
«Le procureur a requis une condamnation à la prison à vie», a indiqué le tribunal dans un communiqué. Le procès reprendra mercredi prochain par les plaidoiries de la défense. Le verdict est prévu pour le 3 juillet.
Le nonagénaire, qui comparaît pour 14 assassinats et une tentative, est accusé d'avoir ordonné le massacre de Falzano di Cortona, le 26 juin 1944, en représailles après un accrochage avec des partisans italiens, alors qu'il commandait une compagnie de chasseurs alpins.
Lors de l'ouverture de son procès en septembre dernier, l'accusé avait déclaré, par le biais de son avocat Christian Stünkel, qu'il récusait «dans leur totalité les reproches formulés». Selon l'avocat, son client n'était pas sur les lieux du massacre.
Josef Scheungraber a déjà été condamné en son absence à la prison à perpétuité le 28 septembre 2006, par le tribunal militaire de La Spezia (nord de l'Italie).
Mais l'Allemagne, qui n'extrade pas ses ressortissants contre leur gré, n'a jamais fait appliquer cette peine.
Aussi le vieil homme a-t-il poursuivi sa vie tranquille en Bavière, dans sa ville natale d'Ottobrunn, où il est devenu après la guerre une personnalité locale respectée, gérant d'une menuiserie et conseiller municipal, participant régulièrement à des commémorations avec ses frères d'armes.
Son cas n'est pas isolé. Comme lui, d'autres ex-officiers nazis coulent des jours paisibles en Allemagne malgré des condamnations prononcées à La Spezia pour des massacres de centaines de civils italiens, à Sant'Anna dis Stazzema (560 tués), Falzano dis Cortona ou encore Marzabotto (955 morts).
Selon l'Association allemande des victimes du nazisme/Fédération des antifascistes (VVN-BdA), environ 25 criminels de guerre sont concernés.
Le procès de M. Scheugraber devrait être l'un des derniers organisé en Allemagne contre un criminel nazi présumé.
L'autre grand procès à venir pourrait être celui de Ivan «John» Demjanjuk, accusé d'avoir participé au meurtre de 29.000 Juifs au camp d'extermination nazi de Sobibor, aujourd'hui en Pologne.
M. Demjanjuk, d'origine ukrainienne, a été expulsé vers Munich début mai, depuis les Etats-Unis où il vivait depuis les années 1950. Il est actuellement en détention provisoire en Allemagne, dans un service pénitentiaire médicalisé. La justice allemande doit encore décider de sa capacité physique a être jugé.
(afp)|
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