Irak et Afghanistan
13 mai 2009 20:27; Act: 14.05.2009 06:30 Print
Barack Obama censure les photos de sévices
Le président Barack Obama a décidé de s'opposer à la justice: il se dit désormais contre la publication d'une multitude de nouvelles photos montrant des sévices qui auraient été pratiqués par des soldats américains dans des prisons en Irak ou en Afghanistan, sous la présidence Bush.
Inquiet des conséquences d'une telle publication, M. Obama a opéré un revirement spectaculaire et ordonné à son administration de contester l'ordre de justice sommant le Pentagone de rendre publiques ces photos gênantes. Il a déclaré que la publication de nouvelles photos n'apporterait rien, et au contraire risquerait d'attiser les sentiments anti-américains.
La décision du président va à l'encontre d'un ordre de la justice.(Bild: AP Photo)
Saisie en 2004 par une grande organisation de défense des libertés, l'ACLU, la justice a ordonné au département de la Défense de publier 44 photos montrant les abus auxquels se seraient livrés des soldats américains dans des prisons à l'étranger. Le Pentagone devait s'exécuter d'ici au 28 mai.
Surprise générale
Il y a encore quelques jours, le gouvernement, malgré ses réticences, semblait disposé non seulement à se soumettre à l'injonction judiciaire, mais à divulguer des centaines de photos.
A la surprise générale, M. Obama s'est ravisé, prenant une décision risquant de conforter ceux qui l'accusent de ne pas tenir totalement la promesse de rupture avec les méthodes de son prédécesseur George W. Bush.
Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, et des officiers de haut rang ont fait part de leur préoccupation de voir ces clichés se retourner contre les soldats américains en Irak ou en Afghanistan. Et ce en excitant les passions, comme l'a fait le scandale des photos montrant les sévices infligés par des soldats américains sur des détenus irakiens à la prison d'Abou Ghraib.
AI: «Profonde déception»
De son côté, Amnesty International a aussitôt exprimé sa «profonde déception» en apprenant la nouvelle. «Des êtres humains ont été torturés sans respect de leurs droits fondamentaux», a rappelé l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué.
«On a menti aux Américains et les responsables gouvernementaux qui ont autorisé et justifié ces politiques sont passés à travers» les poursuites, a ajouté Amnesty. «L'histoire n'a encore pas été écrite complètement».
Note aux rédactions: Dépêche actualisée et entièrement nouvelle, avec propos d'Obama et réaction d'ONG.
(ats)

























