Politique

14 août 2017 11:29; Act: 14.08.2017 14:22 Print

Macron confronté au «désamour» des Français

Cent jours après son élection, le président s'enfonce dans les sondages et doit faire face à un scepticisme croissant.

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Des mesures visant à limiter le déficit budgétaire ont irrité nombre de Français. (Photo: AFP/Lionel Bonaventure)

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Les dernières enquêtes sonnent comme un avertissement: seuls 36% des Français se disent satisfaits de l'action du chef de l'Etat, contre 62% il y a trois mois, selon l'institut de sondages Ifop. Un décrochage d'une ampleur inédite depuis celui de Jacques Chirac en 1995.

«Emmanuel Macron sort de l'état de grâce pour rentrer dans l'atmosphère et assumer le coût politique de ses arbitrages», analyse Jérôme Fourquet, de l'Ifop.

Limiter le déficit

Si plusieurs promesses de campagne ont bien été tenues, comme le vote d'une loi de moralisation de la vie politique, des mesures visant à limiter le déficit budgétaire ont irrité nombre de Français.

Les fonctionnaires sont ulcérés par le coup de frein annoncé à leur rémunération, les retraités furieux de la hausse programmée d'un impôt qui entamera leurs pensions, les ménages modestes déçus par le rabotage d'une aide au logement.

Un tour de vis dans le budget de la Défense a par ailleurs poussé le chef d'état-major des armées à démissionner après un recadrage brutal du chef de l'Etat qui a crispé les militaires.

Inexpérience brocardée

Quasi inconnu du public il y a cinq ans, Emmanuel Macron suscite depuis son entrée en politique autant d'engouement que de rejet: espoir de changement pour les uns, incarnation de l'élite pour les autres.

Son tout jeune parti «La République en Marche» a conquis en juin la majorité des sièges à l'Assemblée, mais l'inexpérience de ses députés a été brocardée.

Socle électoral fragile

Et le socle électoral du plus jeune président de France, élu à 39 ans face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, après avoir obtenu 24% des voix au premier tour de la présidentielle, paraît fragile.

Sa ligne centriste avec un programme «et de gauche et de droite» est pilonnée aux deux extrémités de l'échiquier politique. «Rien de difficile n'a encore été fait», tacle un des ténors de l'opposition de droite Eric Woerth, quand les socialistes épinglent à l'envi un programme «ni de gauche ni de gauche».

Chacun mesure «l'ampleur de la tâche à accomplir», mais ces 100 premiers jours «ont permis de jeter les bases d'une transformation profonde de notre pays», a répliqué le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, dans une tribune publiée dimanche sur Facebook.

Rentrée mouvementée en vue

La rentrée s'annonce toutefois mouvementée avec une refonte annoncée du Code du travail sur une ligne perçue comme pro entreprises. Deux syndicats ont déjà appelé à une journée d'action le 12 septembre et la gauche radicale prévoit un «rassemblement populaire» le 23.

Le bouclage du budget 2018 promet aussi d'être ardu, avec la promesse d'une baisse de 11 milliards des prélèvements obligatoires qu'il faudra conjuguer avec de nouvelles économies.

Relancer l'UE

Le président français a connu moins d'embûches sur la scène internationale, où il s'est imposé face aux ogres de la diplomatie mondiale, Vladimir Poutine et Donald Trump, tous deux reçus avec succès à Paris, malgré des critiques.

Européen fervent, il affiche sa complicité avec la chancelière allemande Angela Merkel et espère parvenir à relancer une Union européenne encalminée par le Brexit.

Son positionnement «pragmatique» sur la Syrie, sa proposition de créer des centres de tri pour les migrants en Libye ont suscité plus de réserves.

Communication très étudiée

La communication très étudiée du président, qui fait la part belle aux images, est diversement appréciée. Après son hélitreuillage spectaculaire à bord d'un sous-marin, son apparition moulé en combinaison de pilote sur une base aérienne du sud de la France a déchaîné les railleries sur les réseaux sociaux.

