Référendum en Catalogne

02 octobre 2017 00:32; Act: 02.10.2017 07:34 Print

Le gouvernement régional crie victoire

«Nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant», a clamé le président régional catalan au soir du référendum.

Voir le diaporama en grand »
La déclaration unilatérale d'indépendance en Catalogne, immédiatement suspendue par le président régional, pourrait pousser Mariano Rajoy à adopter des mesures contre les autorités séparatistes. (Mardi 10 octobre 2017) Qu'ils soient partisans de l'indépendance, indifférents ou favorables à l'unité du pays, les Catalans sont divisés après le discours de Carles Puigdemont devant le Parlement régional. (Mardi 10 octobre 2017) Le président de la Catalogne Carles Puigdemont a proclamé mardi le droit de sa région à devenir un Etat indépendant. Il a toutefois suspendu la mise en oeuvre du processus afin de permettre un dialogue avec Madrid. (Barcelone, 10 octobre 2017) Le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont à son arrivée au parlement ce mardi 10 octobre 2017. Ada Colau, l'influente maire de gauche de Barcelone, s'est prononcée contre une déclaration d'indépendance. (Lundi 9 octobre 2017) Le président séparatiste catalan a laissé entendre qu'il allait déclarer l'indépendance de sa région si Madrid refusait une médiation. (Lundi 9 octobre 2017) Des milliers de partisans de l'unité espagnole sont descendus dans les rues de Barcelone dimanche. (Dimanche 8 octobre 2017) «Le gouvernement va empêcher que la moindre déclaration d'indépendance débouche sur quoi que ce soit», a déclaré Mariano Rajoy au journal , samedi. Il appelle les séparatistes 'modérés' à s'éloigner des plus 'radicaux'. (Image - 5 octobre 2017) Des manifestations ont eu lieu samedi en Espagne, réclamant une reprise du dialogue entre Madrid et les séparatistes catalans. (Samedi 7 octobre 2017) Une marche «patriotique» a rassemblé dans le centre de les partisans de l'unité espagnole avec force drapeaux espagnols. (Samedi 7 octobre 2017) La possible indépendance catalane est un véritable casse-tête pour l'Union Européenne, déjà ébranlée par les crises successives: Grèce, crise migratoire, Brexit... (Image prétexte) Le préfet Enric Millo, s'est excusé vendredi au nom des policiers auprès des personnes blessées lors de l'intervention policière. (Vendredi 6 octobre 2017) Des responsables indépendantistes catalans doivent comparaître devant la justice espagnole pour sédition, un événement qui pourrait accroître encore davantage les tensions entre Madrid et Barcelone. (Vendredi 6 octobre 2017) Le président de l'exécutif catalan Carles Puigdemont a reproché au roi d'Espagne d'avoir «délibérément ignoré» des millions de Catalans. Dans son allocution télévisée, il a appelé à la mise en place d'une médiation. (Mercredi 4 octobre 2017) Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a affirmé mercredi qu'il était «grand temps de dialoguer», dans «le respect de la Constitution» espagnole, apportant un soutien appuyé au gouvernement de Madrid.(Mercredi 4 octobre 2017) La justice espagnole «a convoqué en vue de leur inculpation» le chef de la police catalane et deux responsables d'associations indépendantistes dans le cadre d'une «enquête pour sédition». L'enquête porte sur des faits survenus le 20 septembre. (4 octobre 2017) Le roi d'Espagne Felipe VI a accusé les dirigeants indépendantistes de la Catalogne de s'être mis «en marge du droit et de la démocratie». «Avec leur conduite irresponsable, ils peuvent même mettre en danger la stabilité de la Catalogne et de toute l'Espagne», a-t-il déclaré dans son allocution, mardi soir. (Mardi 3 octobre 2017) Près de 700'000 personnes ont manifesté mardi à Barcelone contre les violences policières qui ont émaillé l'organisation d'un référendum interdit dimanche en Catalogne. (3 octobre 2017) Les stations de métro de Barcelone ont fermé leurs portes mardi. Une