aéroport JFK), le moment est scotchant. On se croirait en plein jeu vidéo. Anecdote politique: le système de vision au sol est coupé à l’approche des Etats-Unis, mesure de sécurité imposée par les autorités américaines.