Manifestations au Venezuela

20 avril 2017 12:08; Act: 20.04.2017 12:21 Print

«Il faut sortir de cette dictature»

D’importantes manifestations contre le pouvoir en place ont fait trois morts mercredi, portant à huit le nombre de décès depuis le début de la crise. Jeudi, de nouveaux rassemblements sont prévus.

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L’opposition vénézuélienne appelle à de nouvelles manifestations contre le président Nicolas Maduro jeudi, au lendemain de vastes rassemblements au cours desquels trois personnes ont été tuées et une trentaine arrêtées. Des troubles sporadiques se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi dans certains quartiers de Caracas et d’autres villes, avec des pillages de boulangeries et de supermarchés.

Le gouvernement de M. Maduro a dénoncé «l’interventionnisme» des Etats-Unis, après des déclarations du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson affirmant que le pouvoir vénézuélien «viole sa propre Constitution». M. Tillerson s’est également dit «préoccupé» par la situation dans ce pays, où huit personnes ont été tuées en trois semaines de contestation.

«Le monde et le Venezuela sont profondément préoccupés par les récentes bombes lancées par les Etats-Unis sur la Syrie et l’Afghanistan», a rétorqué sur Twitter la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez.

Mercredi en fin de journée, le dirigeant de l’opposition, Henrique Capriles, a donné rendez-vous aux manifestants. «Demain à la même heure, nous appelons le peuple vénézuélien tout entier à se mobiliser», a-t-il dit lors d’une conférence de presse de la Table de l’union démocratique (MUD), la coalition de l’opposition.

Huit personnes ont été tuées et plus de 500 arrêtées en trois semaines, selon l’ONG Foro Penal, dans ce pays qui vit une grave crise politique et économique et où l’opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, veut obtenir le départ anticipé du président socialiste.



Des centaines de milliers d’opposants ont défilé mercredi à Caracas et dans de nombreuses autres villes du Venezuela.

«Rien à manger»

Un adolescent de 17 ans et une jeune femme de 23 ans ont été tués, respectivement à Caracas et San Cristobal (ouest, à la frontière avec la Colombie), par les tirs d’inconnus encagoulés à moto, selon le Parquet.

D’après des témoins, les auteurs des tirs font partie dans les deux cas des «colectivos», des groupes de civils armés par le gouvernement selon l’opposition.


Parallèlement, un militaire a été tué par des manifestants dans la périphérie de Caracas, a affirmé en soirée à la télévision l’un des principaux responsables du pouvoir, Diosdado Cabello.


Le Parquet a confirmé à l’AFP la mort d’un militaire.

Pendant la journée, dans un climat extrêmement tendu, les accès de la capitale ont été bloqués par un important déploiement policier et militaire, qui repoussait avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc les manifestants, lesquels répliquaient avec des pierres et des cocktails Molotov.

«Il faut sortir de cette dictature. Nous sommes fatigués, nous voulons des élections pour que Maduro s’en aille du pouvoir, car il a détruit le pays», a déclaré une manifestante, Ingrid Chacon, secrétaire de 54 ans brandissant le drapeau jaune, bleu et rouge du Venezuela.

«Nous n’avons rien à manger dans le réfrigérateur. J’ai un enfant de deux ans et je suis au chômage, tout ça par la faute de Maduro», a confié à l’AFP Jean Tovar, 32 ans, des pierres plein les mains.

Dans la capitale et parfois à quelques mètres seulement de leurs adversaires, les chavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, 1999-2013) manifestaient en faveur du chef de l’Etat, certains brûlant des drapeaux américains en signe de colère.

De nombreux commerces et stations de métro de Caracas étaient fermés. Deux chaînes de télévision, El Tiempo (Colombie) et Todo Noticias (Argentine) ont indiqué avoir été coupées au Venezuela durant les manifestations mercredi.

Pression internationale

M. Maduro a activé depuis mardi un plan de défense renforçant la présence policière et militaire. Mercredi, il a annoncé l’arrestation de 30 personnes, accusées de vouloir provoquer des violences lors des manifestations, ajoutant être, grâce à son plan de défense, «en train de démanteler le coup d’Etat terroriste» fomenté selon lui par les Etats-Unis.

Washington a rejeté ces accusations «infondées et déraisonnables» par la voix de son représentant intérimaire à l’Organisation des Etats américains (OEA), Kevin Sullivan.

