Caraïbes

18 septembre 2017 13:31; Act: 19.09.2017 07:15 Print

L'ouragan Maria pourrait être «catastrophique»

Les Caraïbes sont en état d'alerte lundi face à l'arrivée imminente de Maria, désormais classée «potentiellement catastrophique».

storybild

(Photo: MARTINIQUE1ERE)

Une faute?

L'ouragan Maria a atteint lundi la catégorie maximale pour ce genre de phénomène, avec des vents allant jusqu'à 260 km/h qui menacent de façon imminente les Caraïbes, en état d'alerte, selon le Centre national des ouragans (NHC) américain.

«Maria devient un ouragan de catégorie cinq potentiellement catastrophique» et ses vents «se rapprochent de la Dominique», précise le NHC dans son bulletin prévisionnel de 00H00 GMT mardi.

Les autorités française de la région Guadeloupe, menacée par l'ouragan Maria qui s'approchait des Caraïbes, ont ordonné l'évacuation des zones à risque «a compter de ce lundi 18 septembre à 16H00» (22H00 en Suisse), a annoncé un communiqué.

«Le préfet a pris un arrêté qui interdit à toute personne d'entrer et de séjourner dans des zones identifiées à risque pour chaque commune de l'archipel. Ces risques portent sur les inondations, les submersions et les glissements de terrain,» a détaillé ce communiqué, alors que Maria s'est renforcé en catégorie 4 sur une échelle de 5, devenant «extrêmement dangereux» pour les Caraïbes selon le Centre national des ouragans (NHC) américain.

Les Caraïbes, ravagées par Irma il y a une dizaine de jours, étaient en état d'alerte lundi face à l'arrivée imminente d'un nouvel ouragan, Maria. Il devrait gagner en puissance au fil des heures. Il a été reclassé «extrêmement dangereux» dans la soirée de lundi.

Maria s'est renforcé en catégorie 4, sur une échelle qui en compte 5, ce qui en fait maintenant un «ouragan majeur», a annoncé le Centre national des ouragans (NHC) américain.

«L'oeil et le coeur de l'ouragan devraient passer près de la Dominique dans les toutes prochaines heures», a précisé le NHC dans son bulletin prévisionnel de 21H00 GMT (23h en Suisse).

Renforcé

Avec des vents soufflant jusqu'à 215 km/h, l'ouragan, qui n'était plus qu'à 55 kilomètres au nord-est de l'île française de la Martinique à 23H00 (heure suisse), s'est renforcé rapidement: le NHC ne le classait qu'en catégorie 2 quelques heures plus tôt.

Les autorités françaises de la région ont ordonné l'évacuation des zones à risque. «J'ai des bougies, des lampes et à manger. J'ai des légumes en boîte et du gaz. S'il n'y a plus d'électricité, ça ira. Les fenêtres sont fermées, tout est cloué déjà», a témoigné à l'AFP Anne-Marie, 84 ans, habitante de Rivière-Salée, au sud de la Martinique, prête à l'arrivée du cyclone.

Alerte violette en Martinique

La Martinique est passée lundi en alerte «violette» cyclonique, le plus haut niveau, qui entraîne le confinement de la population.

Outre la Martinique, Maria qui progresse à 17km/h dans la direction ouest-nord-ouest, selon le NHC, menace une autre île française des Antilles, la Guadeloupe, ainsi que Saint Kitts and Nevis, Montserrat (Royaume-Uni), et la Dominique, île anglophone indépendante.

La Guadeloupe a elle été passée en alerte rouge cyclonique et des alertes ouragan ont également été déclenchées à Sainte-Lucie et dans les îles Vierges britanniques et américaines.

«Les cyclones, ça fait toujours un peu peur, même si, quand on a connu Hugo (ouragan qui avait fait plus d'une dizaine de morts et 30'000 sinistrés en Guadeloupe en 1989, ndlr), rien ne peut être pire», a souligné auprès de l'AFP Eric, la quarantaine, habitant de Gosier, en Guadeloupe.

Ce père de famille a «fait des réserves d'eau», parce qu'il a «des enfants en bas âge», et va «contreplaquer» sa maison avant l'ouragan. Elodie Corté, 37 ans, s'apprêtait elle à «mettre du scotch sur les vitres, ranger la terrasse»

«Couvrir les maisons»

L'oeil du cyclone devait passer à proximité de l'île de la Dominique au cours des prochaines heures, selon le NHC.

Il devrait également passer au sud des côtes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ravagées le 6 septembre par l'ouragan Irma de catégorie 5, selon le ministère néerlandais de la Défense. Les deux îles devraient passer en vigilance rouge à 19h00 (01h00 du matin en Suisse), selon les autorités françaises, qui se préparent pour «l'hypothèse la plus pessimiste».

Onze personnes sont mortes à Saint-Martin côté français lors du passage d'Irma, quatre côté néerlandais.

La Croix-Rouge a acheminé dimanche 11 tonnes d'aide, dont des matériaux «pour couvrir les maisons et réparer des toits», à Sint Maarten, la partie néerlandaise de l'île, dont le port a été fermé «jusqu'à vendredi», selon la Marine des Pays-Bas.

Des soldats sont aussi «en route pour les îles de Saba et de Saint-Eustache», qui font partie du royaume des Pays-Bas, a tweeté la Marine néerlandaise lundi. Saba et Saint-Eustache ont subi moins de dégâts que Saint-Martin. Néanmoins Irma y a arraché de nombreux toits, faisant de nombreux sans-abri.

Renforts

En France, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé dimanche l'envoi de 110 militaires de la protection civile en Guadeloupe, et rappelé qu'«environ 3.000» renforts se trouvaient déjà sur place. «Jusqu'à 400 à 500 personnes» pourraient être envoyées en renfort si besoin.

«Nous aurons des difficultés importantes», a-t-il reconnu, la Guadeloupe étant «le centre logistique» permettant d'alimenter Saint-Martin et d'organiser les rotations aériennes et les approvisionnements.

Les Britanniques ont également annoncé des renforts pour les îles Vierges: «Nous avons déployé 40 personnels supplémentaires en soutien, 37 personnels humanitaires, et plus de 1.300 militaires sont sur les îles et seront prêts à aider pour les tâches prioritaires quand Maria sera passé», a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique ont été critiqué pour ne pas avoir déployé plus de moyens avant et après le passage de l'ouragan Irma qui a dévasté leurs territoires d'outre-mer.

Ils sont notamment accusés d'avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l'ouragan, qui a fait une quarantaine de morts dans les Caraïbes.

(nxp/ats/afp)