Islam

10 novembre 2017 15:22; Act: 10.11.2017 15:22 Print

«Pas d'imams importés en Belgique»

L'offre de l'Arabie saoudite pour former des imams et prêcheurs dans le Plat Pays a été plutôt mal accueillie par le secrétaire d'Etat belge à la Migration Theo Francken.

storybild

Le secrétaire d'Etat belge à la Migration Theo Francken s'oppose à toute influence étrangère dans l'islam. (Photo: Keystone)

Une faute?

Le secrétaire d'Etat belge à la Migration Theo Francken (N-VA) a affiché vendredi son opposition à la présence en Belgique d'«imams importés», au moment où la diplomatie belge entame des discussions sensibles avec Ryad sur ses liens avec la grande mosquée de Bruxelles.

«L'influence étrangère sur l'islam (en Belgique, ndlr) doit diminuer, pas augmenter. Les imams importés je ne les laisse plus rentrer», a tweeté Theo Francken, dont le franc-parler sur ce réseau social a déjà maintes fois suscité la polémique. «Prennent-ils leurs distance d'avec le wahhabisme? Là est la question», a-t-il écrit dans un autre tweet.

Une offre malvenue

Le secrétaire d'Etat issu de la N-VA (nationalistes flamands) commentait ainsi un article d'un média arabe affirmant que «l'Arabie saoudite offre son expertise pour former des imams et prêcheurs en Belgique».

Selon Arab News, Ibrahim Al-Zaid, conseiller spécial au ministère saoudien des Affaires islamiques, a fait cette proposition à l'occasion d'une rencontre en début de semaine avec une délégation belge emmenée par Dirk Achten, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

Sollicité par l'AFP, le ministère à Bruxelles a confirmé ce déplacement, et laissé entendre en langage diplomatique que l'offre saoudienne avait été déclinée. «Il n'entre pas dans nos intentions d'approfondir la proposition de l'Arabie Saoudite de participer à la formation des imams en Belgique», a répondu un porte-parole.

La Grande mosquée de Bruxelles inquiète

Quant à l'objet de la visite officielle, il s'agissait d'entamer des discussions «sur la question de l'influence de l'Arabie Saoudite dans l'organisation et le financement du culte musulman en Belgique».

Cette question a été longuement abordée par la commission d'enquête parlementaire sur les attentats djihadistes de Bruxelles (32 morts le 22 mars 2016), qui a récemment rendu publiques ses recommandations.

Il est notamment suggéré au gouvernement belge de rompre la convention ayant confié la gestion de la Grande mosquée de Bruxelles à l'Arabie saoudite il y a un demi-siècle. La commission d'enquête a fustigé l'islam «salafo-wahhabite» prêché dans ce lieu de culte emblématique de l'islam en Belgique.

Elle a aussi préconisé un examen à la loupe de l'islam pratiqué dans le pays, souhaitant notamment que les imams en exercice apprennent au moins l'une des langues nationales (néerlandais, français et allemand).

Il s'agit désormais d'expliquer cela aux Saoudiens: «La Belgique souhaite plus de transparence dans les flux de trésorerie d'Arabie saoudite vers la Belgique et a proposé d'entamer des négociations là-dessus», a indiqué un porte-parole de la diplomatie belge au quotidien flamand De Morgen.

Selon ce journal, un représentant de l'Ocam, l'organisme belge chargé d'analyser la menace terroriste, participait à la mission diplomatique à Ryad. Celle-ci a rencontré entre autres le numéro un de la Ligue islamique mondiale, Mohamed Ibn AbdelKarim Al Issa, précise De Morgen.

(nxp/afp)