Tibet

18 octobre 2011 06:34; Act: 18.10.2011 07:12 Print

Elle s'immole pour protester contre l'occupant

Une nonne de 20 ans, Tenzin Wangmo, est la première femme à s'immoler depuis le début du récent mouvement de protestation dans le sud-ouest à forte population bouddhiste tibétaine.

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Une nonne tibétaine est morte après s'être immolée par le feu dans le sud-ouest de la Chine, où ont déjà eu lieu ces derniers mois huit immolations, ou tentatives d'immolations, de moines bouddhistes, a annoncé mardi l'organisation Free Tibet.

Elle a appelé à la liberté religieuse pour les bouddhistes tibétains et au retour de leur chef spirituel exilé en Inde, le dalaï lama, avant de se donner la mort, a ajouté l'organisation.

La nonne s'est immolée lundi près de la ville d'Aba, dans la province du Sichuan, theâtre de sept précédentes immolations ou tentatives d'immolations. Aba abrite le célèbre monastère de Kirti qui a connu de nombreux mouvements de protestation, a indiqué Free Tibet, ajoutant que le mouvement gagne en ampleur.

Pas des actes isolés

«Les immolations ne sont pas des actes isolés, des mouvements de protestation ont été rapportés dans les régions avoisinantes et les appels à des manifestations de plus grande ampleur s'élèvent», a déclaré Free Tibet.

«Les informations en provenance (des zones tibétaines) laissent penser qu'il y a de plus en plus de personnes prêtes à donner leur vie pour attirer l'attention du monde sur les violation continuelles et brutales des droits des Tibétains», écrit Free Tibet dans un communiqué.

Un appel à des manifestations d'ampleur mercredi circule dans la région, selon Free Tibet. La sécurité est très forte dans les zones tibétaines du Sichuan notamment.

L'organisation a ajouté que deux Tibétains avaient été blessés par balles par la police, l'un au torse et l'autre à une jambe, dans des manifestations lors du week-end, mais n'a pas fourni de précision sur la gravité de leurs blessures.

Troubles récurrents

Situé dans la préfecture d'Aba, le monastère tibétain de Kirti a été secoué par des troubles depuis le printemps, lorsqu'un moine s'y est immolé le 16 mars, pour l'anniversaire du début des émeutes antichinoises de 2008 à Lhassa.

Le monastère tibétain est devenu «une prison virtuelle» pour ses occupants, a affirmé la semaine dernière le responsable en exil de ce monastère.

«Tous les moines, jeunes ou âgés, sont soumis jour et nuit à la privation de toutes les libertés», a expliqué Kirti Rinpoché, en exil à Dharamsala (Inde), cité par l'association International Campaign for Tibet (ICT), basée à Londres.

«La religion et la culture tibétaine subissent une telle répression indicible et la désespérance a atteint un tel niveau que les gens choisissent de se suicider plutôt que de continuer à vivre», a-t-il ajouté.

La Chine, qui affirme avoir «libéré pacifiquement» le Tibet en 1951 et œuvrer pour améliorer le sort des Tibétains, contrôle encore plus étroitement cette région autonome et les provinces limitrophes à population tibétaine depuis les émeutes de 2008.

(afp)