Présidentielle en France

19 avril 2017 13:15; Act: 19.04.2017 13:20 Print

Le Pen: «La colonisation a beaucoup apporté...»

La candidate du Front national a affirmé mercredi que la colonisation avait beaucoup apporté «notamment à l’Algérie», citant des hôpitaux, des routes et des écoles...

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Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle, a estimé mercredi sur BFM TV-RMC que «la colonisation a beaucoup apporté, notamment à l’Algérie», ce que «même les Algériens de bonne foi admettent», selon elle. «Le FN a soutenu de toutes ses forces les rapatriés de l’Algérie. Je défends les harkis, les rapatriés, je pense qu’ils ont été maltraités, mal accueillis dans leur pays, les harkis ça a été encore pire, ils ont été mis dans des camps dans des conditions épouvantables», a affirmé Mme Le Pen, citant notamment celui de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales).

«Moi je pense - et chacun d’ailleurs qui est de bonne foi admet - que la colonisation a beaucoup apporté, notamment, puisqu’on parle de l’Algérie, à l’Algérie: des hôpitaux, des routes, des écoles... Même des Algériens qui sont de bonne foi l’admettent», a dit la dirigeante du FN.

Mme Le Pen a été récemment fortement critiquée pour avoir dit que la France n’était «pas responsable» de la rafle du Vel d’Hiv de 1942. Elle a dit à ce propos qu’elle ne voulait «pas rouvrir des plaies. A chaque fois que j’évoque un sujet, ça crée...», a-t-elle poursuivi, sans finir sa phrase.

Mme Le Pen a aussi été interrogée à propos du soutien à sa candidature à la présidentielle apporté dimanche dans un tweet par son père Jean-Marie Le Pen, le co-fondateur du FN qu’elle avait fait exclure du parti en août 2015. «Il est patriote. Ca ne m’étonne pas de lui. C’est un patriote, il s’est battu toute sa vie pour la France et les Français (...). Il a défendu l’Algérie française, comme beaucoup de gens qui ont créé le FN.», a-t-elle dit.

Quand Jean-Marie Le Pen justifiait la torture en Algérie

Pour rappel, le père de Marine Le Pen, fondateur du Front national, a participé aux guerres d'Indochine et d'Algérie. Et son rôle a été controversé lors du conflit algérien durant lequel Jean-Marie Le Pen a justifié le recours à la torture dans certains cas. Ainsi, en juin 2002, en réponse à des accusations de supplices qu'il aurait pratiqués lorsqu'il était parachutiste en Algérie, il avait affirmé: «C'est un terme très vague la torture. Ça commence où? Ça finit où? Les procédés d'interrogatoires musclés se trouvaient justifiés par le secret, qui était l'arme principale des terroristes.» En 1987, il était même allé plus loin rappelle «Le Monde»: «S'il faut torturer un homme pour en sauver cent, user de violences pour découvrir un nid de bombes, la torture est inévitable.»

(cga/afp)