Divergences sur le dossier nord-coréen

07 novembre 2017 05:19; Act: 07.11.2017 09:21 Print

Trump est arrivé à Séoul pour «régler tout ça»

Le président américain a entamé mardi en Corée du Sud l'étape sensible de sa tournée asiatique. La Corée du Nord est au menu.

Voir le diaporama en grand »
Arrivé le 5 novembre sur la base militaire américaine de Yokota, Donald Trump a entamé devant les soldats sa visite sur une note belliqueuse. «Personne, aucun dictateur, aucun régime et aucune nation ne devrait, jamais, sous-estimer la détermination de l'Amérique», a-il lancé, après avoir enfilé un blouson d'aviateur, dans une allusion à peine voilée à la Corée du Nord. Puis le président américain a passé un début de journée détendu, faisant une petite partie de golf avec le Premier ministre nippon Shinzo Abe. Le 6 novembre, Donald Trump et Shinzo Abe sont allés nourrir des poissons dans un étang de carpes koï. Pendant ce temps, la Première dame prenait des cours de calligraphie. Le président américain a rencontré l'empereur Akihito, lors d'une visite truffée de potentielles embûches protocolaires. Et il a passé le test du protocole, selon les experts. Petite restauration dans un palace tokyoïte. Donald Trump est arrivé le 7 novembre en Corée du Sud pour l'étape sensible de sa tournée asiatique, en raison de la crise sur le nucléaire nord-coréen. Mais en dépit des divergences des deux alliés sur ce dossier, le président américain a promis de «régler tout ça» avec son homologue Moon Jae-in. Lors d'une conférence de presse avec Moon Jae-in, le président américain a réaffirmé qu'il était prêt à utiliser la pleine puissance de l'armée américaine pour empêcher Pyongyang d'atteindre ses objectifs nucléaire et balistique. Mais il s'est aussi montré conciliant: «Il fait sens que la Corée du Nord vienne à la table pour obtenir un accord». Visite dans le camp Humphreys de l'armée américaine à Pyeongtaek. La Corée du Sud a mis les petits plats dans les grands pour la venue du président américain, avec un menu traditionnel alléchant: un plat de côte de boeuf accompagné d'une sauce au soja de 360 ans, de la sole grillée, le poisson préféré de M. Trump, et une crevette pêchée, selon le palais présidentiel, près d'îlots isolés en mer du Japon, revendiqués à la fois par la Corée du Sud et le Japon. Pourtant sa venue ne faisait pas l'unanimité. Nombre de Coréens craignaient que Donald Trump ne se lâche, et l'ont fait savoir lors de plusieurs manifestations à Séoul. «Il serait désastreux que (M. Trump, ndlr) dise ce qui lui passe par la tête de manière intempestive», selon un professeur de l'Université d'études nord-coréennes de Séoul, qui craignait que le président américain ne profite de son passage pour provoquer la Corée du Nord, ce qui aurait pu «exacerber encore les tensions militaires». Le 8 novembre, Donald Trump a annulé au dernier moment une visite surprise sur la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées, en raison du mauvais temps. L'objectif initial du président américain était d'y retrouver son homologue sud-coréen Moon Jae-in, pour une image chargée en symboles. «Il est vraiment frustré», a souligné une porte-parole de l'exécutif américain. Après sa déconvenue, le président américain s'est exprimé devant l'Assemblée nationale sud-coréenne. Dans son discours, il a appelé la «cruelle dictature» de Corée du Nord à ne jamais sous-estimer l'Amérique. Il a ensuite appelé son jeune dirigeant Kim Jong-un à sortir de son isolement par la voie diplomatique. Puis, le chef de la Maison-Blanche a embarqué pour la prochaine étape de son voyage: la Chine. Donald Trump est arrivé à Pékin le jour même. Le dossier nord-coréen et et l'immense déficit commercial des Etats-Unis étaient au menu de sa visite dans l'Empire du Milieu. Pour bien commencer, le président américain a visité la Cité interdite avec son homologue Xi Jinping. Son guide particulier n'a pas manqué de lui faire une petite leçon sur l'histoire chinoise. Puis, une petite tasse de thé avant d'assister à un spectacle d'opéra et d'acrobaties. Les choses sérieuses ont commencé le 9 novemre. Donald Trump a souligné la nécessité d'«agir vite» sur le dossier nord-coréen, appelant Xi Jinping à s'impliquer fortement sur ce dossier. Le président américain et son homologue chinois ont également dévoilé une série d'accords pour un montant de 253,4 milliards de dollars. Pendant ce temps, les Premières dames Peng Liyuan et Melania Trump ont participé à divers activités... Le président américain est arrivé le 11 novembre au Vietnam, avant dernière étape de sa tournée. Il y a participé au sommet de l'Apec (Forum de coopération économique Asie-Pacifique) à Danang. Donald Trump a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine en marge du commet. Ce dernier lui a assuré qu'il ne s'était «absolument pas mêlé» de l'élection présidentielle américaine, a dit le président américain à des journalistes. Il s'agit «d'absurdités», a dit M. Poutine. A Hanoï, le 12 novembre, il a rencontré le président Tran Dai Quang, à qui il a offert d'être «médiateur» dans le conflit de la mer de Chine méridionale. Donald Trump a terminé son périple par les Philippines. A Manille, il a loué ses bonnes relations avec Rodrigo Duterte, dirigeant controversé en raison de la guerre sanglante qu'il a déclenchée contre la drogue. Un thème qui n'a pas été abordé lors de la rencontre entre les deux dirigeants. Dans les rues de la capitale philippines, sa venue n'a pas fait que des heureux. L'avion présidentiel Air Force One a quitté l'aéroport international Ninoy Aquino le 14 novembre dans l'après-midi. A l'heure du bilan, le président américain se dit très satisfait: «Je me suis fait beaucoup d'amis, au plus haut niveau», a-t-il déclaré aux journalistes peu avant son départ.

