Catalogne

05 décembre 2017 11:23; Act: 06.12.2017 07:57 Print

Madrid retire le mandat d'arrêt contre Puigdemont

L'Espagne retire le mandat d'arrêt européen contre Puigdemont, l'ex-président catalan en exil, selon une source judiciaire mardi.

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Le 27 octobre 2017, le Parlement de Catalogne annonçait que la région devenait une République. Une rupture sans précédent en Espagne. La tension commence vraiment avec la . Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan. Mais les choses se gâtent encore plus Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane. Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée. Mais la guerre civile espagnole éclate après la victoire en France du Front populaire en 1936. Elle se solde par la victoire du général nationaliste Franco en , qui était restée fidèle à la République. Après la chute du régime de Franco en 1975, Juan Carlos 1er fait renaître la démocratie en Espagne. En 1978, la dote la Catalogne d'une large autonomie, qui peut disposer de son propre parlement et gouvernement En mars 2006, à la suite d'intenses négociations avec Madrid, le . La région devient une nation dans l'Etat espagnol. Avec ce statut, les Catalans ont leur propre drapeau national, leur hymne et fêtes populaires. Mais le Parti populaire de l'actuel président espagnol Mariano Rajoy fait recours auprès du Tribunal constitutionnel qui Des milliers de manifestants protestent à Barcelone en juillet 2010. En septembre 2012, des milliers de Catalans sont à nouveau dans la rue pour réclamer un . Mais Marino Rajoy, au pouvoir, refuse de négocier. En 2014, le président catalan Artur Mas convoque le peuple . Accepté à 80% des votants, le vote est déclaré nul par le Tribunal constitutionnel saisi par le gouvernement de Manuel Rajoy. Le 9 juin 2017, Carlos , séparatiste de longue date, devient président de Catalogne. Contre l'avis de Madrid, il annonce la tenue du référendum d'autodétermination le 1er octobre. malgré la présence de 10'000 gardes civils et la confiscation du matériel de vote par Madrid. Le oui l'emporte à 90% et le taux de participation est de 43%. Le gouvernement de Madrid, qui a interdit le vote, réprime les opérations au prix de qui font au moins 200 blessés. Journée de grève générale et de manifestations monstres à Barcelone mais aussi ailleurs en Espagne le 3 octobre 2017. Ce même 3 octobre, l'attitude du gouvernement catalan et son manque de loyauté. Le 8 octobre 2017, au moins pour défendre le maintien de la Catalogne dans l'Espagne. On le voit, l'épreuve de force entre Madrid et Barcelone et entre unionistes et indépendantistes n'est pas prête de se terminer.

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Le Tribunal suprême espagnol a annoncé mardi le retrait du mandat d'arrêt international visant l'ancien président de Catalogne Carles Puigdemont et quatre membres de son ancien gouvernement. Il a expliqué qu'ils avaient manifesté leur intention de rentrer en Espagne. Le juge d'instruction maintient cependant le mandat d'arrêt espagnol contre eux. Ils seraient arrêtés à leur retour en Espagne, ont expliqué des sources du tribunal.

Dans son ordonnance le juge relève que depuis l'émission des mandats d'arrêt européens contre Carles Puigdemont, Antonio Comin, Lluis Puig, Meritxell Serret et Clara Ponsatíles, les cinq inculpés «ont manifesté l'intention de retourner en Espagne pour y exercer des mandats électoraux» en se portant candidats aux élections régionales.

Il explique vouloir éviter le risque que la justice belge ne retienne pas tous les chefs d'inculpation qui pèsent sur l'ensemble des dirigeants indépendantistes qui ont préparé la sécession manquée de la Catalogne. Il fait valoir qu'il s'agit d'éviter «une distorsion substantielle» dans le traitement judiciaire des mis en examen, car ceux qui sont restés en Espagne risqueraient plus que ceux qui ont quitté le pays.

Surprise

Cette décision a créé la surprise, alors que la justice belge devait rendre sa décision le 14 décembre sur l'extradition des cinq anciens dirigeants indépendantistes catalans. Carles Puigdemont et ses quatre collègues s'étaient installés en Belgique le 30 octobre, pour échapper aux poursuites.

Tous sont poursuivis pour «rébellion», «sédition» et «détournement de fonds publics», dans une enquête sur le processus ayant débouché le 27 octobre sur une proclamation unilatérale de la «République catalane» à Barcelone. Les avocats des Catalans à Bruxelles avaient annoncé qu'ils épuiseraient toutes les voies de recours pour rester en Belgique, au moins au-delà du 21 décembre.

(nxp/ats)