Champs-Elysées

21 avril 2017 06:22; Act: 21.04.2017 07:52 Print

Terrorisme: les policiers de plus en plus ciblés

La fusillade meurtrière sur les Champs-Elysées est la dernière d'une série d'attaques visant les forces de l'ordre.

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Le ministère français de l'Intérieur a confirmé avoir reçu jeudi un avis de recherche visant un homme de la part de la Belgique. (Vendredi 21 avril 2017) Le président français François Hollande s'est dit convaincu que l'attaque relevait d'un acte «terroriste» lors d'une déclaration prononcée dans la cour de l'Elysée. (Jeudi 20 avril 2017) L'EI a revendiqué l'attentat. «L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abou Youssef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique», a écrit le groupe sunnite extrémiste dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. (Jeudi 20 avril 2017) La justice antiterroriste a de son côté ouvert une enquête. (Jeudi 20 avril 2017) L'assaillant est arrivé peu avant 21h00 à bord d'un véhicule, qui s'est arrêté au niveau d'un fourgon de police. Il en est sorti et a immédiatement ouvert le feu avec un fusil d'assaut en prenant délibérément pour cible les forces de l'ordre présentes, selon le récit des autorités. (Jeudi 20 avril 2017) Les policiers ont passé au peigne fin la voiture laissée par le suspect de l'attaque. (Jeudi 20 avril 2017) Le quartier a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées sur la célèbre et très touristique artère de la capitale. Un hélicoptère a survolé la zone. (Jeudi 20 avril 2017) «On ne peut pas exclure qu'il y ait également un ou plusieurs complices qui aient pu participer, d'une manière ou d'une autre, à la commission des faits», a indiqué un porte-parole du ministère français de l'intérieur, tout en précisant que les premiers témoignages orientaient l'enquête sur la piste de l'assaillant unique. (Jeudi 20 avril 2017) Selon le ministre de l'intérieur, Matthias Fekl, un «bain de sang» a été évité grâce aux forces de l'ordre. «Leur maîtrise, leur sang-froid, leur réponse était parfaitement adaptée dans les secondes décisives où tout s'est joué», a-t-il relevé. (Jeudi 20 avril 2017) Le bilan fait donc état d'un policier tué et de deux autres blessés. (Jeudi 20 avril 2017) L'assaillant a, lui, été abattu par la police. (Jeudi 20 avril 2017) Selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste. (Jeudi 20 avril 2017) Une perquisition a été menée en région parisienne au domicile de l'assaillant. L'homme a semblé avoir agi seul lors de l'agression, et des investigations sont en cours pour établir «s'il a bénéficié ou pas de complicités», a ajouté le procureur. (Jeudi 20 avril 2017)

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La fusillade, qui a coûté la vie à un policier jeudi soir sur les Champs-Elysées à Paris, est la dernière d'une série d'attaques ayant pris pour cible les forces de l'ordre en France. Celles-ci sont placées en état d'alerte depuis janvier 2015.

«Nous devons tous prendre conscience que nos forces de sécurité font un travail particulièrement difficile, qu'elles sont exposées, on le voit encore ce soir, et que le soutien de la nation est total à leur égard», a déclaré le président français François Hollande dans une déclaration à l'Elysée.

«Tout doit être fait pour que ces policiers, gendarmes et militaires puissent exercer leur mission, bien sûr, dans l'état de droit et avec le respect des procédures, mais avec la confiance de toute la nation», a ajouté le chef de l'Etat.

Depuis plus de deux ans, les forces de l'ordre, dont la présence a été renforcée dans les grandes villes face à la menace, se retrouvent en première ligne. Elles sont de plus en plus souvent la cible des attaques djihadistes commises sur le sol français.

Déjà avec Merah et lors de l'attentat à Charlie

En mars 2012 déjà, trois militaires avaient été tués par Mohamed Merah, un à Toulouse et deux à Montauban. Trois ans après, deux policiers sont abattus, le 7 janvier 2015, lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Le lendemain, une policière est tuée à Montrouge. Le 7 janvier 2016, un assaillant est abattu devant un commissariat du XVIIIe arrondissement à Paris, armé d'une feuille de boucher et portant sur lui une ceinture d'explosifs factice, avant d'être abattu.

Cinq mois plus tard, deux policiers sont tués à l'arme blanche à leur domicile à Magnanville (Yvelines), un meurtre revendiqué par l'Etat islamique.

Les militaires de l'opération Sentinelle, un dispositif de surveillance de sites sensibles déclenché en janvier 2015 et qui mobilise actuellement 7000 hommes sur l'ensemble du territoire, sont également pris pour cibles.

L'opération Sentinelle en première ligne

En mars dernier, un homme a tenté de dérober le fusil d'assaut d'une militaire de l'opération Sentinelle à l'aérogare d'Orly Sud avant d'être abattu. Il s'agissait de la quatrième agression de soldats Sentinelle après celles de Nice en février 2015, de Valence en janvier 2016, et au Louvre en février 2017.

Cette série d'attaques a relancé le débat sur l'efficacité de l'opération Sentinelle, jugée contre-productive par certains malgré l'évolution du format et la mise en place de patrouilles dynamiques et non plus statiques.

Pour le colonel Benoît Brulon, porte-parole de Sentinelle, «les militaires sont au milieu de la population. La cible des terroristes est évidemment de frapper la population». «Plutôt que des cibles, je pense que les militaires sont plutôt des remparts», déclarait-il à France Inter en mars. «Je ne pense pas que l'agresseur du Louvre avec sa machette, s'il n'avait pas croisé le chemin de la patrouille Sentinelle, serait rentré tranquillement chez lui».

A l'approche de l'élection présidentielle, les autorités françaises ont prévu un renforcement du dispositif de sécurité. Au total, plus de 50'000 policiers et gendarmes seront mobilisés, en complément des 7000 militaires Sentinelle, pour assurer la sécurité des 67'000 bureaux de vote ouverts en France pour le premier tour dimanche et le second, prévu le 7 mai.

(nxp/ats)