Sur ce sujet
Une faute?

Donald Trump est arrivé mardi en Corée du Sud pour une deuxième étape sensible de sa tournée asiatique, promettant en dépit de divergences marquées avec Séoul sur le dossier nucléaire nord-coréen, de «régler tout ça».

La Corée du Nord était déjà au coeur de l'escale japonaise de son marathon asiatique, au moment où les tensions sont particulièrement élevées sur la péninsule divisée. Mais si le bouillant président américain a plusieurs fois affiché sa proximité avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, ses relations avec le président sud-coréen de centre-gauche Moon Jae-In ont jusqu'à présent été beaucoup moins chaleureuses.

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé peu avant 12H30 (03H30 GMT) sur le tarmac de la base aérienne d'Osan, près de Séoul, où M. Trump et son épouse Melania ont été accueillis par la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-Wha.

«Je me prépare à partir pour la Corée du Sud et des réunions avec le président Moon, un homme de valeur», avait déclaré un peu plus tôt M. Trump dans un tweet au Japon. «On va régler tout ça.»

Un message apparaissant beaucoup plus mesuré qu'un précédent tweet, quand il avait accusé en septembre M. Moon, partisan d'un dialogue avec Pyongyang, de défendre une politique «d'apaisement» vouée à l'échec. Cette pique avait été mal perçue à Séoul, en ce qu'elle assimilait M. Moon à un Neville Chamberlain des temps modernes, en référence à l'artisan de la politique britannique d'apaisement vis-à-vis d'Adolf Hitler à la fin des années 1930.

Insultes

Le président américain effectue cette première visite officielle en Corée du Sud - qui se termine mercredi - après des mois de dégradation du climat sur la péninsule. En cause l'intensification des programmes militaires de Pyongyang, qui a réalisé en septembre son sixième essai nucléaire -le plus puissant à ce jour- et testé plusieurs missiles potentiellement susceptibles d'atteindre le territoire américain.

La surenchère verbale et des échanges d'insultes entre le président américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un ont également contribué à la montée des tensions. Lundi, M. Trump a pu s'assurer du soutien total du Japon à sa politique nord-coréenne, qui défend l'idée que «toutes les options sont sur la table» vis-à-vis de Pyongyang.

«Les essais nucléaires illégaux et les tirs de missiles balistiques scandaleux (...) sont une menace pour la paix internationale et la stabilité», a martelé lundi M. Trump lors d'une conférence de presse commune avec M. Abe. «L'heure de la patience stratégique est révolue», a lancé le président américain, en référence à la doctrine de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

«Bombes rhétoriques»

Après un dimanche détendu et agrémenté d'une partie de golf avec M. Abe, M. Trump a aussi rencontré lundi, avec son épouse Melania, l'empereur et l'impératrice, ne tarissant pas d'éloge sur la qualité des liens avec l'archipel. Les relations personnelles sont beaucoup plus fraîches entre M. Trump et M. Moon, un ancien avocat spécialisé dans les droits de l'Homme qui a succédé cette année à la présidente conservatrice destituée Park Geun-Hye, qui défendait aussi une ligne dure vis-à-vis de Pyongyang.

Moon Jae-In a demandé aux Etats-Unis qu'aucune intervention militaire contre Pyongyang ne se fasse sans le consentement préalable d'une capitale sud-coréenne inquiète de se savoir à portée de l'artillerie nord-coréenne. La Corée du Sud n'en a pas moins déroulé le tapis rouge pour M. Trump. L'enjeu, pour Séoul, est d'obtenir des assurances sur la solidité de l'alliance bilatérale, en dépit de la personnalité d'un président américain qui avait promis «le feu et la colère» à Pyongyang.

La population sud-coréenne est divisée face à Donald Trump, qui est l'objet de manifestations de sympathie et de défiance depuis ce week-end à Séoul. «Les Coréens ont beau être calmes au sujet de la guerre des mots entre Trump et Kim, nous chérissons nos vies autant que les Américains chérissent la leur et la perspective d'une guerre nous effraie», observait mardi dans un éditorial le Korea Times. Avant d'ajouter au sujet du président américain: «Ses bombes rhétoriques disent tout.»

