Evasion fiscale

11 mars 2010 11:59; Act: 11.03.2010 12:03 Print

Une fiduciaire luganaise dans le collimateur des enquêteurs italiensUne fiduciaire luganaise dans le collimateur des enquêteurs italiens

Une société-conseil de Lugano, active depuis 1979 dans le domaine fiscal, aurait permis à des clients italiens de dissimuler au fisc quelque 100 millions d'euros (environ 146 millions de francs).

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La «Guardia di finanza» (police financière) de Milan l'a annoncé mercredi au terme de son enquête.

Par le biais de deux de ses conseillers - arrêtés en octobre dernier en Italie dans le cadre d'une autre affaire - la société luganaise proposait ses services à des clients italiens, «désireux de mieux faire fructifier leurs capitaux tout en payant moins d'impôts.»

Selon les enquêteurs italiens toutefois, au travers de propositions d'»international tax planning» et autres avantages fiscaux, «un véritable système d'évasion et de constitution de fonds noirs à l'étranger avait été mis au point.»

La société fiduciaire de Lugano offrait à ses clients la possibilité de recourir à des «factures fictives émises par des sociétés créées ad hoc en Grande-Bretagne, Hollande, Autriche et Hong-Kong», dissimulant ainsi leurs capitaux au fisc italien.

La société rejette les accusations

L'enquête a démarré à Milan à la suite de la découverte d'irrégularités comptables concernant la bonification d'un terrain dans la périphérie milanaise. Les détails de l'opération ont été dévoilés mercredi à Milan par la «Guardia di finanza», a indiqué l'agence italienne de presse Ansa.

Le même jour, la police financière a effectué des perquisitions dans 53 sociétés et 16 études commerciales en Lombardie, Emilie- Romagne, Vénétie, Lazio et Campanie. Au total, 80 personnes seraient impliquées dans cette affaire d'évasion. Il s'agit de petits et moyens entrepreneurs, de conseillers fiscaux et d'un avocat.

Contactée jeudi par l'ATS, la société-conseil luganaise a rejeté toutes les accusations: «Nous ne sommes au courant de rien, nous avons toujours respecté les normes fiscales en vigueur», a précisé une porte-parole. Elle a souligné que l'un des deux conseillers arrêtés en octobre dernier à Milan ne travaillait plus pour la société, laquelle «n'est pas sous enquête et n'a pas été perquisitionnée».

(ats)