Syrie

16 février 2017 13:49; Act: 16.02.2017 13:51 Print

Assad: «Nous ne recourons pas à la torture»

Le président syrien affirme que le rapport d'Amnesty, qui accuse le régime d'avoir pendu 13'000 personnes à prison de Saydnaya, est bâti «sur la base de simples allégations».

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Dans un entretien accordé à Europe 1, TF1 et LCI mardi à Damas, le président syrien Bachar Al-Assad a affirmé que Raqqa, bastion de l'organisation Etat islamique (EI) visé par la coalition internationale, n'était pas une cible prioritaire pour Damas, qui veut reprendre le contrôle de tout le territoire.

«Les priorités sont partout», poursuit Bachar Al-Assad dans cet entretien en anglais, selon la traduction fournie par Europe 1. Le président syrien dément par ailleurs catégoriquement que son régime pratique la torture et rejette les récentes accusations d'Amnesty International sur des exécutions et atrocités perpétrées dans une prison près de Damas. Amnesty accuse le régime d'avoir pendu 13'000 personnes entre 2011 et 2015 dans la prison de Saydnaya.

«Nous avons toutes les informations qu'il nous faut. Donc nous ne recourons pas à la torture. Ça ne fait pas partie de notre politique», affirme-t-il. Le régime syrien a été mis en cause à plusieurs reprises pour de multiples cas de tortures et exécutions sommaires dans les prisons ou sièges des services de renseignement.

«Si nous avions commis de telles atrocités, à n'importe quelle étape de ce conflit, nous n'aurions pas le soutien populaire que nous avons au bout de six ans», ajoute Bachar Al-Assad.

Selon le président syrien, Amnesty international «est une organisation mondialement connue, il est honteux qu’elle se mette à bâtir un rapport sur la base de simples allégations».

Assad dénonce également le manque de preuves de l'organisation: «Ils n’ont même pas parlé de 13'000 morts, ils ont dit entre 5000 et 13'000. [...] Cela veut dire qu’il n’y a pas de précision. Aucun nom n’est mentionné parmi les victimes supposées. Sur ces milliers, il n'y en a que 36. [...] La peine de mort est légale en Syrie. Cela fait partie du droit syrien depuis l’indépendance. Le gouvernement a donc le droit d’exécuter n’importe qui conformément à la loi. Pourquoi le ferait-il alors de manière illégale?»


Retrouvez l'intégralité de l'interview de... par Europe1fr

Raqqa non prioritaire

Interrogé par ailleurs pour savoir si Raqqa, d'où les attaques jihadistes en France auraient été préparées, était une «cible prioritaire», il répond: «non et encore une fois ces attaques n'ont pas nécessairement été préparées à Raqqa. Raqqa n'est qu'un symbole de Daech» (acronyme arabe de l'EI).

«Il y a une présence de Daech près de Damas. Ils sont partout. Ils sont à Palmyre en ce moment et dans la partie Est de la Syrie: alors non. Il ne s'agit pas que de Raqqa».

«Et cela dépend de l'évolution des combats. Mais pour nous tout compte: Raqqa, Palmyre, Idlib, tout compte!, insiste-t-il, il incombe au gouvernement de reprendre le contrôle de tout le territoire».

Raqqa, «capitale» autoproclamée des jihadistes, est le prochain objectif de la coalition militaire internationale menée par les Etats-Unis. Une alliance arabo-kurde soutenue par la coalition, les Forces démocratiques syriennes, a commencé l'offensive en avançant vers la ville depuis le nord.

Les pays occidentaux «isolés»

Concernant les négociations internationales sur la Syrie, sur ce conflit qui a fait plus de 310'000 morts et poussé à la fuite plus de 10 millions de personnes, il estime que les pays occidentaux «se sont isolés» en soutenant des «groupes représentant le terrorisme contre le gouvernement».

Enfin Bachar Al-Assad juge que le peuple syrien n'était «pas visé» par le décret anti-immigration signé le 27 janvier par le président américain Donald Trump.

«Ce n'est pas le peuple syrien qui est visé ici. Ce sont les terroristes, qui pourraient s'infiltrer à travers certains immigrants venus à l'Ouest», déclare-t-il.

Ce décret, suspendu par la justice américaine le 3 février, interdisait l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen), pendant trois mois et gelait l'accueil des réfugiés pour quatre mois, les Syriens faisant l'objet d'une interdiction sans limitation de durée.

(afp)