Une info à nous transmettre? Une histoire à nous raconter? Ecrivez-nous à
web@20minutes.ch 
Elections en Irak
21 mars 2010 17:42; Act: 21.03.2010 17:42 Print
Un recomptage des voix est exigé
Le premier ministre irakien Nouri al Maliki, au coude à coude avec son rival Iyad Allaoui, a réclamé dimanche un recomptage des voix des élections législatives du 7 mars dans tout le pays.
Des manifestants réclament le recomptage.
Un appel immédiatement rejeté par la commission électorale.
«Il y a des demandes de la part de plusieurs blocs politiques pour que l'on recompte manuellement les votes afin de (...) préserver la crédibilité du processus politique», a déclaré M. Maliki dans un communiqué.
Soulignant qu'il était toujours «le chef des forces armées» et responsable de «la politique du pays», le premier ministre a expliqué avoir réclamé ce nouveau décompte «afin de préserver la stabilité politique, empêcher une dégradation de la situation sécuritaire et un retour à la violence».
Refus de recompter
«Le processus se déroulait bien jusqu'à ce que le niveau de 60% de dépouillements des bulletins soit dépassé. Les chiffres ont augmenté de façon illogique et cela a poussé de nombreux blocs à demander au premier ministre et au président de la République (Jalal Talabani) des décomptes manuels», a pour sa part expliqué un conseiller de M. Maliki, Ali al-Moussawi.
Le président de la commission électorale irakienne Faraj al- Haidari a toutefois rejeté dimanche la demande du premier ministre. «S'ils doutent et pensent qu'il y a une erreur, qu'ils nous avisent pour recompter dans ce centre précis mais pas dans tout l'Irak», a-t- il déclaré à l'AFP.
Lors d'une conférence de presse à Bagdad, il a plus tard indiqué qu'un nouveau décompte à la main au niveau national reviendrait à «organiser de nouvelles élections». Il a ironisé en demandant aux hommes politiques: «Si vous ne croyez pas en la technologie moderne de décompte, comment pouvez-vous avoir confiance en un stylo et une feuille de papier dans la main d'un fonctionnaire».
Menace de «coup d'Etat»
L'alliance laïque Irakia de M. Allaoui a pour sa part accusé le premier ministre de «menaces» et de «pression» contre la commission électorale pour influencer les résultats au moment où elle est en tête, en nombre de voix. Selon des résultats publiés dimanche, et portant sur 95% des bulletins de vote, Irakia devançait de quelque 11'000 voix l'Alliance de l'Etat de droit (AED) de M. Maliki.
Les demandes de recomptage «représentent des menaces claires contre la commission électorale dans le but de faire pression sur elle et changer les résultats en faveur de l'AED», a dit Intissar Allaoui, une proche de M. Allaoui. «Le fait que (M. Maliki) mentionne qu'il est le chef du gouvernement et des forces armées est une menace de coup d'Etat contre le processus démocratique», a-t- elle jugé.
Le processus de dépouillement, qui traîne en longueur, a déjà provoqué des accusations de fraudes et d'irrégularités dans la plupart des camps, y compris des partisans de Nouri al-Maliki. Les résultats officiels complets du scrutin, qui s'est déroulé dans des conditions honnêtes selon l'ONU, devraient être publiés vendredi, a annoncé le porte-parole de la commission électorale.
Soutien des sunnites
La liste Irakia, front laïque et multiconfessionnel, s'est attiré un large soutien de la minorité sunnite désireuse de retrouver l'influence dont elle jouissait sous Saddam Hussein, renversé en 2003. Derrière les deux principaux blocs viennent l'Alliance nationale irakienne (ANI), composée de partis religieux chiites, et les formations kurdes, qui dominent dans le nord du pays.
Le caractère très serré du vote laisse entrevoir des négociations longues et difficiles pour former un nouveau gouvernement et fait craindre aux observateurs l'éventualité d'un vide politique qui pourrait s'avérer désastreux sur le plan de la sécurité.
(ats)