La vague de manifestations a débuté le 1er avril quand la Cour suprême s’est arrogé les prérogatives du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l’a poussée à revenir en arrière 48 heures plus tard.

L’opposition a dénoncé une tentative de coup d’Etat, mais cet épisode lui a aussi donné un nouveau souffle.

Toute échéance électorale est risquée pour Nicolas Maduro, dont sept Vénézuéliens sur 10 souhaitent le départ. Il a pourtant assuré mercredi souhaiter des élections «bientôt», pour «gagner définitivement» la bataille.

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • reggaetonflow le 20.04.2017 13:29 Report dénoncer ce commentaire

    lecommunisme ou lemépris suprêmedupeuple

    le président est en train d'humilier ses concitoyens. J'ai deux amies de 30 ans qui vivent là-bas et qui m'expliquent qu'elles partageaient autrefois les mêmes rêves que les autres citoyens sud-américains: voyager, faire des études, avoir un bon job, etc. Aujourd'hui, l'une d'elle, anesthésiste, perçoit l'équivalent de 64 dollars PAR MOIS. Tous se sentent emprisonnés, pris en otage, dans leur propre pays: je peux vous dire que chaque jour ce peuple souffre car un homme fait tout pour ne pas quitter le pouvoir de peur de ce qui l'attendrait pas: jugement, prison, exil ou je ne sais quoi encore

  • FF le 20.04.2017 15:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Asta la vitoria

    C'est pas le modèle dont rêve Mélenchon pour la France ça ? Réfléchissez bien ami français

  • Deeznutz le 20.04.2017 15:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La vraie dictature n'est pas au vénézuela

    C'est tout de même étrange qu'il y ait toujours des manifestations dans tout les pays qui s'opposent au vrai dictateur mondial qui decide de lâcher des bombes quand bon lui semble sans même l'aval de l'ONU et qui ne s'excuse jamais des dommages collatéraux. Ce dictateur qui pose des sanctions economiques qui sont l'une des véritables raisons de la crise dans tout ces pays victimes. Il leur suffit ensuite de manigancer des rebellions par ci par la et hop, on installe un gouvernement fantoche. Comment voulez-vous que ces pauvres petit pays n'aient pas un régime autoritaire qui surveille tout, si les "grand pays" font tout pour s'approprier leurs ressources en utilisant le peuple pour qu'ils se retournent contre leur président? P.S.J'avais oublié qu'il existe d'autres régimes autoritaires comme nos chers amis qui bombardent le Yemen sans aucune contestations du grand dictateur... On se demande pourquoi

Les derniers commentaires

  • Rols le 21.04.2017 01:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    un coup de balais devant toutes les ecuries s impo

    et que pensez vous de la dictature sournoise européenne , pas mieux , pour moi.

  • Bernard Leschat le 20.04.2017 19:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pensées

    En tous c'est fichu pour les vacances au Venezuela et mes pensées vont à un pote bloqué professionnellement établi là bas et qui ce petit.....

  • Igor le 20.04.2017 18:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    l'empire périra

    "Dictature"...lorsque c'était la dictature militaire au pouvoir et les partis de droite tous soumis à l'oncle sam on entendait pas ces hypocrites occidentaux dire que le Venezuela était une dictature. Mais lorsque un gouvernement décide de nationaliser leur pétrole et de décider du sort de leur pays ils deviennent des méchants dictateurs.

  • PAIX le 20.04.2017 18:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cela relève du miracle

    Il est vrais que certaine dictature existe vraiment mais le truc c'est que les gens qui viennent soit disant l'éliminer établissent une autre dictature plus féroce et criminel mille fois plus que sa précédente, est-ce cela la solution ....oh que non...

  • Beber le 20.04.2017 17:11 Report dénoncer ce commentaire

    Chavez, Castro, Maduro, Mélenchon...

    A tous ceux qui veulent voler Mélenchon: voici ce qu'il se passe, lorsqu'on va jusqu'au bout de l'idéologie que ce dernier défend. La misère pour tous, et un gouvernement qui tire à balles réelles sur son peuple qui a l'outrecuidance de protester parce qu'il crève de faim ! Songez-y, c'est facile de dire "demain on rase gratis"...la réalité, c'est que le communisme s'effondre lorsque l'argent des autres est entièrement dépensé. Il n'y AUCUNE autre solution pour parvenir à un optimum social que de se retrousser les manches et être compétitif.