03 janvier 2007 08:23; Act: 03.01.2007 08:28 Print

Des casques bleus accusés de viols de mineursDes casques bleus accusés de viols de mineurs

Des casques bleus et du personnel civil de l'ONU ont violé et abusé des enfants âgés d'une douzaine d'années dans le sud du Sudan, accuse mardi le quotidien anglais «Daily Telegraph».

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Les Nations unies se sont refusées à tout commentaire sur cette affaire.

Le journal dit avoir recueilli les témoignages de plus de vingt enfants et jeunes adolescents de la ville de Juba, victimes de prédateurs sexuels appartenant au personnel civil et militaire de l'ONU.

Au siège new-yorkais des Nations unies, le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) s'est refusé à tout commentaire sur cet article dont la publication coïncide avec l'entrée en fonction du Sud-Coréen Ban Ki-moon au poste de secrétaire général de l'organisation.

L'opération de l'ONU au Sud-Soudan compte plus de 11 000 casques bleus et policiers originaires de quelque 70 pays. Leur mission est de faire respecter l'accord de paix de janvier 2005 qui a mis fin à 21 ans de guerre civile entre la rébellion sudiste et le pouvoir de Khartoum.

Rapport de l'UNICEF

D'après le «Telegraph», les premiers signaux concernant des affaires d'exploitation sexuelle de jeunes Soudanais sont apparus quelques mois à peine après le déploiement de la force de l'ONU, en mars 2005. Le journal ajoute que le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a rédigé un projet de rapport interne détaillant ces accusations.

De son côté, poursuit le «Telegraph», le gouvernement soudanais a accumulé des preuves, dont des enregistrements vidéos de rapports sexuels entre des employés des Nations unies et des jeunes filles. L'ONU fait actuellement pression sur Khartoum pour qu'il autorise le déploiement d'une autre force de maintien de la paix, au Darfour cette fois (ouest), où un autre conflit fait rage depuis trois ans.

Le gouvernement soudanais s'oppose à cette initiative, menée conjointement par l'ONU et l'Union africaine, au motif qu'elle constituerait une tentative de recolonisation.

Depuis janvier 2004, l'ONU a engagé des enquêtes sur le comportement de 319 militaires et civils qu'elle emploie à travers le monde et qui sont soupçonnés de crimes sexuels. Au total, 179 personnes ont été sanctionnées. Mais l'ONU admet que des mineurs et des pauvres sont toujours victimes d'exploitation.

(ats)