New York

19 septembre 2017 16:41; Act: 19.09.2017 21:50 Print

A l'ONU, Trump menace de «détruire» Pyongyang

Le président américain s'en est fermement pris mardi devant l'ONU à la Corée du Nord, un «régime vicieux», menaçant de «détruire totalement» ce pays en cas d'attaque de Pyongyang.

Donald Trump à la tribune de l'ONU ce 19 septembre 2017.

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Le président américain Donald Trump a menacé mardi de «détruire totalement» la Corée du Nord et de remettre en cause l'accord nucléaire avec l'Iran, dans un discours belliqueux devant l'Assemblée générale de l'ONU. Egalement présente à New York, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a plaidé en faveur d'une ONU «forte» et «performante».

Alors que le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait ouvert les débats en plaidant pour un «monde sans armes nucléaires» et une «solution politique» à la crise coréenne, le président américain s'en est pris violemment au «régime vicieux» de Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un s'est embarqué dans «une mission-suicide», a lancé le président américain, le qualifiant à nouveau d'«homme-fusée».

Dénonçant les «Etats voyous» qui «violent tous les principes sur lesquels reposent les Nations unies», Donald Trump a également attaqué l'Iran. Il a à nouveau dénoncé l'accord signé par les grandes puissances avec Téhéran pour encadrer le programme nucléaire de ce pays et s'assurer qu'il ne serve pas à le doter de l'arme atomique.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a aussitôt dénoncé un «discours de haine» tandis que son président Hassan Rohani, qui s'exprimera mercredi à la tribune de l'ONU, a estimé que plus personne ne fera confiance aux Etats-Unis si Washington se retire de l'accord. A l'inverse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué le discours «le plus courageux» jamais entendu «en plus de trente ans d'expérience avec l'ONU».

Vision unilatéraliste

Pyongyang et Téhéran sont les «deux bêtes noires» des Etats-Unis depuis l'arrivée à la Maison Blanche en janvier du milliardaire américain. Parmi ses autres cibles, le Venezuela. Le président américain a dénoncé une «situation inacceptable» dans la «dictature socialiste» du président Nicolas Maduro.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne lui a répondu en l'accusant de reprendre des théories «racistes».

Donald Trump, qui avait salué lundi les nobles objectifs de multilatéralisme de l'ONU tout en dénonçant sa «bureaucratie», a également averti qu'il «placerait toujours l'Amérique d'abord» et que l'armée américaine serait «bientôt plus forte que jamais».

Des pays «indépendants» et «forts» sont à la base de l'ordre mondial, a-t-il fait valoir, défendant une vision unilatéraliste du monde.

Pas de chacun pour soi

Par contraste, Antonio Guterres a averti contre le risque de guerre avec la Corée du Nord et appelé, en début de journée, le Conseil de sécurité «à maintenir son unité» car «seule l'unité permettra de dénucléariser la Péninsule coréenne et (...) créer la possibilité d'un engagement diplomatique pour résoudre la crise».

Au rang des autres orateurs s'exprimant mardi à la tribune des Nations Unies figurait notamment la présidente de la Confédération, Doris Leuthard. Elle a plaidé en faveur d'une ONU «forte» et «performante». «Le 'chacun pour soi' n'est pas une option envisageable».

«Aucun pays, aucun acteur sur la scène mondiale n'est en mesure de trouver, seul, les réponses aux défis d'aujourd'hui», a souligné Doris Leuthard. Trop grands et trop complexes, ils concernent l'ensemble de la communauté internationale. «Qu'il faille encore le rappeler à l'heure actuelle est un signe qui doit nous alerter!», a-t-elle lancé.

Accord pas renégocié

S'exprimant pour la première fois dans l'hémicycle des 193 Etats membres des Nations unies, le président français Emmanuel Macron s'est lui fait le chantre d'un «multilatéralisme» plus efficace, s'opposant clairement à son homologue américain sur plusieurs sujets-clés, dont l'Iran et le climat.

