Etats-Unis

11 juillet 2017 17:35; Act: 12.07.2017 02:24 Print

Trump Jr. «adorait» l'idée d'infos russes sur Hillary

Le fils aîné de Donald Trump a publié mardi préventivement sur Twitter des emails montrant qu'il avait accepté à l'été 2016 de recevoir l'aide du pouvoir russe pour nuire à Hillary Clinton.

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Donald Trump Jr et son père. (Photo: AFP)

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Le fils aîné du président américain Donald Trump a admis mardi avoir volontairement rencontré l'an dernier une avocate qui lui avait été présentée comme une émissaire du gouvernement russe en possession d'informations potentiellement compromettantes sur Hillary Clinton.

La révélation des circonstances de ce rendez-vous, qui a eu lieu en juin 2016 à New York, a renforcé les soupçons de ceux qui craignent que le premier cercle du président américain se soit coordonné, ou ait tenté de le faire, avec la Russie afin de battre la candidate démocrate à la Maison Blanche. Ces accusations de collusion font l'objet d'enquêtes du procureur spécial Robert Mueller et de plusieurs commissions du Congrès. Le milliardaire les a toujours dénoncées comme une cabale.

Devançant leur divulgation imminente par le New York Times, Donald Trump Jr., 39 ans, a publié sur Twitter quatre pages de messages échangés en juin 2016 avec un intermédiaire britannique nommé Rob Goldstone.

«J'adore»

Rob Goldstone est un agent représentant le chanteur Emin Agalarov, dont le père Aras, un milliardaire russe ayant fait fortune dans l'immobilier, connaît bien Donald Trump. Il a organisé le concours Miss Univers, détenu par l'Américain, en 2013 à Moscou, et il a eu un projet de construction de Trump Tower dans la capitale russe, finalement tombé à l'eau.

Dans un message du 3 juin 2016, Rob Goldstone informe le fils Trump que le procureur général de Russie a proposé le matin-même à Aras Agalarov de «donner à la campagne Trump des informations et documents officiels qui incrimineraient Hillary et ses transactions avec la Russie et qui seraient très utiles à votre père».

«Ce sont évidemment des informations de très haut niveau et sensibles, mais qui font partie du soutien de la Russie et de son gouvernement pour M. Trump», écrit Rob Goldstone. «Si c'est ce que vous dites, j'adore (l'idée), surtout plus tard cet été», a répondu Donald Jr. 17 minutes plus tard.

Rendez-vous à Trump Tower

L'héritier, vice-président du groupe familial et conseiller actif de son père, ne perd pas de temps. Il organise un rendez-vous à la Trump Tower le 9 juin 2016 avec une avocate russe venue de Moscou et présentée comme «avocate du gouvernement russe», Natalia Veselnitskaya. La rencontre a lieu dans ses bureaux, au 25e étage de l'immeuble, en compagnie du gendre de l'actuel président, Jared Kushner, et de son directeur de campagne, Paul Manafort - soulignant l'importance accordée à l'entrevue.

«La femme, comme elle l'a dit publiquement, n'était pas une responsable gouvernementale», a déclaré Donald Jr. dans un communiqué, ajoutant pour sa défense qu'elle n'avait finalement «pas d'information à donner» et voulait en réalité parler de la loi américaine Magnitski sanctionnant des Russes pour des violations de droits de l'homme.

Avant les révélations, il n'avait pas parlé à son père de la rencontre, car «il n'y avait rien à rapporter», a-t-il dit mardi soir dans une interview sur Fox News.

«Mon fils est une personne de grande qualité et j'applaudis sa transparence», a déclaré le président Trump, dans un communiqué sobre et court lu par sa porte-parole. Lui-même ne s'était pas exprimé publiquement de la journée sur le sujet.

Explications fluctuantes

De son côté, Natalia Veselnitskaya a nié être liée au gouvernement russe et déclaré, dans une interview à NBC, qu'elle n'avait pas les informations recherchées par le trio. «Ils les voulaient vraiment», a-t-elle dit. Le Kremlin a pour sa part démenti la connaître.

Les explications de Don Jr. ont été fluctuantes: il avait initialement expliqué, samedi, que le rendez-vous avait pour sujet la suspension de l'adoption d'enfants russes par des familles américaines, décrétée en représailles à la loi Magnitski.

Depuis des mois, les responsables de la campagne Trump niaient le moindre contact avec des Russes durant la campagne. En décembre sur CBS par exemple, la conseillère Kellyanne Conway a rejeté l'idée de contacts avec des «Russes tentant de s'immiscer dans l'élection». Mais on sait depuis des mois que l'ambassadeur russe à Washington avait rencontré plusieurs conseillers du candidat.

