Japon

28 décembre 2016 07:51; Act: 28.12.2016 08:06 Print

Le suicide d'une employée brisée pousse l'Etat à agir

Il y a un an, une jeune employée d'une agence de publicité mettait fin à ses jours, détruite par un travail harassant. Les autorités japonaises ont décidé d'agir.

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La mère de Matsuri se bat désormais pour que sa fille ne soit pas morte en vain. (Photo: Twitter)

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Les autorités japonaises ont annoncé mercredi avoir décidé de poursuivre en justice l'agence de publicité Dentsu et l'un de ses dirigeants après le suicide d'une salariée, une mort attribuée au surmenage.

«Il faut mettre fin aux trop longues heures de labeur», a déclaré le porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse.

Il y a tout juste un an, Matsuri Takahashi, une jeune recrue du géant de la pub, avait mis fin à ses jours après s'être plainte des heures supplémentaires sans fin et des vilaines réflexions d'un supérieur.

Son décès a été reconnu en septembre comme un cas de «karoshi» (mort par excès de travail) et a été hautement médiatisé, ce au moment où le Premier ministre Shinzo Abe s'est juré d'attirer plus de femmes dans les entreprises et de changer la façon de travailler des Japonais.

«Il est important de créer un meilleur environnement de travail pour que les femmes et les personnes âgées puissent aussi participer à la vie active», a insisté mercredi M. Suga, rappelant que le Japon manque de main-d'oeuvre.

Au delà de la zone de risque

L'enquête conduite par les services sanitaires de Tokyo a montré que d'autres salariés étaient contraints de trimer plus que de raison, même si Dentsu, société de premier plan, avait déjà été épinglée au début des années 1990 pour un cas similaire et que l'entreprise a été mise en garde à maintes reprises par la suite pour ses pratiques jugées illégales.

La jeune Takahashi avait travaillé jusqu'à plus de 100 heures supplémentaires par mois, dépassant largement la barre des 80 heures supplémentaires mensuelles considérée comme l'entrée dans la zone de risque de «karoshi».

La loi japonaise fixe la durée du travail à 40 heures par semaine et plafonne en théorie les heures supplémentaires, mais cette limite saute en cas d'accord d'entreprise.

(nxp/afp)