«Vieil homme fou de la Maison Blanche»

De l'autre côté de la Zone démilitarisée (DMZ), située à quelques dizaines de kilomètres seulement de Séoul, la Corée du Nord a d'ores et déjà donné le ton: par la voix du journal du parti unique, le Rodong Sinmun, elle a qualifié M. Trump de «vieil homme fou de la Maison Blanche».

Le président américain fera d'abord étape au Camp Humphreys, QG des 28'500 militaires américains stationnés dans le pays, à environ 90 km au sud de la capitale. Il participera ensuite à la Maison bleue, siège de la présidence sud-coréenne, à un sommet avec M. Moon avant un dîner d'Etat. Il s'exprimera mercredi devant les parlementaires sud-coréens mais fera l'impasse sur la visite de la DMZ, pourtant un passage -quasi- obligé de tous les présidents américains.

Depuis la visite de Ronald Reagan sur place en 1983, seul George H.W. Bush n'a pas effectué ce déplacement qui donne toujours lieu à des images fortes.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Pauvre Pécheur le 07.11.2017 08:18 Report dénoncer ce commentaire

    Poisson=Poison

    Sauce au soja de 360 ans ,dites-vous?Ainsi que du Fugu..?.il ne va pas s'en remettre.

  • bif bif le 07.11.2017 09:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bof bof

    ou tout les pays concerné passe par la dénucléarisation ou personne ... parceque autant c est pas bon que la Corée du Nord possède une bombe nucléaire ... autant c est pas bon que seul quelques grosses puissances l aient surtout quand il s agit de pays donneur de leçons et qui impose leur vérité par la force. ... Bref on est pas.sorti de l auberge

  • Benji_gva_2017 le 07.11.2017 07:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Virer trump

    Virer ce trump incapable

Les derniers commentaires

  • RAF-13 le 07.11.2017 11:36 Report dénoncer ce commentaire

    Ordre de priorité

    Avant de régler les problèmes du monde il ferait mieux de s'attaquer aux problème de son propre pays qui eux sont des bombes à retardement non seulement pour la sécurité des américains et de nous mais également pour l'unité du pays. Mister Trump il est de revoir l'ordre de vos priorités et de les calquer sur les vrais problèmes. ABE

  • El Greco le 07.11.2017 10:22 Report dénoncer ce commentaire

    Pourtant pas compliqué!!

    Ils arrivent à traduire erronément les propos de Trump, qui n'a pourtant pas un niveau d'anglais particulièrement élevé...c'est assez révélateur du niveau de ses détracteurs...

  • Merlin le 07.11.2017 10:03 Report dénoncer ce commentaire

    Patience, patience

    Patience, patience... Le vol retour pour Washington d'Air Force One sera sans retour! Tout au plus retrouvera t'on qq débris en plein Pacifique et nous entendrons un immense OUF de soulagement provenant de la planète entière!!! Il faudra alors trouver un autre président, sain d'esprit je l'espèr, pour rattraper toutes les imbécilités commises par celui-ci!

  • bif bif le 07.11.2017 09:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bof bof

    ou tout les pays concerné passe par la dénucléarisation ou personne ... parceque autant c est pas bon que la Corée du Nord possède une bombe nucléaire ... autant c est pas bon que seul quelques grosses puissances l aient surtout quand il s agit de pays donneur de leçons et qui impose leur vérité par la force. ... Bref on est pas.sorti de l auberge

  • Early Bird le 07.11.2017 09:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Quid d Obama?

    Je ne sais pas si Trump arrivera à régler le problème.... ce qui est certain cest qu Obama ne s est même pas pencher dessus! Alors avant de critiquer celui qui essaye de faire quelque chose il faudrait se pencher sur celui Qu n à rien fait pendant huit ans!

    • Nico123 le 07.11.2017 10:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Early Bird

      Et pendant les 2 mandats d'Obama Kim et son père se sont contenté de faire du bruit dans leur coin... Vous sous-estimez le rôle de grande gueule de Trump dans l'escalade actuelle !

    • George Wxyz le 07.11.2017 10:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Early Bird

      Trump est la cause de l'escalade actuelle! Pendant les deux mandats à Obama, ils ne se sont pas fait remarquer, mais Trump et la diplomatie ne font pas bon ménage...

    • Franzy le 07.11.2017 11:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Early Bird

      disons que Obama a eu l'intelligence de ne pas mettre de l'huile sur le feu dans une situation très complexe ou il faut un peu de recul pour maîtriser la situation. Malheureusement Trump manque de cette intelligence et du recul pour gérer ce genre de problème. Lui c'est plutôt un gros éléphant dans un magasin de porcelaine. Sortons le vite avant de gros dégâts et qu'il déclanche un nouveau conflit qui risque d'être très meurtrier.