Régionales françaises

21 mars 2010 21:27; Act: 23.03.2010 14:07 Print

La France confirme son vote sanctionLa France confirme son vote sanction

La gauche a infligé une sévère défaite à la droite dimanche au second tour des élections régionales françaises. Elle n'est toutefois pas parvenue à lui ravir son bastion historique, l'Alsace.

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La gauche - et ses alliés écologistes - continuera donc à diriger l'immense majorité des régions françaises. Elle a remporté au niveau national 53,87% des suffrages, contre 35% au parti présidentiel UMP et ses alliés, selon des résultats provisoires du ministère de l'Intérieur.

L'Alsace est désormais la seule des 22 régions métropolitaines aux mains de la droite, sa deuxième citadelle, la Corse, ayant basculé à gauche, selon des résultats partiels. La droite a toutefois évité un désastre total en parvenant à emporter La Réunion (océan Indien).

Quant aux deux autres régions frontalières avec la Suisse, Franche-Comté et Rhône-Alpes, elles sont restées dans le giron de la gauche.

Le Front national confirme son retour à l'avant-scène en maintenant, voire amplifiant son score dans les douze régions où il était présent. Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine améliorent leur score du premier tour, respectivement en Provence-Alpes-Côte d'Azur (22,85% selon des résultats partiels), et dans le Nord-Pas-de-Calais (22,7%).

Malgré un léger tassement par rapport au premier tour, où elle s'était élevée à 53,67%, l'abstention a encore concerné dimanche près d'un électeur sur deux, un niveau record pour des élections régionales. Le taux d'abstention s'élevait à 48,5%, selon des résultats partiels du ministère de l'Intérieur portant sur 97,12% des bulletins dépouillés.

Pour retrouver participation plus basse à ce type d'élections, il faut remonter aux régionales de 1998, encore à un seul tour. Seuls 42,3% des inscrits s'étaient alors rendus aux urnes.

Le taux d'abstention record enregistré dimanche s'inscrit dans une tendance à la hausse confirmée en juin dernier par les élections européennes, qui avaient été boudées par 59,37% des inscrits, après 57,21% en 2004, 53,24% en 1999 et 47,29% en 1994. Le record absolu en la matière reste détenu par le référendum sur le quinquennat en 2000, où pas moins de 69,8% des électeurs ne s'étaient pas déplacés.

Sarkozy veut faire le point

Peu après l'annonce des premiers résultats, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a reconnu la défaite: «Objectivement, ce soir, la gauche a remporté les élections régionales. Il faut le reconnaître».

Nicolas Sarkozy recevra lundi à 09h00 le premier ministre François Fillon pour «faire le point sur le message des Français», a indiqué l'Elysée. M. Fillon a déclaré qu'il allait évoquer avec le président sa «part de responsabilité». Mais il ne va pas présenter sa démission, même pour la forme, a-t-on dit à l'UMP.

François Fillon a reconnu le «succès des listes de gauche»: «Nous n'avons pas su convaincre. Le rapport de force issus des régionales de 2004 reste globalement inchangé et cela constitue une déception pour la majorité».

Souvent évoqué ces derniers jours, un remaniement ministériel est désormais plus que probable.

Relance des socialistes

Ces élections régionales se tiennent à mi-parcours du mandat de Nicolas Sarkozy, en chute libre dans les sondages ces derniers mois. En offrant une nette victoire à la gauche, elles relancent les socialistes et leur dirigeante Martine Aubry, qui devient dès ce dimanche présidentiable à gauche.

Une gauche qui s'est abstenue de tout triomphalisme, malgré l'un de ses plus hauts scores de la Ve République. La cheffe du PS Martine Aubry a pressé Nicolas Sarkozy d'entendre le signal en changeant «profondément» de politique.

«Nous recevons cette victoire avec responsabilité», a-t-elle déclaré. «C'est un encouragement et une exigence, un espoir d'une France plus juste», a-t-elle dit, appelant à la consolidation du parternariat avec Europe Ecologie et le Front de gauche.

Autre figure du PS, Ségolène Royal, candidate malheureuse à la présidentielle de 2007 contre Nicolas Sarkozy, a confirmé son assise régionale avec un score de plus de 60%, lui permettant d'espérer peser au niveau national.

Une boule de neige en mouvement

Fort de leur bon score, les élus écologistes ont souhaité dimanche soir se rassembler pour former une grande force politique en vue de l'élection présidentielle de 2012. «Cet appel du 21 mars, c'est un appel à changer», a déclaré Daniel Cohn-Bendit, l'un des fondateurs d'Europe Ecologie et député européen.

Les Français élisent leurs assemblées régionales selon un mode de scrutin compliqué. Il s'agit d'un scrutin de listes à la proportionnelle, offrant une prime en sièges au vainqueur et permettant des fusions de listes entre les deux tours.


(ap/afp)