Outre le texte sur l'Iran, le président français a défendu l'accord de Paris de 2015 sur le climat et visant à limiter le réchauffement de la planète: il «ne sera pas renégocié» malgré le retrait américain, a-t-il affirmé tout en laissant la porte «ouverte» aux Etats-Unis s'ils changeaient d'avis. Mais Donald Trump a passé sous silence dans son discours ce sujet crucial.

Emmanuel Macron a aussi dénoncé le «nettoyage ethnique» contre la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie, une crise comparée par le Nigérian Muhammadu Buhari au génocide de 1994 au Rwanda et aux massacres de 1995 en Bosnie.

Le président français a en outre appelé de ses voeux la création d'un «groupe de contact» réunissant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et les «parties prenantes» au conflit en Syrie, pour favoriser une solution politique. Sans faire de sa destitution un préalable, le chef de l'Etat français a estimé que le président syrien Bachar el-Assad était «un criminel» qui «devra être jugé».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jose Amore le 19.09.2017 17:31 Report dénoncer ce commentaire

    Lam terre ma patrie

    Parce que le USA ne sont pas des voyous ? Si on en est là aujourd'hui, c'est entre autre de votre faute amigo TRUMP. Allez faire mumuse avec vos engins destructeurs loin de cette belle planète, qui est celle de tous !

  • DATA le 19.09.2017 17:19 Report dénoncer ce commentaire

    Pas la même analyse !

    Mon impression est que la Corée du Nord fait tout les effort possible pour avoir la bombe nucléaire dans le simple but de ne pas être attaquée. Si on se souvient du passé, ce sont les USA qui ont rasé la Corée du Nord dans les années 50 et pas l'inverse, de la on peut comprendre qu'ils aimeraient avoir une assurance. Pour faire le parallèle, je ne me souvient pas Kim avoir menacé de détruire totalement les USA comme le fait M.Trump.

  • Jules Brodard le 19.09.2017 17:13 Report dénoncer ce commentaire

    En bon français ...

    ... on appelle ça un truisme. Ou une lapalissade. Ou enfoncer une porte ouverte. C'est pour cela d'ailleurs que Kim Jong Un n'est pas à craindre. Ce matin à la radio dans "Tout un monde" un expert parlait de la bombe atomique pakistanaise. Il est hors de question que le Pakistan l'utilise contre l'Inde, autre puissance nucléaire, mais le Pakistan (comme l'Inde) est assoiffé de RECONNAISSANCE et un peu frustré après la colonisation anglaise. Idem pour la Corée du Nord. Il ne faut pas craindre ces pays mais leur témoigner cette reconnaissance qui les rendra tout heureux et paisibles.

Les derniers commentaires

  • José le 25.09.2017 15:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Interprétation fausse

    D'après mes recherches, Trump n'a jamais parlé de détruire Pyongyang, il a dit si la Corée du Nord et Pyongyang nous attaques, les USA seront obligés de se défendre.... Méfiez-vous de la presse, moi je vous le dit

  • Elhi86 le 21.09.2017 17:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    !!!!!

    Je pense que M. Trump se perd un peu... Voir beaucoup... Il mène son pays droit dans le mur ...

  • Frodon112 le 20.09.2017 10:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trumperie de plus

    Et encore, comment mettre de lhuile sur le feu. Alors que les Nord-Coréens demandent à négocier directement avec les USA. Trop nul

  • Alain Terrieur le 20.09.2017 10:16 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut bien comprendre

    que pendant la seule 2 eme guerre mondiale, les bombardement américains sur les populations ont fait pratiquement autant de victimes civiles que la shoah sans être inquiètés. Alors quand un president US menace de rayer un pays et ses habitants, c' est une menace sérieuse.

  • mi mo le 20.09.2017 10:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    boum

    chouette on a besoin de place. Un p'tit coup aussi plus bas et c'est jackpot et le plein emploi