Indépendance de la Catalogne

04 octobre 2017 22:00; Act: 05.10.2017 08:00 Print

Le président catalan défie le roi et son discours

Les dirigeants séparatistes ont annoncé mercredi qu'ils proclameraient l'indépendance dans les prochains jours. Madrid reste ferme.

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Les dirigeants séparatistes de la Catalogne répètent qu'ils vont proclamer l'indépendance dans les prochains jours malgré l'avertissement du roi d'Espagne, et Madrid rejette toute médiation tant que l'exécutif catalan menacera de faire sécession.

Galvanisés par le référendum d'autodétermination de dimanche qu'ils disent avoir remporté, suivi d'une grève générale et de manifestations de centaines de milliers de personnes, ils pourraient déclarer l'indépendance lundi, selon une source au sein du gouvernement régional.

Les partis indépendantistes, majoritaires au parlement régional, ont réclamé une séance plénière lundi pour débattre des résultats du vote et ils souhaitent que le président séparatiste de la région Carles Puigdemont s'exprime. «En fonction du déroulement de la séance, l'indépendance pourrait être proclamée» de façon unilatérale, a précisé la source au gouvernement régional. M. Puigdemont avait auparavant assuré que son gouvernement s'apprêtait à passer à l'acte «à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine».

Le gouvernement séparatiste affirme que le «oui» à l'indépendance a obtenu les voix de «90%» des 2,26 millions de votants (42,3% de participation) au référendum, un scrutin sans listes électorales, sans observateurs et qualifié d'anticonstitutionnel par la justice espagnole.

La médiation en question

Depuis la consultation, marquée par des violences policières, le ton n'a cessé de monter entre Madrid et Barcelone. Au point que le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a déclaré devant les députés européens qu'il était «grand temps de dialoguer, de parler, de trouver une voie en dehors de l'impasse et de travailler conformément à l'ordre constitutionnel espagnol».

Mais mercredi soir, Carles Puigdemont a surenchéri dans le duel avec Madrid et répondu au roi Felipe VI, qui, 24 heures plus tôt avait accusé les autorités catalanes de «déloyauté inadmissible» en ignorant les lois et la Constitution.

Le souverain a «délibérément ignoré des millions de Catalans» qui ne pensent pas comme lui, s'est offusqué M. Puigdemont dans une allocution télévisée. M. Puigdemont a en outre dit avoir reçu des offres de médiation pour chercher une solution avec le pouvoir central, un scénario officiellement rejeté mercredi soir par Madrid, du moins tant que le président régional catalan ne retirerait pas sa «menace de rupture».

Inculpation du chef de la police

«Si M. Puigdemont veut parler ou négocier, ou envoyer des médiateurs, il sait parfaitement ce qu'il doit faire auparavant: se remettre dans le chemin de la loi, qu'il n'aurait jamais dû quitter», a déclaré le gouvernement dans un communiqué. Le gouvernement «n'acceptera aucun chantage», prévient le communiqué, qui ajoute à l'adresse de M. Puigdemont: «Retirez la menace de la rupture».

Felipe VI avait aussi reproché au gouvernement régional catalan d'avoir bafoué «de façon répétée (...) et délibérée» la Constitution et de «mettre en danger la stabilité» de la Catalogne et de toute l'Espagne. Dans son discours, il avait martelé qu'il était de «la responsabilité des pouvoirs légitimes de l'Etat d'assurer l'ordre constitutionnel», ouvrant la voie à de nouvelles mesures du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy contre les dirigeants indépendantistes. M. Rajoy pourrait notamment invoquer l'article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, qui lui permettrait de prendre le contrôle des institutions en Catalogne.

La première réaction de l'Etat après l'allocution royale a été la convocation pour inculpation du chef de la police catalane Josep Lluis Trapero, dans le cadre d'une «enquête pour sédition» -passible de quinze ans de prison pour un fonctionnaire. La police catalane a en effet été accusée d'avoir tardé à intervenir pour dégager des Gardes civils encerclés par des manifestants le mois dernier.

«Plus notre roi»

Les images des interventions brutales de policiers casqués pour fermer des bureaux de vote, qui ont fait au moins 92 blessés, ont fait le tour de la planète et indigné les Catalans de tous bords.

Et dans cette région où vivent 16% des citoyens espagnols, le discours de fermeté du roi a été mal reçu. «Il sait déjà qu'il n'est plus notre roi. Il parle comme si nous ne faisions plus partie de l'Espagne», a ainsi commenté Trinidad Garcia.

Le gouvernement catalan «a l'initiative et le gouvernement central court derrière en essayant maladroitement de boucher les trous», a estimé Antonio Torres del Moral, professeur de droit constitutionnel à l'Université d'enseignement à distance (UNED).

