France

29 avril 2009 12:49; Act: 29.04.2009 12:54 Print

Procès du «gang des barbares» accusé d'avoir torturé à mort un juifProcès du «gang des barbares» accusé d'avoir torturé à mort un juif

Le procès du «gang des barbares» et de son chef présumé, Youssouf Fofana, accusés d'avoir séquestré, torturé et assassiné un jeune juif français, Ilan Halimi, en 2006, s'est ouvert mercredi à Paris.

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IL intervient plus de trois ans après ce drame qui avait provoqué une grande émotion dans le pays.

Youssouf Fofana, 28 ans, d'origine ivoirienne, comparaît avec 26 complices présumés, dont certains avaient moins de 18 ans au moment des faits, devant la cour d'assises des mineurs de Paris, pour un procès qui doit durer dix semaines.

Le procès s'est ouvert en fin de matinée en présence du public et de nombreux journalistes. Youssouf Fofana, l'assassin présumé, collier de barbe et crâne rasé a été le premier accusé à entrer dans le box vêtu d'un sweat-shirt blanc. A son arrivée, il a levé un poing vers le ciel, lâchant «Allah vaincra».

Et dès l'appel des accusés effectué par la présidente Nadia Ajjan, il a continué la provocation. En guise de date de naissance, il a répondu : «le 13 février 2006, à Sainte-Geneviève-des-Bois», donnant ainsi la date et le lieu de la découverte - en banlieue parisienne - du corps agonisant du jeune Ilan.

Rapt en janvier 2006

En guise de nom, il a dit «africaine barbare armée révolte salafiste».

La présidente s'est elle contentée de lui signaler que ce n'était pas ce qui figurait sur ses documents.

Le 20 janvier 2006 à Paris, Ilan Halimi, 23 ans, un jeune vendeur de téléphones portables, était tombé dans un guet-apens tendu par le «gang des barbares» dans le but d'obtenir une forte rançon - qui n'a jamais été versée - en échange de sa libération.

Arrêté en février 2006

Vingt-quatre jours plus tard, il avait été retrouvé agonisant au bord d'une voie ferrée. Nu, bâillonné, le corps recouvert de brûlures, il est décédé pendant son transfert à l'hôpital.

A partir de la diffusion du portrait-robot d'une jeune femme chargée d'»appâter» des hommes présumés riches «parce que juifs», la police avait interpellé en février 2006 jusqu'à une trentaine de membres du «gang des barbares», implanté dans une cité populaire de Bagneux, près de la capitale.

La connotation antisémite retenue par la justice une semaine après la découverte du corps, le 13 février 2006, avait donné une dimension nationale à ce crime, à propos duquel le président Jacques Chirac avait lui alors promis de faire «toute la lumière».

Manifestation

Le 26 février, des dizaines de milliers de personnes avaient elles manifesté dans toute la France contre l'antisémitisme.

Neuf projets d'enlèvement ont été attribués au «gang des barbares» avant celui, accompli, d'Ilan Halimi.

Hormis Youssouf Fofana, qui encourt la réclusion à perpétuité, une quinzaine d'accusés doivent répondre de leur participation au rapt ou à la séquestration d'Ilan Halimi. D'autres comparaîtront libres pour les seuls chefs d'association de malfaiteurs ou de non dénonciation de crime.

(ats)