Suède

02 octobre 2017 11:41; Act: 02.10.2017 13:00 Print

Le Nobel de médecine à trois Américains

Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young ont été récompensés pour leurs travaux sur l'horloge biologique.

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Photo d'illustration. (Photo: Keystone)

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Le Nobel de médecine a été attribué lundi à trois chercheurs américains dont les travaux sur l'horloge biologique éclairent l'adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit, mais aussi les troubles du sommeil ou ceux liés au décalage horaire.

Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young sont primés pour «leurs découvertes des mécanismes moléculaires qui règlent le rythme circadien», a annoncé l'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska à Stockholm.

Le terme scientifique de «rythme circadien» désigne une des fonctions vitales primordiales chez les êtres vivants multicellulaires: il régule le sommeil, les comportements alimentaires, la pression artérielle et la température corporelle.

A partir de l'observation de mouches, Jeffrey C. Hall et Michael Rosbash, qui exerçaient ensemble à l'université Brandeis de Boston, et Michael Young, de l'université Rockefeller à New York, ont isolé en 1984 un gène contrôlant ce fameux rythme biologique. MM. Hall et Rosbah ont ensuite montré que ce gène, s'il fonctionne correctement, encode une protéine qui s'accumule dans la cellule au cours de la nuit puis est désagrégée pendant le jour.

En 1994, Michael Young a identifié un second gène de l'horloge biologique essentiel à la régulation du rythme circadien.

La recherche moderne a mis en lumière le rôle fondamental de ces mécanismes dans l'espérance de vie et la santé, comme les conséquences néfastes du travail de nuit à long terme sur l'organisme des infirmières et des ouvriers postés.

Un chercheur en pyjama

M. Rosbash, 73 ans, né dans le Missouri, a obtenu son doctorat en 1970 au Massachusetts Institute of Technology (MIT) à Cambridge (Etats-Unis). Joint au téléphone par l'agence suédoise TT, il s'est dit «choqué» par l'annonce. «Je suis assis avec ma femme, en pyjama, je n'avais pas pensé à ça», a-t-il dit. Les Nobel, «C'est la crème de la crème (...) J'aurais aimé que ma mère soit encore en vie», a-t-il ajouté.

M. Hall, 72 ans, né à New York, a fait une partie de sa carrière à l'Université du Maine, en 2002. Il est aujourd'hui à la retraite.

M. Young, 68 ans, originaire de Miami, enseigne depuis 1978 à l'université Rockefeller. En 2016, le Nobel de médecine était allé au Japonais Yoshinori Ohsumi pour sa contribution à la compréhension du renouvellement des cellules.

Biologiste à l'Université de Tokyo, il y a mené des expériences sur le processus de l'autophagie qui ont donné des clés essentielles à la connaissance du vieillissement et de la réponse du corps à la faim et aux infections.

La médecine est traditionnellement le premier des prix Nobel décernés par les jurys suédois. Suivront la physique mardi, la chimie mercredi, la littérature jeudi, la paix vendredi et le prix d'économie le 9 octobre.

318 noms pour le Nobel de la paix

La plupart des auteurs cités cette année pour le prix de littérature, attribué en 2016 à Bob Dylan, figurent régulièrement sur les listes idéales des critiques: Don DeLillo, Adonis, Claudio Magris, Ismael Kadaré, Haruki Murakami, Jon Fosse, etc.

Quant au Nobel de la paix, le jury norvégien qui le remet devra trancher entre 318 noms pour désigner un successeur au président colombien Juan Manuel Santos, récompensé en 2016 pour son action dans un pays ravagé par un conflit de plus d'un demi-siècle. La question nucléaire domine dans les pronostics sur fond d'escalade entre Washington et Pyongyang après le sixième essai nord-coréen mais aussi d'incertitudes sur l'accord iranien, que le président américain Donald Trump a menacé de «déchirer».

Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 937'000 euros) que se partagent les lauréats.

(nxp/afp)