Genève

21 janvier 2016 19:27; Act: 21.01.2016 19:45 Print

La politique d'asile danoise tancée à l'ONU

Devant le Conseil des Droits de l'homme, Copenhague a essuyé les critiques pour sa réforme controversée du droit d'asile.

storybild

Le palais des Nations Unies à Genève. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Pendant plus de 3 heures et demie, le chef de la diplomatie danoise, Kristian Jensen, a essuyé les critiques d'une partie des 87 diplomates réunis. Le représentant américain Keith Harper a été l'un des plus virulents à l'égard de la réforme qui sera présentée le 26 janvier au parlement danois. A Davos, son voisin suédois a lancé un xième appel à la solidarité européenne.

Kristian Jensen a affirmé que toutes ces critiques découlaient de «graves malentendus» car «le système de protection sociale danois est basé sur le principe très simple que l'Etat paye pour ceux qui sont incapables de se prendre en charge, pas pour ceux qui le peuvent».

Le ministre a expliqué que la confiscation des liquidités des migrants au-delà de 10'000 couronnes danoises (1465 francs) et de leurs effets personnels excédant 10'000 couronnes, contribuerait à couvrir les frais de leur séjour. Il a précisé que les alliances et les objets ayant une valeur sentimentale ne seraient pas confisqués.

Discours haineux

Mais d'autres aspects de la réforme inquiètent les organisations internationales: la diminution des droits sociaux et l'allongement des délais de regroupement familial et d'octroi du permis de séjour permanent. Copenhague veut ainsi porter de un an actuellement à trois ans le délai avant lequel le regroupement familial est ouvert aux demandeurs d'asile ne jouissant pas du statut de réfugié.

La représentante de la Suède à Genève, Veronika Bard, a déclaré comprendre les défis auxquels est confronté son voisin, mais a dit que la Suède était «préoccupée par l'évolution du discours public au Danemark à l'égard des migrants, qui parfois tourne à la haine».

Solidarité

La directrice adjointe de l'Europe à Amnesty International, Gauri van Gulik, y voit une «discrimination» aux dépens d'une catégorie de migrants particulièrement fragiles. Les députés européens se pencheront sur le projet de loi danois lundi prochain, lors d'une discussion au sein de la commission des Libertés civiles du Parlement.

A Davos, au Forum économique, la Suède a également demandé à ses partenaires européens à prendre leur part de migrants au nom de la solidarité. Leur afflux avait rendu à la fin de l'année dernière la situation «insoutenable» en Suède, forçant les autorités à limiter les entrées dans le pays, selon le Premier ministre Stefan Löfven.

Les pays européens ont environ deux mois pour trouver une approche commune à la gestion de la crise des migrants sinon l'avenir de l'Union européenne sera menacé, a-t-il estimé dans les Grisons.

Tension en Allemagne

Les relations s'enveniment aussi en Allemagne entre la CDU d'Angela Merkel et son aile plus conservatrice bavaroise. L'Allemagne a le devoir de contrôler ses frontières pour endiguer l'afflux de migrants si l'UE n'est pas en mesure de garder ses frontières extérieures, a déclaré Horst Seehofer, patron de la CSU.

«Si les choses continuent comme cela, nous aurons cette année plus de réfugiés que l'an dernier», a-t-il menacé en ajoutant que si les membres des familles les rejoignaient, trois millions de réfugiés voire davantage pourraient arriver en Allemagne. «Ce sera alors un pays différent. Et les gens ne veulent pas que l'Allemagne, ou la Bavière, devienne un pays différent», a-t-il poursuivi.

Réouverture en Macédoine

La Macédoine a de son côté rouvert jeudi sa frontière avec la Grèce aux migrants, mais uniquement à ceux qui ont déclaré vouloir demander l'asile en Autriche et en Allemagne, selon un responsable de la police. Les premiers réfugiés, sur près de 2000 bloqués sur place, ont pu franchir la frontière, a noté sur place côté grec.

Mercredi, la Macédoine avait fermé sa frontière avec la Grèce, assurant qu'il s'agissait d'une mesure «temporaire» à la demande de la Slovénie.

(nxp/ats)