partie des fonctionnaires catalans ont également cessé le travail à l'appel de grève lancé par les groupes indépendantistes. (3 octobre 2017) Comme ce grafiti le suggère, la Catalogne est appelée mardi à la grève générale. Proclamation d'indépendance, suspension de l'autonomie régionale, renversement de Rajoy? Le futur de la Catalogne est incertain après la tenue du référendum d'autodétermination. (Lundi 2 octobre 2017) Catalan president Carles Puigdemont is reflected on a window as he gives a press conference in Barcelona, on October 2, 2017. Catalonia's leader Carles Puigdemont said the region had won the right to break away from Spain after 90 percent of voters taking part in a banned referendum voted for independence, defying a sometimes violent police crackdown and fierce opposition from Madrid. / AFP PHOTO / LLUIS GENE Un homme brandit l'Estelada (le drapeau pro-indépendance catalan) au balcon d'un bureau de vote le 1er octobre au soir. (Lundi 2 octobre 2017) Le président régional catalan Carles Puigdemont a appelé dimanche l'Union européenne (UE) à s'impliquer directement dans le conflit qui l'oppose à l'Etat espagnol et à ne «plus regarder ailleurs». (Dimanche 1 octobre 2017) La foule catalane écoute la conférence de presse du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, après la fermeture des bureaux de vote. (Dimanche 1er octobre 2017) Pour Mariano Rajoy, la consultation constituait une «véritable attaque contre l'Etat de droit (...) à laquelle l'Etat a réagi avec fermeté et sérénité». (Dimanche 1 octobre 2017) Mariano Rajoy «a dépassé toutes les bornes», «c'est un lâche et il n'est pas à la hauteur de sa responsabilité d'homme d'Etat (...) Par conséquent, Mariano Rajoy doit démissionner», a déclaré la maire de Barcelone Ada Colau. (Dimanche 1 octobre 2017) Le FC Barcelone a battu Las Palmas 3-0 dans un stade vide, sans public, afin de protester contre les scènes de violences en lien avec le référendum d'autodétermination. (Dimanche 1 octobre 2017) Le match du FC Barcelone contre Las Palmas est maintenu mais à huis-clos, comme nous le montre ce stade dépourvu de spectateurs. (dimanche 1er octobre 2017) Le match de la 7e journée de Liga entre le FC Barcelone et Las Palmas (16h15) sera bel et bien joué, mais à huis clos. Le club catalan a pris cette décision après le refus de la Ligue de reporter la rencontre, explique le Barça. Sant Julia de Ramis dimanche 1er octobre 2017. Sant Julia de Ramis dimanche 1er octobre 2017. Sant Julia de Ramis dimanche 1er octobre 2017. Barcelone, dimanche 1er octobre 2017. Barcelone, dimanche 1er octobre 2017. Barcelone, dimanche 1er octobre 2017. Barcelone, dimanche 1er octobre 2017. A la mi-journée, les services d'urgence dénombraient 38 blessés dans les charges policières mais également dus aux attaques de panique. (1er octobre 2017) Barcelone, 1er octobre 2017. Barcelone, 1er octobre 2017. Barcelone, 1er octobre 2017. Barcelone, 1er octobre 2017. Sant Julia de Ramis, 1er octobre 2017. Sant Julia de Ramis, dimanche 1er octobre 2017. Sant Julia de Ramis, dimanche 1er octobre 2017. Sant Julia de Ramis, dimanche 1er octobre 2017. Ce dimanche 1er octobre, la police empêche les Catalans de pénétrer dans les bureaux de vote à Barcelone. La police empêche l'accès aux bureaux de vote à Barcelone. (1er octobre 2017) Les partisans du référendum applaudissent après que les urnes électorales soient posées dans l'Escola Industriel, à Barcelone. (1er octobre 2017) Une urne pour le vote historique. (1er octobre 2017) Bureau de vote installé dans une école. (1er octobre 2017) Barcelone, 1er octobre 2017. File d'attente pour voter le référendum. (Barcelone, 1er octobre 2017) Barcelone, 1er octobre 2017. Les gens attendent pour voter à l'extérieur d'une école inscrite comme bureau de vote par le gouvernement catalan à Barcelone. (1er octobre 2017) Un homme porte une urne électorale dans un