Diplomatie

02 février 2017 05:07; Act: 02.02.2017 05:07 Print

Poutine en Hongrie chez l'un de ses alliés en UE

Le président russe doit rencontrer jeudi le Premier ministre hongrois afin de relancer les liens entre les deux pays.

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Vladimir Poutine à Moscou. (Mercredi 1er février 2017) (Photo: Keystone)

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Le président russe Vladimir Poutine est attendu jeudi en Hongrie pour rencontrer le Premier ministre hongrois Viktor Orban, l'un des principaux alliés de Moscou au sein de l'Union européenne. Cette visite est censée relancer la coopération économique entre les deux pays malgré les sanctions européennes contre Moscou.

Il s'agit de la première visite du chef de l'Etat russe dans un pays de l'Union européenne depuis juillet 2016 lorsqu'il s'était rendu en Slovénie. C'est également le premier voyage en Europe de Vladimir Poutine depuis l'investiture du président américain Donald Trump. Le Kremlin espère une amélioration de ses relations avec les Etats-Unis ainsi que la levée des sanctions américaines décrétées en 2014 contre Moscou.

Viktor Orban, un soutien de Donald Trump, est partisan de la levée des sanctions imposées par l'UE à la Russie en raison de la crise ukrainienne, et ce déplacement de Vladimir Poutine à Budapest «témoigne des relations personnelles de confiance» entre les deux dirigeants, souligne le Kremlin.

Soutien de Budapest à la levée des sanctions contre Moscou

Les deux hommes se sont ainsi rencontrés tous les ans au cours des six dernières années, la rencontre de jeudi étant leur septième depuis 2010. En février 2015, Viktor Orban avait été le premier dirigeant européen à recevoir le président russe après l'annexion en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie.

De son côté, Vladimir Poutine souhaite manifester aujourd'hui «son soutien à un pays qui prône de bonnes relations avec la Russie et la levée des sanctions» antirusses, a expliqué à l'AFP l'analyste politique russe Fiodor Loukianov.

«L'attention principale sera accordée au développement des contacts économiques», a déclaré à la presse Iouri Ouchakov, conseiller du président russe, à la veille de la visite. Une baisse spectaculaire des échanges commerciaux entre les deux pays en trois ans et un «dynamisme négatif» des investissements sont l'objet de «préoccupation à Budapest et à Moscou et n'arrangent pas» les deux parties, souligne Iouri Ouchakov.

Relancer la coopération économique

Ainsi, des «mesures concrètes visant à relancer la coopération économique» pourraient être fixées lors de cette visite où Vladimir Poutine sera accompagné de ses ministres de l'Economie, de l'Energie, de l'Industrie et du Commerce.

Selon le chef de la diplomatie hongroise, Peter Szijjarto, les sanctions ont fait perdre quelque 6,5 milliards de dollars de revenus d'exportation à la Hongrie en trois ans.

Moscou et Budapest envisagent également de renforcer la coopération dans le domaine énergétique, selon Iouri Ouchakov. Le conseiller du Kremlin a notamment rappelé la «grande importance» de la construction par le groupe public russe Rosatom de deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Paks, près de Budapest, pour 12 milliards d'euros dont 10 milliards prêtés par Moscou.

La Commission européenne avait ouvert fin 2015 une enquête approfondie afin de voir si ce projet, attribué sans appel d'offres, était viable économiquement et conforme aux règles existantes en matière de concurrence. Pour le Kremlin, il ne s'agit cependant que de «tracasseries gratuites», assure Iouri Ouchakov. Le chantier doit commencer en 2018 et le premier réacteur entrer en service en 2023.

Le facteur Trump

Si la Hongrie a déjà critiqué les sanctions contre Moscou, «elle n'a jamais officiellement voté contre», rappelle à l'AFP Andras Deak, chercheur à l'Institut d'économie internationale à Budapest.

«Cela pourrait changer: Viktor Orban va faire un pas de plus vers Vladimir Poutine dans cette rhétorique en raison du changement de contexte international dû à l'élection du nouveau président américain» Donald Trump, estime-t-il.

Selon le chef de la diplomatie hongroise, cette visite permettra notamment à Viktor Orban, qui avait été l'un des rares chefs d'exécutif à exprimer ouvertement son soutien à Donald Trump durant sa campagne, «d'entendre le point de vue russe à propos des possibilités d'un rapprochement entre la Russie et les Etats-Unis».

Lors de leur première conversation téléphonique le 29 janvier, Vladimir Poutine et Donald Trump ont convenu de développer des relations «d'égal à égal» et ont dit souhaiter organiser une rencontre, mais ont évité le délicat sujet des sanctions.

(nxp/afp)