Le risque est «que les Français passent progressivement du «il est brillant et réussit tout ce qu'il entreprend» à «en fait, tout ça, c'est de la com», a souligné Jérôme Fourquet.

La mise en avant du couple qu'il forme avec sa femme Brigitte a en revanche semblé convaincre les Français, pour beaucoup séduits par leur première dame. Des maillots «Brigitte» commercialisés en son honneur par une marque branchée se sont mieux vendus que ceux estampillés «Beyoncé».

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Christophe le 14.08.2017 11:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Perlimpinpin

    Pas de changement que des remaniements, les français ont le président qu ils méritent !

  • Le Grisonnais le 14.08.2017 11:37 Report dénoncer ce commentaire

    Le désenchantement !

    L'enchantement lors de la campagne électorale et de l'élection, et maintenant le désenchantement. C'était prévisible...

  • brAno Branislav Kolovic le 14.08.2017 11:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La liberté et Patrie

    eh oui, les gens ne votent plus depuis bien longtemps pour avoir un président qui soit en fonction pour le pays et le peuple mais ils sont élus pour les lobbyistes et les entreprises multinationales qui dictent quoi et comment faire. La mondialisation et la globalisation qui effoufe les peuples mais vive la liberté et la démocratie, vous pensez bien! C'est beau et gratuit de rêver.

Les derniers commentaires

  • elsa le 16.08.2017 10:13 Report dénoncer ce commentaire

    macron

    il se prend pour qui? le roi de quoi?

  • Il faut bien l'avouer le 15.08.2017 10:10 Report dénoncer ce commentaire

    Frontaliers moins chers

    @Guillaume moins cher c'est certain plus compétent c'est l'excuse des Sociétés pour faire passer la pilule d'engager un frontalier plutôt qu'un Suisse !! c'est juste honteux.Il est clair qu'en engageant plus les Suisses mais privilégiant les les frontaliers ça va finir par ne plus aller ! Même à l'état de Fribourg ils se mettent à engager des directeurs dans certains services (moins payé) c'est dire !!

  • 1 migrant le 14.08.2017 21:54 Report dénoncer ce commentaire

    Bateau à la dérive

    Les francais ont voté contre quel'qune et non pour quelqu'un,bien fait pour eux

  • Flo flo le 14.08.2017 21:41 Report dénoncer ce commentaire

    Les français râlent...

    ...mais ils ne s'occupent pas de la Suisse. Par contre qu'est-ce-qu'on peut rabâcher sur la France sur 20min.ch !! On dira que la France est le tiers-monde....c'est pour ça qu'on s'y intéresse sans arrêt ! A moins....que ça ne soit de la jalousie ? D'ailleurs où va t-on bien souvent en vacances ?

    • Réponse: le 14.08.2017 22:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Flo flo

      Au Portugal, vôtre pays d'attentats et de gens prétentieux n'attire personne.

    • Dodo le 15.08.2017 01:55 Report dénoncer ce commentaire

      @Flo flo

      C'est qu'en Suisse on a pas un Jupiter, dieu de la terre, du ciel et de la foudre comme président dont tous les journalistes sont amoureux. Pas mal de Suisses ne savent même plus qui est notre président(e) vu que ça change chaque année. Si les Français étaient un peu moins prétentieux peut être qu'on en parlerait moins. Oui, ça doit être de la jalousie. On est jaloux de vos 6,24 millions de chômeurs selon Pôle emploi (8 millions selon Poutou). Pour les vacances les destinations préférées des Suisses sont Porto, Bangkok, Lisbonne, New York et Palma de Majorque (Paris c'était avant le terrorisme).

    • Dommage.. le 15.08.2017 07:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Réponse:

      heu en fait c est la premiere destination mondiale!!!!

  • bady le 14.08.2017 21:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    case départ

    les schadoks ça vous rappelle quelque chose ?

    • Pierre le 14.08.2017 21:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @bady

      C'est je crois, ils pompaient,ils pompaient.... l'air des autres

    • Flo flo le 14.08.2017 21:32 Report dénoncer ce commentaire

      @ bady

      Oui, ça me rappelle le canton de Neuchâtel et son hôpital (par exemple)