sac en plastique dans un bureau de vote à Barcelone. (1er octobre 2017) Des centaines de personnes déjà présents à l'aube devant les bureaux de vote. (1er octobre 2017) Des centaines de personnes déjà présents à l'aube devant les bureaux de vote. (1er octobre 2017) Sous les flashes des photographes, un tracteur est placé devant un centre sportif faisant office de bureau de vote à Sant Julia de Ramis, près de Gérone. (Dimanche 1er octobre 2017) A Barcelone, certains ont passé la nuit dans des écoles transformées en bureaux de vote. (Dimanche 1er octobre 2017) Des pro-référendum veulent empêcher que la police bloque l'accès à ce bureau de vote. (Dimanche 1er octobre 2017) Des centaines de Catalans ont commencé à se masser devant les bureaux de vote à Barcelone et dans d'autres villes pour participer à un référendum d'autodétermination interdit par les autorités espagnoles. (Dimanche 1er octobre 2017) Ils sont nombreux à avoir passé la nuit dehors pour aller voter. (Dimanche 1er octobre 2017) Des personnes se préparent à passer la nuit devant une école qui doit servir de bureau de vote. (Samedi 30 septembre 2017) Le président séparatiste catalan Carles Puidgemont a demandé samedi une médiation dans le conflit qui l'oppose à Madrid, en songeant éventuellement à l'UE. Il s'exprimait à la veille du référendum d'autodétermination en Catalogne, interdit par Madrid. (Samedi 30 septembre 2017) Plusieurs manifestations ont eu lieu à travers toute l'Espagne pour défendre l'unité nationale. (Samedi 30 septembre 2017) Un jeune couple s'embrasse devant l'Institut Moises Broggi, un des lieux où doit se tenir le référendum. Samedi, la police espagnole a fermé plus de 1300 bureaux de vote. (Samedi 30 septembre 2017) La police espagnole est intervenue samedi au centre des technologies de l'information et de la communication du gouvernement catalan, rapporte le journal La Vanguardia citant une radio locale. (30 septembre 2017) Des indépendantistes catalans ont occupé pacifiquement et parfois de manière festive des écoles qui accueilleront dimanche les électeurs. (Image - vendredi 29 septembre) Environ 10'000 indépendantistes ont assisté au dernier meeting de Carles Puigdemont, dirigeant et président de la région catalane. «En ces moments incroyablement intenses et très émouvants, nous sentons que notre rêve est à portée de main», a-t-il lancé à la foule. (Image - vendredi 29 septembre 2017) A J-2 du référendum d'autodétermination en Catalogne interdit par la justice espagnole, les dirigeants séparatistes, plus décidés que jamais, devaient détailler les modalités du scrutin tandis que les autorités espagnoles multipliaient menaces de sanctions et perquisitions. (Vendredi 28 septembre 2017) Le défenseur du FC Barcelone Gerard Piqué a manifesté son soutien au référendum. «A partir d'aujourd'hui et jusqu'à dimanche, nous nous exprimerons pacifiquement. Ne leur donnons aucune excuse. C'est ce qu'ils veulent. Et chantons haut et fort. #Nous voterons», a-t-il tweeté. (Jeudi 28 septembre 2017) La Banque d'Espagne a mis en garde jeudi contre les «risques» pour la croissance, suscités par les tensions en Catalogne. La région fournit un cinquième de la richesse du pays. (Jeudi 28 septembre 2017) Rares sont les habitants à afficher clairement leur soutien au camp du non, comme ici le 22 septembre à Barcelone. Ceux-ci préfèrent souvent garder le silence. (Jeudi 28 septembre 2017) La tension monte, quatre jours avant la date du référendum interdit. La police a reçu l'ordre de barrer l'accès aux bureaux de vote. (Jeudi 28 septembre 2017) Le groupe séparatiste basque ETA a estimé que l'Etat espagnol était «une prison pour les peuples» (Mercredi 27 septembre 2017) La justice espagnole a entrepris de «neutraliser» les bureaux de vote prévus pour le référendum d'autodétermination interdit en Catalogne, le chef du gouvernement Mariano Rajoy appelant de son côté