Ouragan

17 septembre 2017 21:33; Act: 18.09.2017 07:39 Print

Dix jours après Irma, Maria menace les Caraïbes

La Guadeloupe est passée en «alerte rouge cyclonique» en prévision du passage de l'ouragan. Paris a annoncé l'envoi sur place de 110 militaires supplémentaires de la protection civile.

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Les Caraïbes, ravagées par Irma il y a une dizaine de jours, se préparaient lundi à l'arrivée d'un nouvel ouragan, Maria, qui pourrait prendre de la puissance au fil des heures et causer d'importants dégâts.

Des alertes ouragan ont été déclenchées dès dimanche à Saint Kitts et Nevis ainsi qu'à Montserrat (Royaume-Uni), à la Dominique et dans les deux grandes îles des Antilles françaises, la Guadeloupe et la Martinique.

A 21h00 GMT dimanche, Maria, tempête tropicale jusqu'alors, a été requalifiée en ouragan de catégorie 1, le niveau le plus bas sur l'échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5, et son oeil était à 225 kilomètres au nord-est de la Barbade, selon le centre américain des ouragans (NHC). Il progressait à une vitesse de 24 km/h dans la direction ouest-nord-ouest.

«Selon la prévision de trajectoire, l'oeil de Maria doit passer au-dessus des Iles du Vent lundi soir, et mardi sur l'extrémité nord-est de la mer des Caraïbes», a indiqué le NHC. Le centre a averti que Maria pourrait engendrer une «dangereuse montée des eaux --de 1,2 à 1,8 mètre-- accompagnée de grosses vagues destructrices» lorsqu'elle passera au-dessus des Iles du Vent, un archipel séparant la mer des Caraïbes de l'océan Atlantique.

«Se mettre à l'abri»

Ont également été placées en état d'alerte les Iles Vierges britanniques et américaines, Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie, ainsi que Saint-Eustache et Saba dans les Antilles néerlandaises.

Maria pourrait prendre de la puissance à l'approche de la Guadeloupe. Il «n'est pas totalement exclu que Maria atteigne la catégorie 3 à son passage au plus près de la Guadeloupe», a averti Météo France, pour qui «cette menace doit être prise très au sérieux».

Les autorités de l'île française, placée en alerte rouge cyclonique à partir de lundi 12h00 locales (16h00 GMT), ont demandé «à chacun de ne plus se déplacer, de se mettre à l'abri, soit dans son habitation, soit dans un abri sûr, et de s'informer des conditions météo à la radio».

«Météo-France prévoit pour la Guadeloupe une forte houle avec des creux pouvant aller jusqu'à 10 mètres, des vents violents de 150 km/h à 180 km/h, avec des rafales jusqu'à 200 km/h, de fortes pluies pouvant aller jusqu'à 400 mm par endroit et qui se poursuivront sur toute la journée de mardi», ont-elles prévenu.

Les écoles y resteront fermées lundi, tandis que les administrations et les entreprises cesseront leurs activités à partir de 12h00.

En Martinique, en alerte orange, les autorités ont précisé que «ce phénomène météorologique risque de se traduire par des inondations causées par une houle importante et par des pluies orageuses dès la fin de (la) nuit» de lundi à mardi.

110 militaires sur zone

Tous les établissements scolaires et les crèches seront fermés lundi. Si une interruption générale des activités économiques n'est pas envisagée pour le moment, elles pourraient l'être «si les conditions météo l'exigeaient», ont indiqué les autorités.

Les Iles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, déjà ravagées le 6 septembre par l'ouragan Irma, de catégorie 5, restent pour leur part en vigilance jaune.

Alors que le gouvernement français a été accusé d'un manque d'anticipation lors du passage de l'ouragan Irma, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé dimanche l'envoi «dès ce soir de 110 militaires de la protection civile sur zone». rappelant qu'«environ 3000 personnes» se trouvent sur place «pour gérer les problèmes de sécurité, recommencer la reconstruction et veiller à l'approvisionnement». «Dans les prochaines heures nous projetons de pouvoir envoyer jusqu'à 400 à 500 personnes pour venir encore en renfort» si besoin, a-t-il ajouté.

La France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas sont au coeur de polémiques sur les moyens mis en oeuvre après le passage de l'ouragan Irma qui a dévasté leurs territoires d'outre-mer il y a une dizaine de jours.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique sont notamment accusés d'avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l'ouragan, qui a fait une quarantaine de morts aux Caraïbes.

(nxp/ats)