Catalogne

10 novembre 2017 07:48; Act: 10.11.2017 07:48 Print

La présidente du Parlement en détention provisoire

Le Tribunal suprême d'Espagne a ordonné la remise en liberté de Carme Forcadell contre une caution de 150.000 euros.

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Le 27 octobre 2017, le Parlement de Catalogne annonçait que la région devenait une République. Une rupture sans précédent en Espagne. La tension commence vraiment avec la . Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan. Mais les choses se gâtent encore plus Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane. Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée. Mais la guerre civile espagnole éclate après la victoire en France du Front populaire en 1936. Elle se solde par la victoire du général nationaliste Franco en , qui était restée fidèle à la République. Après la chute du régime de Franco en 1975, Juan Carlos 1er fait renaître la démocratie en Espagne. En 1978, la dote la Catalogne d'une large autonomie, qui peut disposer de son propre parlement et gouvernement En mars 2006, à la suite d'intenses négociations avec Madrid, le . La région devient une nation dans l'Etat espagnol. Avec ce statut, les Catalans ont leur propre drapeau national, leur hymne et fêtes populaires. Mais le Parti populaire de l'actuel président espagnol Mariano Rajoy fait recours auprès du Tribunal constitutionnel qui Des milliers de manifestants protestent à Barcelone en juillet 2010. En septembre 2012, des milliers de Catalans sont à nouveau dans la rue pour réclamer un . Mais Marino Rajoy, au pouvoir, refuse de négocier. En 2014, le président catalan Artur Mas convoque le peuple . Accepté à 80% des votants, le vote est déclaré nul par le Tribunal constitutionnel saisi par le gouvernement de Manuel Rajoy. Le 9 juin 2017, Carlos , séparatiste de longue date, devient président de Catalogne. Contre l'avis de Madrid, il annonce la tenue du référendum d'autodétermination le 1er octobre. malgré la présence de 10'000 gardes civils et la confiscation du matériel de vote par Madrid. Le oui l'emporte à 90% et le taux de participation est de 43%. Le gouvernement de Madrid, qui a interdit le vote, réprime les opérations au prix de qui font au moins 200 blessés. Journée de grève générale et de manifestations monstres à Barcelone mais aussi ailleurs en Espagne le 3 octobre 2017. Ce même 3 octobre, l'attitude du gouvernement catalan et son manque de loyauté. Le 8 octobre 2017, au moins pour défendre le maintien de la Catalogne dans l'Espagne. On le voit, l'épreuve de force entre Madrid et Barcelone et entre unionistes et indépendantistes n'est pas prête de se terminer.

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La présidente du Parlement de Catalogne, Carme Forcadell, poursuivie dans une enquête pour «rébellion» après la déclaration d'indépendance de son assemblée, sera écrouée jusqu'au versement d'une caution de 150'000 euros, a ordonné jeudi soir un juge de la Cour suprême de Madrid.

Selon un porte-parole de ce tribunal, elle sera placée en détention provisoire dès jeudi soir si elle n'est pas en mesure de verser immédiatement la caution. Plusieurs membres du noyau dur séparatiste sont déjà derrière les barreaux.

Le président indépendantiste destitué de Catalogne Carles Puigdemont a réagi sur Twitter en déplorant que Mme Forcadell soit contrainte de «dormir en prison pour avoir permis un débat démocratique».

«Vous n'êtes pas seuls!»

Carme Forcadell et cinq autres élus ont été entendus dans la journée. L'un a été laissé libre, le seul non indépendantiste, tandis que les quatre autres disposent d'une semaine pour réunir 25'000 euros et éviter la prison.

Mme Forcadell a assuré devant le juge qu'elle n'avait pas, en tant que présidente du Parlement, «la liberté d'interdire un vote», selon un porte-parole de l'élue. Elle a aussi expliqué que la déclaration d'indépendance était sans effets juridiques, selon des sources ayant assisté à l'interrogatoire. C'est Carme Forcadell qui avait compté, un à un, les bulletins des élus ayant voté le 27 octobre pour la sécession, 70 sur 135, un fait sans précédent qui a ébranlé l'Espagne et inquiété l'Europe.

Carme Forcadell avait été accueillie à son arrivée au tribunal jeudi par les cris de manifestants pour et contre l'indépendance. «Vous n'êtes pas seuls!», disaient les uns aux élus indépendantistes, «Puigdemont en prison», hurlaient les autres.

La Cour, compétente s'agissant de parlementaires, est saisie d'une enquête sur de possibles faits de rébellion ou sédition, voire de malversations de fonds, commis en vue de déclarer l'indépendance.

«Prisonniers politiques»

Huit membres du gouvernement séparatiste destitué par Madrid de l'indépendantiste Carles Puigdemont, sont déjà inculpés et écroués. M. Puigdemont et quatre de ses «ministres» ont fui en Belgique et sont visés par un mandat d'arrêt espagnol.

M. Puigdemont a signé jeudi une lettre publiée par un quotidien catalan, El Punt Avui, réclamant la «libération des prisonniers politiques retenus en otage par l'Etat espagnol». L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International ne les considère toutefois pas comme des «prisonniers d'opinion» au motif qu'«ils sont accusés d'actes qui peuvent constituer des délits». Le délit de rébellion est passible de 15 à 30 ans de prison, et celui de sédition d'un maximum de 15 ans.