depuis Washington à «un retour au bon sens». (Mardi 26 septembre 2017) Les organisateurs d'une précédente consultation interdite sur l'indépendance catalane, en 2014, dont l'ancien président régional Artur Mas, se sont vu imposer une caution de 5.2 millions d'euros par la Cour des comptes, à quelques jours du scrutin sur l'autodétermination de la Catalogne. (Lundi 25 septembre 2017) Pour le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, il faut que les indépendantistes «disent qu'il n'y aura pas de référendum, ils savent qu'il n'aura pas lieu». (Samedi 23 septembre 2017) Malgré les menaces de poursuites judiciaires, les partisans du référendum ont continué à manifester à Barcelone. (Vendredi 22 septembre 2017) Si l'Union européenne refuse de commenter le dossier des indépendantistes catalans, l'inquiétude est bien présente. (Vendredi 22 septembre 2017) Vice-président du gouvernement de la Catalogne, Oriol Junqueras: «Il est évident que nous ne sommes pas en mesure de voter comme d'habitude.» (21 septembre 2017) «Nous votons pour être libres». Sur cette pancarte, une manifestante se fait porte parole des indépendantistes catalans dans les rues à Barcelone. (Mercredi 20 septembre 2017) . «Les forces d'occupation dehors!», criaient des manifestants à Barcelone. Des milliers de Catalans sont descendus dans la rue après l'arrestation d'une douzaine de membres du gouvernement. (Mercredi 20 septembre 2017) (Mercredi 20 septembre 2017) La garde civile ont perquisitionné mercredi matin plusieurs départements de l'exécutif de la Catalogne à Barcelone. (Mercredi 20 septembre 2017) La garde civile espagnole menait mardi matin des perquisitions dans la ville de Gérone, le fief du président séparatiste catalan Carles Puigdemont. (Mercredi 20 septembre 2017) En cas d'éventuelle indépendance de la Catalogne, beaucoup d'entrepreneurs n'hésiteraient pas à délocaliser leur entreprise à Madrid pour continuer à profiter du marché européen. (Dimanche 17 septembre 2017) Le ministre du Budget Cristobal Montoro: «Nous avons établi un nouveau système de contrôle des dépenses pour éviter qu'elles ne financent des activités illégales comme le référendum.» (15 septembre 2017) Les indépendantistes catalans ont lancé jeudi soir la campagne du «oui» à leur référendum d'autodétermination par un grand meeting. (jeudi 14 septembre 2017) Le ton se durcit. Le parquet général espagnol convoque les maires pro-référendum et les menacent d'arrestation si ils ne se présentent pas. (13 septembre 2017) La Cour constitutionnelle d'Espagne a suspendu une loi adoptée par le parlement de Catalogne définissant les modalités légales de la création d'un Etat catalan indépendant. (Mardi 12 septembre 2017) Rafael Nadal s'est prononcé en faveur de l'unité espagnole et contre la tenue d'un référendum d'autodétermination de la Catalogne. (Mardi 12 septembre 2017) Des dizaines de milliers de Catalans étaient dans les rues de Barcelone pour revendiquer l'indépendance de leur région. (Lundi 11 septembre 2017) La Catalogne a organisé un référendum d'autodétermination, scrutin jugé anticonstitutionnel par la haute cour d'Espagne. (Lundi 11 septembre 2017) La manifestation a été organisée le jour de la fête nationale de Catalogne. (Lundi 11 septembre 2017) «Adieu l'Espagne!», ce slogan était sur toutes les pancartes. (Lundi 11 septembre 2017) Le slogan général de la manifestation était «une Diada pour le oui». (Lundi 11 septembre 2017) L'indépendance de la Catalogne est un enjeu de taille pour Madrid: elle fournit 20% du PIB espagnol. (Lundi 11 septembre 2017) La semaine dernière, la justice a ouvert une enquête visant Carles Puigdemont et les membres de son gouvernement pour déterminer s'ils ont commis les délits de «désobéissance», «prévarication» et «malversation de deniers publics». (Lundi 11 septembre 2017) Le référendum a lieu dans trois semaines. (Lundi 11 septembre 2017)

