Procès Merah

03 octobre 2017 16:29; Act: 03.10.2017 17:33 Print

«On m'appelait Ben Ben, pour Ben Laden»

Le parcours de vie chaotique d'Abdelkader Merah était au centre des débats, mardi, au deuxième jour de son procès, à Paris.

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Abdelkader Merah, au deuxième jour de son procès devant la Cour d'assises de Paris, mardi. (Photo: AFP)

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«On m'appelait Ben Ben, pour Ben Laden»: l'itinéraire chaotique et violent d'Abdelkader Merah a été mardi au centre des débats de la Cour d'assises de Paris, où il comparaît pour complicité dans les assassinats perpétrés par son frère Mohamed. En mars 2012 dans le sud de la France, sept personnes, dont trois enfants d'une école juive, ont été froidement exécutées par Mohamed Merah. Des attaques revendiquées par le groupe djihadiste Jund al-Khalifa, affilié à Al-Qaida.

«Lors des attaques du World Trade Center (ndlr: le 11 septembre 2001) , j'avais crié Vive Ben Laden, mais c'était pas une question religieuse, à l'époque j'étais un petit délinquant à mille lieues de l'islam», a expliqué l'accusé. Son frère Mohamed était surnommé «le petit Ben Ben», mais son aîné affirme ne plus savoir pourquoi.

«Notre mode de vie et le vôtre, c'est différent»

Abdelkader Merah, 35 ans, soupçonné d'avoir été le mentor religieux de son frère, est accusé par la justice d'avoir «sciemment» facilité la préparation de ses crimes. Mardi, au deuxième jour du procès, la Cour d'assises s'est penchée sur le parcours d'Abdelkader, marqué par le divorce de ses parents et qui a basculé dans la délinquance et la violence avant de se convertir en 2006 à ce qu'il qualifie de «vraie religion».

Au cours de son interrogatoire, Abdelkader Merah insiste sur les différences entre culture maghrébine, islam et mode de vie occidental. «Les Algériens, on peut pas comparer avec la culture occidentale», «notre mode de vie et le vôtre, c'est différent», «c'est chacun ses traditions», a-t-il martelé, contraignant le président à lui rappeler qu'il était Français.

Un divorce qui fait basculer sa vie

Né en 1982 à Toulouse, Abdelkader Merah est quatrième d'une fratrie de cinq enfants, trois garçons et deux filles, Mohamed étant le plus jeune. Sa mère, Zoulika Aziri, née en Algérie, a rejoint son mari Mohamed, établi en France depuis 1966, en février 1981.

Le père Merah a été ouvrier dans une fonderie puis gérant d'une fabrique de matériel de construction. Il a connu la prison après une condamnation à cinq ans ferme pour détention de plusieurs kilos de cannabis. Des témoignages rapportent ses violences sur sa femme, mais Abdelkader jure ne jamais l'avoir vu battre sa mère. Le divorce de ses parents lorsqu'il avait 11 ans a fait basculer sa vie. «Avant, c'était une famille parfaite, après, c'était chaotique», a-t-il résumé.

Violence envers sa mère

Son parcours scolaire jusqu'à l'obtention d'un diplôme de peintre en bâtiment s'en ressentira. Placé dans des foyers par les services sociaux, il devient violent. «Il provoque, agresse, insulte () avec une hyperactivité inquiétante ouvrant la voie à un comportement antisocial», est-il écrit dans un rapport. «Les week-ends, il frappe sa mère qui se réfugie dans sa chambre au moindre débordement de son fils.»

Condamné à cinq reprises, notamment pour des actes de violence sur ses frères, Abdelkader Merah dit avoir trouvé la paix dans l'islam. A cette date, il épouse religieusement et par téléphone Yamina Mesbah, avec laquelle il emménage dans la campagne de Toulouse (sud) pour fuir le «péché» de la ville.

(nxp/afp)