Les incarcérations ont entraîné de nombreuses manifestations des indépendantistes, au moment où ils doivent préparer les élections régionales convoquées par le gouvernement central pour le 21 décembre.

Région divisée

Jeudi le chef du gouvernement Mariano Rajoy a souhaité une forte mobilisation des adversaires à l'indépendance lors de ce scrutin, alors que la région est divisée, presque à parts égales, sur le sujet. «Il sera important qu'il y ait une participation massive», a-t-il déclaré.

Peu après, le chef du gouvernement conservateur a reçu à Salamanque son «ami», le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui s'est vu décerner un titre de docteur Honoris Causa et en a profité pour rappeler son opposition «à toute forme de séparatisme qui fragilise l'Europe», déclarant que «le nationalisme est un poison qui empêche l'Europe de vivre ensemble».

La Commission européenne a apporté une bonne nouvelle à l'Espagne, assurant qu'à ce stade l'impact économique du conflit catalan, était «limité, voire négligeable», et révisant ses prévisions de croissance à la hausse pour l'Espagne en 2017 et 2018, respectivement à 3,1% et 2,5%.

L'incertitude n'en a pas moins entrainé le déménagement de siège social de plus de 2200 entreprises hors de la région. Et mercredi des responsables du Congrès mondial de la téléphonie mobile, rendez-vous annuel crucial du secteur à Barcelone aux retombées économiques importantes, ont fait part de leur «inquiétude». Ils étaient à Barcelone en pleine grève indépendantiste mercredi, alors que des dizaines de milliers de passagers et des centaines de camions ont été bloqués par des militants protestant contre l'incarcération de responsables séparatistes.

Lors des élections régionales en 2015, les partis indépendantistes avaient obtenu 47,8% des suffrages et 72 sièges sur 135 au Parlement régional. Les sondages prédisent pour l'instant un résultat très serré pour le scrutin de décembre.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • La Gallega le 10.11.2017 09:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Suicide collectif

    Si même Amnesty Int les considère comme des hors-la-loi, ils sont mal barrés ! Jespère que ces nationalistes arrogants comprendront que si le tourisme et les entreprises qui leur fournissent du boulot sen vont, leur région peut très vite passer de la plus riche à la plus pauvre dEspagne et que persister serait un suicide collectif imposé à leur magnifique région.

  • hope le 10.11.2017 09:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la honte politique

    faut tout de même dire que Mme Forcadel à admis devant le juge que la déclaration dindépendance était nulle et sans valeur juridique ...et admis également que la promulgation de l'article 155 respectait la constitution espagnole... la même dame qui depuis plus de deux ans organise et attise la haine dans des mettings séparatistes ....

  • Thally le 10.11.2017 09:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop à la manipulation

    En Espagne il my a aucun prisonnier politique. Seulement des personnes qui nont pas respecté la loi et qui ont volé largent des catalans!

Les derniers commentaires

  • alain le 10.11.2017 17:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sans partis pris

    Lorsque vous permettez aux entreprises de quitter un lieu de résidence sans passer par les règles de société. le gouvernement ne respecte pas non plus les lois. Qu'est ce que celui-ci a promis à ses dirigeants ?.

  • Vinc le 10.11.2017 13:37 Report dénoncer ce commentaire

    erreur du pouvoir

    le gouvernement de Madrid a fait une grossière erreur politique en voulant empêcher ce référendum, et maintenant en mettant en prison des parlementaires et des ministres. Un régime qui a des prisonniers politiques attise la haine de la population, se discrédite à la face du monde et créé des martyres dans l'opinion publique.

    • Le Catalan le 10.11.2017 15:06 Report dénoncer ce commentaire

      @ Vinc

      les catalans n'ont pas respecté la loi, la réaction de Madrid est absolument normale et dans le cadre de la légalité, c'est une même application molle et sympathique du droit.

    • ® Vinc ® le 10.11.2017 18:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Vinc

      T'es marrant toi , un catalan indépendantistes sans personnalité hahaha

    • ® Vinc ® le 10.11.2017 18:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Le Catalan

      Encore un marrant si ce n'est pas le vrai " le catalan" tous au cirque

    • Pelayo le 10.11.2017 18:12 Report dénoncer ce commentaire

      @ Le Catalan

      plutôt Le Faux Catalan ... Renier ses origines et trahir ses compatriotes c'est pas joli joli ...

  • Steve le 10.11.2017 13:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfin!!

    Enfin c était le moment que cette dame suive ses comparses en prison. Je la vois encore, sourire aux lèvres, présider le parlement le jour de la votation.. maintenant il faut assumer ses actes et que la justice fasse son travail. Mais pendant ce temps, un des seuls à ne pas assumer c est monsieur puigdemont qui lui est toujours en liberté en belgique..

  • Ana Sanz le 10.11.2017 12:37 Report dénoncer ce commentaire

    Une année sabbatique

    Plutôt que la prison, ce qui serait classe, serait un tour du monde offert pour se changer les idées!!

  • giof le 10.11.2017 12:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vive L'Europe

    Cette dame a volé ou tué ? Si ce n'est pas le cas c'est simplement une prisonnière politique. Et ça arrive en Europe en 2017.