Singapour

30 juillet 2010 11:28; Act: 30.07.2010 11:33 Print

Gare à ceux qui critiquent la peine capitaleGare à ceux qui critiquent la peine capitale

Un écrivain britannique a comparu vendredi devant un tribunal de Singapour, où il risque une peine de prison pour avoir mis en cause la peine de mort dans la ville-Etat.

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Alan Shadrake a critiqué la peine de mort. Mal lui en a pris. (photo: Reuters)

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Alan Shadrake, journaliste indépendant de 75 ans, a été arrêté le 17 juillet par la police au lendemain de la présentation de son livre «Once a Jolly Hangman: Singapore Justice in the Dock» («Il était une fois un joyeux bourreau: la justice singapourienne sur le banc des accusés»).

Soupçonné de diffamation, l'auteur a affirmé vendredi sa détermination à se défendre devant le tribunal, qui lui a accordé deux semaines pour préparer sa défense. «Je ne suis pas un lâche. Je veux être jugé. (...) Si je reculais, cela signifierait que je suis coupable», a-t-il déclaré à la presse à l'issue de la première audience.

Il risque deux ans de prison

Shadrake, passible de deux ans de prison, s'est vu retirer son passeport et a interdiction de quitter Singapour.
Son livre fait le portrait d'un bourreau retraité de la prison de Changi, Darshan Singh, qui a exécuté, selon l'auteur, un millier de condamnés singapouriens ou étrangers en un demi-siècle. Shadrake y met en question l'impartialité et l'indépendance de la justice dans l'application de la peine capitale.

Des associations de défense des droits de l'Homme, comme Reporters sans Frontière ou Amnesty, ont réclamé la levée des poursuites.
«Si Singapour aspire à devenir un centre mondial des médias, il doit respecter les standards internationaux de liberté d'expression», a déclaré Donna Guest, chargée de l'Asie-Pacifique à Amnesty.
L'auteur a affirmé que les poursuites étaient contre-productives pour Singapour car son livre «se vend comme des petits pains» dans la Malaisie voisine.

Taux d'exécutions très élevé

Selon Amnesty, Singapour a exécuté 420 personnes entre 1991 et 2004, l'un des ratios les plus élevés au monde au regard de sa population de cinq millions d'habitants. La peine de mort y est prononcée pour quiconque est arrêté en possession de plus de 15 grammes d'héroïne, 30 gr de cocaïne ou 500 grammes de cannabis.

(afp)