La très grande majorité des Catalans (80% selon les sondages) souhaite un référendum légal. Mais ils sont partagés sur la sécession : le dernier sondage des autorités catalanes, publié en juillet, montrait que les adversaires de l'indépendance étaient plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%).

(nxp/ats/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • MS le 04.10.2017 23:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On va bien rire !

    Sans lEspagne et sans lappui de LEU, les catalans vont gentiment couler à pic. Les grosses fortunes pensent déjà à quitter la Catalogne, les grandes sociétés feront de même, les banques se videront rapidement et il ne restera plus que le tourisme, mais comble de lironie, les catalans ne veulent plus de touristes à Barcelone, ben oui, ils en ont ras le bol de ces cons de touristes qui payent leurs factures. Ils pensent que leur dette va seffacer par magie et que dès quils seront indépendant,avec leur PIB, ils pourront subvenir à leurs besoin ! Laissons les dans leur m. ils le méritent !

  • Jo le 04.10.2017 22:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Triste

    Trop de montée du nationalisme partout, ca va mal finir tout ça. L humain ne retient rien de l histoire, c est désolant

  • En passant le 04.10.2017 22:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je crains le pire.

    Il a bon dos celui qui a allumé la mèche. Sur quelles bases discuter maintenant que tout le monde est chaud ? C'est tout de suite moins simple. Ça va mal et ça risque fort de chier des braises (avec les militaires) si Puigdemont déclare l'indépendance dans la foulée de ce "référendum".

Les derniers commentaires

  • Sergi Agudas le 05.10.2017 12:00 Report dénoncer ce commentaire

    Ah ces braves catalans

    Braves compatriotes qui espéraient passer du roquet rebelle d'Espagne au toutou le plus docile de l'UE...bref, leur but c'est toujours de porter un collier!!

    • Sergi Agudas le 05.10.2017 13:44 Report dénoncer ce commentaire

      Trop chou ces autonomistes

      Comme les écossais, des pseudo-indépendantistes! Peuple en désarroi, peu sûr de son identité chancelante, cherche nouveau maître et reconnaissance d'autrui!! Pfff, on dirait une jeune ado hésitante cherchant le regard des garçons, et ça se prétend nationaliste!! MDR!!!

    • Pat Étic le 05.10.2017 16:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Sergi Agudas

      On dirait du vécu

  • Albion le 05.10.2017 11:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ambitions

    Que d'ambitions personnelles, quel aveuglenent.

  • Tof le 05.10.2017 11:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aie

    J'ai pu malheureusement naviguer dans certaines couche sociale catalane .les riches vivent entre eux et ne pensent qu'à deux choses montrer qui a la plus grosse et se faire un max de profit. la majeur partie du fait de leur histoire croient qu'il vont pouvoir ramassé les miettes pour eux car chacun se voit unique indispensable et méritant.

    • kuku le 05.10.2017 16:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Tof

      Enfin de compte c'est comme ici

  • gaston le fiston le 05.10.2017 10:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    non a l'independance

    n'importe quoi ces catalans !!! et après quoi ? la lombardie indépendante? la Flandre libre ? et le pire c'est qu'ils ne veulent même pas quitter l'ue , l'Espagne oui mais pas l'ue , un peu comme si tu divorce mais tu garde quand même ta belle mère avec toi ...

    • Jack le 05.10.2017 11:39 Report dénoncer ce commentaire

      @gaston le fiston

      Ben ils sont pas fous; sans l'ue et ses aides, c'est la mort assurée! Il faudrait des accords bilatéraux comme profite la Suisse, mais l'ue et l'Espagne ne voudront jamais

    • @gonzo le 05.10.2017 13:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @gaston le fiston

      et je verrai même bien indépendance of Genèva

    • Fisto le 05.10.2017 19:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @@gonzo

      Non du grand GENEVE de bleu

  • Moro Bobos le 05.10.2017 10:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Personne pour rattraper l'autre.

    Si le gouvernement espagnol veut une guerre civile, qu'il continue comme ça. Si les Espagnols ont la nostalgie des attentats de l'ETA, ça expliquerait bien des choses. Bien sûr que le référendum ne peut pas être regardé comme valable, étant donné les conditions dans lesquelles il s'est réalisé ; mais la réaction et la répression qui ont suivi ont été tellement stupides et excessives! Menaces, sanctions, arrestations, sans un seul mot d'amitié ou de compréhension pour les Catalans. Quant au discours récité par le souverain fantoche, rejeton d'une monarchie corrompue, il n'a rien apporté. Problème, il y a, personne ne peut le nier. Et on ne résout pas un problème par la répression aveugle, ni dans une dictature - car il en découle attentat, guérilla et guerre civile - ni dans une démocratie - car il survient alors sécession et déchirement entre les peuples.