Don Jr. demandé au Congrès

Au Congrès, les élus démocrates se sont dits choqués que Donald Trump Jr. ait accepté l'offre russe, que la rencontre ait été fructueuse ou non. «Quand quelqu'un reçoit un message disant que le gouvernement russe veut aider à faire élire son père, et qu'une avocate du gouvernement russe arrive de Moscou pour le voir, toute personne normale tirerait le signal d'alarme et appellerait les forces de l'ordre», a déclaré le sénateur démocrate Tim Kaine, ancien colistier d'Hillary Clinton.

Il est acquis que Donald Jr. sera appelé à s'expliquer devant les parlementaires, sous un format et un calendrier qui restent à définir. «C'est très problématique», a réagi le sénateur républicain Lindsey Graham, bien que de nombreux républicains tentent de minimiser le scandale.

La rencontre a eu lieu à une époque où le grand public ignorait encore que le parti démocrate avait été piraté; les messages internes dérobés ne seront diffusés que plusieurs semaines plus tard. L'administration Obama attendra octobre avant de publiquement accuser la Russie de piratages.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • ploum le 11.07.2017 19:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Activités

    indécentes de gosse de riche qui pense pouvoir tout se permettre pour accéder au pouvoir, activités qui mériteraient d'être poursuivies en justice et punies fortement. Attention...

  • Donald Putin le 11.07.2017 20:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    make Russia great again

    seul commentaire: il est temps pour Trump de revoir son slogan: " make Russia great again"

  • Jules Brodard le 11.07.2017 23:50 Report dénoncer ce commentaire

    Juste hallucinant !

    Ainsi donc le président des Etats-Unis mélange gaillardement ... TOUT. Ses enfants sont à la Maison Blanche, sa fille siège au G20, il fait des affaires tout en étant président et a gagné sa place grâce à des informations secrètes envoyées par Poutine. Et pratiquement rien ne se passe, les Républicains s'en fichent ... Du moment qu'ils gagnent de l'argent, rien d'autre ne compte. Aucune morale! Mais ce sont les mêmes qui avaient voulu destituer Clinton pour quelques sucettes dans le Bureau Ovale. Pauvre monde dirigé par l'Amérique.

Les derniers commentaires

  • suisse le 12.07.2017 06:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    dans cette histoire

    J adors tous ces articles parlant de cette histoire comme si c est les russes et Trump les mechants...Mais eh ohhh les gens !Faut pas oublié que le plus grave dans cette histoire sont les revelations sur Hilary!Je dirai merci aux russes si ils deballent des trucs sur nos politiciens verreux!

    • C. Celaoui le 12.07.2017 10:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @suisse

      Oui oui, en Suisse on a le röstigate! Sous couvert d'une épicerie, il s'agit en fait d'orgies avec des animaux et de vieux uranais albinos! Si, si, je vous assure, c'est Fox News et les sites conspirationnistes d'extrême droite qui le disent, ça ne peut que être vrai!...

  • Billary le 12.07.2017 01:07 Report dénoncer ce commentaire

    Et alors ?

    Comme s'il existait des hommes politiques (ou des journalistes) qui auraient refusé un scoop incriminant son adversaire ! Vous imaginez le Canard enchaîné refusant de publier l'affaire Fillon parce qu'ils n'aiment pas la nationalité du gars (ou de l'avocate) qui leur balance l'info ?

    • Peste rouge le 12.07.2017 07:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Billary

      Rien à voir. Les Russes manipulent les élections en publiant anonymement des fakes news qui servent leur intérêt. Le canard publie officiellement des faits avérés sur n'importe qui. L'ancien ministre socialiste Cahuzac en à d'ailleurs fait les frais.

  • Jamc le 11.07.2017 23:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    qui veut la fin...

    veut les moyens ... et Trump est prêt a marcher sur des cadavres comme le dit le dicton... je ne suis même pas surpris. La grande inconnue est: combien de temps ce cirque sera encore toléré.

  • Jules Brodard le 11.07.2017 23:50 Report dénoncer ce commentaire

    Juste hallucinant !

    Ainsi donc le président des Etats-Unis mélange gaillardement ... TOUT. Ses enfants sont à la Maison Blanche, sa fille siège au G20, il fait des affaires tout en étant président et a gagné sa place grâce à des informations secrètes envoyées par Poutine. Et pratiquement rien ne se passe, les Républicains s'en fichent ... Du moment qu'ils gagnent de l'argent, rien d'autre ne compte. Aucune morale! Mais ce sont les mêmes qui avaient voulu destituer Clinton pour quelques sucettes dans le Bureau Ovale. Pauvre monde dirigé par l'Amérique.

    • Man-go le 12.07.2017 00:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jules Brodard

      Ô que c'est pertinent votre réflexion. Merci d'avoir montré, un tout petit peu, à quel point nous, les humains, sommes si petits et débiles face à ses gros narcissiques et avides de pognon qui nous gouvernent, voire qui détruisent la qualité humaine. En fait, tout n'est qui l'histoire de compte en banque. Maudite humanité.

  • serge le 11.07.2017 22:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trump

    HONTE d'être américain avec un président pareil.