Fusillade de Dallas

08 juillet 2016 22:32; Act: 09.07.2016 07:32 Print

Un «robot tueur» a abattu le snipper

L'homme qui a tué cinq policiers a lui-même été tué par une machine. Un usage qui pourrait se développer.

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Les obsèques de deux des policiers abattus à Dallas la semaine dernière par un tireur embusqué ont eu lieu mercredi dans la ville du sud des Etats-Unis. De nombreux Américains se sont arrêtés pour leur rendre hommage au passage de leurs processions funéraires. (Mercredi 13 juillet 2016) De gauche à droite, Laura Bush, l'ex-First Lady, George W. Bush, ex-président des Etats-Unis, Michelle Obama, première dame, et Barack Obama, à Dallas, réunis pour rendre hommage aux cinq policiers tués. (Mardi 12 juillet 2016) Barack Obama se rendra mardi 12 juillet à Dallas après une semaine de violences qui ont secoué l'Amérique. (Image 10 juillet 2016) Les parents du tireur présumé, Micah Johson, racontent lundi 11 juillet dans comment leur fils a été déçu par son service dans l'armée. (Image prétexte) L'homme qui a tué cinq policiers, le 7 juillet, avait d'«autres projets dévastateurs», selon les forces de l'ordre. (Dimanche 10 juillet 2016) Le quartier général de la police de Dallas (Texas) a été bouclé samedi après avoir reçu une menace contre ses fonctionnaires, a annoncé la police dans un communiqué. (Samedi 9 juillet 2016) Le président américain a appelé son pays à se rassembler, après la fusillade de Dallas, qui a coûté la vie à cinq policiers. (Samedi 9 juillet 2016) Deux voitures de la police de Dallas recouvertes de fleurs et de ballons, en hommage aux victimes. (Samedi 9 juillet 2016). Vendredi, les autorités ont annoncé avoir conclu finalement que le massacre avait été perpétré par un seul homme, Micah Johnson, sans lien terroriste. Deux autres suspects ont été mis hors de cause. (Image - vendredi 8 juillet 2016) Après la fusillade de Dallas, la police de New York a décidé de prendre des mesures de sécurité supplémentaires pour ses agents. (Vendredi 8 juillet 2016) Le principal suspect de la fusillade de Dallas se nomme Micah Johnson. L'homme aurait servi en Afghanistan, pour les Etats-Unis. (Vendredi 8 juillet 2016) (Vendredi 8 juillet 2016) Une femme tient une pancarte appelant à prier pour Dallas. (Vendredi 8 juillet 2016) Un policier a mis son insigne en berne. (Vendredi 8 juillet 2016) Deux snipers ont tués cinq policiers jeudi soir à Dallas. (Jeudi 07 juillet 2016) Cinq policiers ont été tués par balles jeudi soir à Dallas en marge d'un rassemblement organisé pour dénoncer les violences policières après la mort cette semaine de deux Afro-Américains. (Jeudi 07 juillet 2016)(Jeudi 07 juillet 2016) (Jeudi 07 juillet 2016) Deux snipers ont tués cinq policiers jeudi soir à Dallas (Jeudi 07 juillet 2016) Un policier après l'attaque de deux snipers à Dallas. (Jeudi 07 juillet 2016) (Jeudi 07 juillet 2016) Les tirs qui ont tué plusieurs policiers ont eu lieux en marge d'une manifestation contre les violences policières à Dallas. (Jeudi 07 juillet 2016) Les manifestants ont protesté après la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane, l'autre dans le Minnesota.(Jeudi 07 juillet 2016) Un manifestant milite contre les violences policières dans les rues de Dallas. (Jeudi 07 juillet 2016)

Une faute?

Le choix de la police de Dallas d'envoyer un robot télécommandé pour tuer l'homme suspecté d'avoir abattu plusieurs policiers marque une première pour les forces de l'ordre américaines. Et témoigne d'un usage qui devrait aller en se développant.

Le sniper suspecté d'avoir tiré sur des policiers et retranché depuis des heures dans un bâtiment est finalement tué grâce à un robot télécommandé utilisé pour faire détoner une bombe.

Large éventail

Toute autre option qu'une explosion télécommandée pour neutraliser l'Afro-Américain de 25 ans «aurait fait courir un grand danger aux policiers», a expliqué le chef de la police de Dallas, David Brown, sans donner toutefois davantage de précisions sur l'engin utilisé.

L'inventaire de l'équipement des services d'urgence de la ville de Dallas montre toutefois qu'ils disposent d'un robot Northrop Grumman Andros conçu pour les équipes de démineurs et l'armée. Selon des médias américains, cet engin a pu être employé dans l'opération de Dallas. Ce robot est «conçu pour contrer un large éventail de menaces, dont des véhicules piégés», selon le site de Northrop.


Robot pour le déminage

«C'est la première fois qu'un robot est utilisé de cette façon par la police», a assuré sur Twitter Peter Singer, de la Fondation New America, un groupe de réflexion spécialisé dans les questions liées aux nouvelles technologies. Ce spécialiste des méthodes modernes de combat a précisé qu'un appareil baptisé Marcbot «a été employé de la même façon ad hoc par les troupes en Irak».

Il est probable que le robot de Dallas soit né «d'un arrangement improvisé» plutôt que «d'avoir été conçu pour cet usage», a complété Matt Blaze, professeur d'informatique de l'université de Pennsylvanie, pointant ainsi vers la possibilité d'un robot d'ordinaire employé pour le déminage.

Dans l'armée américaine, les robots terrestres transforment le visage de la guerre depuis plusieurs années. Ils sont capables de récupérer et désactiver une charge explosive à l'aide d'un bras téléguidé par des soldats restés à l'abri du danger. Ils semblent voués à être de plus en plus employés par les forces de l'ordre.

«Telebot»

Des chercheurs de l'université de Floride travaillent, eux, au développement de «Telebot», comparé dans certains articles au célèbre «Robocop» imaginé au cinéma.

Destiné à assister des policiers handicapés pour qu'ils puissent reprendre le service, Telebot a été conçu «pour avoir l'air intimidant et assez autoritaire pour que les citoyens obéissent à ses ordres» tout en gardant «une apparence amicale» qui rassure «les citoyens», selon un rapport d'étudiants de l'université de Floride.

L'arrivée de robots aux armes potentiellement létales dans la police ne fait pas l'unanimité. L'ONG Human Rights Watch et l'organisation International Human Rights Clinic, qui dépend de l'université de Harvard, s'inquiètent du recours aux robots par les forces de l'ordre.

Ces engins «ne seraient pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l'empathie, qui permettent à la police d'éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues», ont-elles écrit dans un rapport.

(nxp/ats)