Sur ce sujet
Une faute?

Madrid et le gouvernement catalan se livraient à un dialogue de sourds dimanche, au soir du référendum interdit sur l'indépendance de la Catalogne, marqué par des violences policières qui ont fait plus de 90 blessés, chaque camp revendiquant la victoire.

A coups de matraques et de balles de caoutchouc, la police espagnole a tout fait pour tenter d'empêcher ce scrutin interdit par la justice espagnole dans une région qui est un des principaux poumons économiques de l'Espagne.

Vers 20H00 (18H00 GMT), juste après l'heure annoncée de la fermeture des bureaux de vote, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s'est félicité de ce que «l'Etat de droit restait en vigueur avec toute sa force». «Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne», a-t-il dit, alors que le dépouillement commençait. Les forces de sécurité «ont fait leur devoir» en Catalogne et «respecté le mandat de la justice» qui avait interdit le référendum d'autodétermination organisé par les dirigeants séparatistes, a-t-il ajouté en parlant d'une «farce».

Mais avec les «millions» de personnes qui sont allées voter, «nous avons gagné le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République», a clamé le président régional catalan Carles Puigdemont. Il a appelé l'Union européenne à s'impliquer directement dans le conflit qui l'oppose à l'Etat espagnol et à ne «plus regarder ailleurs».

Face à l'impasse et à l'attitude de Madrid, une quarantaine d'organisations syndicales, politiques et sociales de Catalogne ont lancé un appel à la grève générale dans la région pour mardi.

«Nous l'avons fait»

Dans un bureau de vote du quartier Gracia, considéré comme un fief indépendantiste à Barcelone, des centaines de personnes s'étaient réunies vers 20H00 locales pour assister au dépouillement.

«Nous l'avons fait. Maintenant nous fermons le bureau de vote mais nous devons tous rester. Ne nous abandonnez pas», criait une femme sur son mégaphone. La foule lui répond: «Tu n'es pas seule, tu n'es pas seule», et «nous avons voté, nous avons voté». Le gouvernement espagnol «a tout fait pour nous rendre la tâche difficile mais finalement nous avons réussi à voter. Les gens sont déterminés et ils ne devraient pas nous sous-estimer», a déclaré un professeur de 50 ans, Meritxell Casademont.

Dès l'heure d'ouverture des bureaux de vote, la police et les unités anti-émeutes de la Garde civile étaient intervenues pour saisir les urnes dans des bureaux de vote à Barcelone et à Gérone, la ville de Carles Puigdemont. A plusieurs reprises, des policiers casqués ont défoncé les portes des bureaux devant des militants qui entonnaient des chants indépendantistes lors de ce scrutin qui constituait, selon le quotidien El Pais, le «plus grand défi» de l'Etat espagnol depuis la mort de Franco en 1975.

Les affrontements ont fait au moins 92 blessés, dont deux graves, un homme de 70 ans victime d'un infarctus et un blessé à l'oeil, sur les 844 personnes qui ont sollicité une assistance sanitaire «en relation avec les charges des forces de police de l'Etat», selon le gouvernement régional.

Trente trois policiers ont été blessés, selon le ministère de l'Intérieur, qui affirme que certains ont essuyé des jets de pierre. A Barcelone, la police a chargé des centaines de manifestants qui lui barraient la route alors qu'elle emportait des urnes confisquées, et tiré des balles en caoutchouc, selon des témoins.

La télévision régionale catalane TV3 a passé en boucle toute la journée les images d'affrontements entre policiers et manifestants à proximité des bureaux de vote, qui ont circulé également sur les réseaux sociaux et les grandes chaînes de télévision internationales. M. Puigdemont a dénoncé une «violence injustifiée», tandis que le gouvernement répondait que lui et son équipe étaient «seuls responsables» des événements de la journée.

Des milliers de Catalans ont pu voter

Les électeurs ont parfois voté avec des bulletins de vote imprimés à la maison ou sans enveloppe, ont constaté les journalistes de l'AFP. «Personne ne peut me voler mon vote et la satisfaction d'avoir voté, quoi qu'il arrive. J'ai même pleuré parce que cela fait des années que nous nous battons pour cela, et j'ai vu devant moi une femme de 90 ans qui votait en fauteuil roulant», a raconté à l'AFP dans le petit village de Llado Pilar Lopez, 54 ans.

Dans le quartier barcelonais de Nou Barris, Enrique Calvo, un retraité de 67 ans originaire d'une région voisine, lui n'a pas voté parce qu'il ne voulait pas donner de «légitimité» au scrutin. «C'est mal géré, tant par le gouvernement catalan que par le gouvernement central de Madrid», a-t-il dit.

Signe du caractère exceptionnel de la situation dans un pays passionné de football, le FC Barcelone a joué à huis clos son match contre Las Palmas, la Ligue de football ayant refusé de reporter le match.

Une sécession de la Catalogne, une région de 7,5 millions d'habitants pesant près de 19% du PIB, serait un saut dans l'inconnu, comparable à celui du Brexit déclenché par un référendum en juin 2016. Les habitants de la région, où l'indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, sont divisés presque à parts égales sur l'indépendance. Mais les Catalans souhaitent majoritairement, à plus de 80%, un référendum d'autodétermination légal, selon les derniers sondages.

(nxp/afp)