Etats-Unis

30 juin 2017 18:38; Act: 30.06.2017 18:41 Print

Le décret anti-immigration en vigueur sans chaos

Le texte exempte quiconque pouvant justifier d'une «relation valable avec une personne ou une entité aux Etats-Unis».

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Des avocats bénévoles ont improvisé des points d'information, dans les aéroports notamment. (Photo: Keystone)

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Les nouvelles restrictions d'entrée aux Etats-Unis, prévues par le décret anti-immigration du président Donald Trump, sont entrées en vigueur jeudi soir. Dès vendredi, des avocats et militants des droits humains se relayaient dans plusieurs aéroports afin d'apporter une aide juridique aux voyageurs des pays affectés.

Des avocats bénévoles ont improvisé des points d'information, certains comportant des panneaux écrits en arabe. Ils étaient à l'oeuvre notamment dans les aéroports de New York, Los Angeles, San Francisco, Chicago et Washington.

«Nous sommes simplement là pour surveiller, pour informer les gens sur ce qui se passe et pour faire remonter ce que nous observons», a expliqué Camille Mackler, de la New York Immigration Coalition, au site d'information The Daily Beast. Elle faisait partie des volontaires présents à l'aéroport JFK de New York pour attendre les vols en provenance de Londres, Istanbul, Doha et Abou Dhabi.

Aucun signe de troubles ou de panique n'ont été observés dans les heures qui ont suivi l'entrée en vigueur du décret, contrairement à ce qui s'était produit le 27 janvier dernier lors de l'application de la première version du décret. Des militants opposés à la politique migratoire de M. Trump ont manifesté à Los Angeles. Certains brandissaient des pancartes qualifiant le président américain de «fasciste».

Le décret a officiellement pris effet jeudi à 20h00 (vendredi 02h00 en Suisse) pour une durée de 90 jours. Le dispositif censé prévenir l'arrivée de «terroristes étrangers» interdit l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen), ainsi qu'aux réfugiés du monde entier.

Famille proche, étudiant, conférencier

Après cinq mois de contentieux devant les tribunaux, la mesure la plus controversée du président républicain a été réinstaurée partiellement lundi par la Cour suprême. Mais sa portée a été limitée par les hauts magistrats: le décret exempte quiconque pouvant justifier d'une «relation valable avec une personne ou une entité aux Etats-Unis».

Ainsi, quelqu'un venant rendre visite à un membre de sa «famille proche» sera admis. Tout comme le sera un étudiant intégrant une université américaine ou un salarié recruté par une entreprise locale. Ou encore un professeur convié à donner une conférence aux Etats-Unis.

Grands-parents exclus

Selon les consignes du département de la sécurité intérieure, toute personne ayant bénéficié d'un visa avant l'entrée en vigueur du décret sera admise aux Etats-Unis. Les réfugiés ayant réservé leur voyage avant le 6 juillet pourront également entrer.

Des responsables gouvernementaux ont adressé jeudi un câble aux ambassades américaines et organisé une conférence téléphonique ouverte à la presse. Ils ont tenté de tempérer et d'apporter des clarifications.

La notion de «famille proche» regroupe «les parents (y compris les beaux-parents), les époux, enfants, fils ou fille adultes, gendres, belles-filles et membres de la fratrie, qu'il s'agisse de frères et soeurs entiers ou de demi-frères et demi-soeurs», a précisé le télégramme diplomatique. Sont donc exclus les grands-parents, petits-enfants, oncles et tantes, neveux et nièces, cousins, fiancés, beaux-frères et belles-soeurs.

«Hostilité aveugle»

La «relation valable» doit, selon l'administration, être «formelle, documentée et avoir été établie dans des circonstances ordinaires plutôt que dans l'objectif d'échapper au décret». Une simple réservation hôtelière ne sera pas considérée comme suffisante pour qu'un touriste originaire d'un des six pays obtienne un visa.

L'Iran a été prompt à réagir. «Les Etats-Unis interdisent désormais aux grands-mères de voir leurs petits-enfants, dans une démonstration vraiment honteuse d'hostilité aveugle envers tous les Iraniens», a tweeté le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. Plus d'un million d'Iraniens vivent aux Etats-Unis. Environ 35'000 s'y sont rendus avec un visa en 2015.

En Suisse, la compagnie Swiss est aussi tenue de mettre en oeuvre les exigences étasuniennes. Mais la mesure ne concerne que très peu de ses passagers, a indiqué une porte-parole à l'ats. La journée de vendredi s'est en tout cas déroulée tout à fait normalement.

(nxp/ats)