Scandale alimentaire

11 août 2017 09:02; Act: 11.08.2017 12:49 Print

Oeufs contaminés: 15 pays de l'UE et la Suisse touchés

La Commission européenne a fait savoir que 15 pays de l'Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, étaient touchés par la crise. Une réunion de crise sera convoquée.

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Quinze pays ainsi que la Suisse sont déjà affectés par cette contamination de millions d'oeufs dans l'Union européenne. (Photo: Keystone)

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Quinze pays de l'Union européenne, ainsi que la Suisse et Hong Kong, sont pour l'instant touchés par la crise des oeufs contaminés, a annoncé vendredi la Commission européenne.

Dans l'UE, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, la France, la Suède, le Royaume-Uni, l'Autriche, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et le Danemark sont concernés, a précisé un porte-parole de l'exécutif européen lors d'un point presse.

Réunion de crise

Par ailleurs, la Commission européenne va convoquer les pays de l'UE touchés par le scandale des oeufs contaminés au fipronil dès que l'ensemble des faits seront établis, a annoncé vendredi à l'AFP le commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis.

«J'ai proposé de tenir une réunion de haut niveau rassemblant les ministres concernés ainsi que les représentants des agences de sécurité alimentaires dans tous les Etats membres impliqués, dès que l'ensemble des faits sera à notre disposition», a indiqué M. Andriukaitis dans un message écrit, précisant en avoir déjà discuté avec les ministres allemand, belge et néerlandais.

La Belgique et les Pays-Bas, où la contamination s'est produite, sont mobilisés pour en trouver les responsables: les enquêtes menées dans ces deux pays se sont accélérées jeudi, menant à l'arrestation de deux dirigeants d'une entreprise néerlandaise qui a vraisemblablement appliqué le produit dans des poulaillers, lors d'un traitement contre le pou rouge.

«Nous devons examiner en détail ce qui s'est passé. Nous avons besoin d'une analyse complète de ce cas. Nous avons besoin que nos experts identifient où les problèmes ont pu surgir pour que nous soyions capables de nous asseoir et discuter de solutions et de la marche à poursuivre», a expliqué le commissaire.

Tensions

Des tensions sont apparues entre Etats membres. Le ministre belge de l'Agriculture a accusé les Pays-Bas de ne pas avoir prévenu ses voisins après avoir été alerté, dès novembre 2016, d'une possible utilisation frauduleuse de fipronil dans la désinfection de poulaillers, alors que l'insecticide est strictement interdit pour les animaux destinés à la consommation.

Sous le feu des critiques, le gouvernement néerlandais a reconnu, par la voix de la ministre de la Santé sur un plateau télévisé jeudi soir, que «des erreurs» avaient été commises dans la gestion du scandale des oeufs contaminés. Mais elle réfute toujours toute accusation de négligence.

Erreurs commises

«Dans toute crise, des erreurs sont commises. C'est absolument le cas pour celle-ci», a reconnu Edith Schippers devant les caméras. Mais elle a maintenu que le gouvernement, accusé de ne pas avoir transmis l'information plus tôt que de nombreux oeufs néerlandais était contaminés par un insecticide, «ne pouvait pas empiéter sur le temps de l'enquête judiciaire et des analyses» des échantillons prélevés.

«Nous étions bien au courant d'un signalement de la présence de fipronil dans un élevage de poules pondeuses en novembre 2016, mais il n'y avait aucune indication que du fipronil s'était retrouvé dans les oeufs à ce moment-là», a répété Edith Schippers lors de sa première prise de parole publique depuis le début de l'affaire.

La gestion de La Haye de ce signalement reçu l'an dernier par le NVWA, l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire, fait l'objet de critiques de responsables politiques de plusieurs pays européens touchés par le scandale des oeufs contaminés.

Jeudi, le gouvernement néerlandais avait déjà reconnu que, «rétrospectivement» et «avec la connaissance d'aujourd'hui sur l'ampleur de l'utilisation et de la présence de fipronil dans les oeufs», l'agence de sécurité alimentaire NVWA «aurait dû conseiller des mesures pour faire respecter la loi».

«Une fois cette crise derrière nous, nous analyserons le rôle de chacun, le mien, celui du NVWA... et nous en tirerons des conclusions», a ajouté la ministre de la Santé sortante. «Aurions-nous pu aller plus vite? C'est ce que nous devrons analyser, et je pense qu'il faudra associer la Commission européenne à cela».

(nxp/afp)