Allemagne

24 septembre 2017 18:02; Act: 24.09.2017 21:03 Print

Angela Merkel promise à un quatrième mandat

Les conservateurs sont arrivés en tête des législatives allemandes avec 32,5% des voix. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) obtient le score historique de 13,5% et entre au Bundestag.

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Les unions conservatrices d'Angela Merkel ont remporté les élections législatives de dimanche en Allemagne. Mais la fête est gâchée par l'entrée historique de la droite nationaliste au Bundestag et la quête d'une majorité qui s'annonce compliquée.

D'après les projections de la chaîne de télévision ARD, le bloc CDU-CSU de la chancelière est donné vainqueur du scrutin avec 33,2% des voix. C'est moins que le précédent plus bas historique déjà atteint par Mme Merkel en 2009 (33,8%) et très en deça des 41,5% obtenus il y a quatre ans.

Angela Merkel égale certes Konrad Adenauer et son mentor en politique, Helmut Kohl, les deux seuls chanceliers à avoir obtenu quatre mandats depuis l'après-guerre, mais la poussée de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) ternit son succès.

L'arrivée au Bundestag de députés nationalistes et anti-immigration est un «grand défi» pour l'Allemagne, a reconnu la chancelière qui a admis qu'elle espérait «bien sûr» un meilleur résultat. Mais elle a ajouté que son parti avait clairement obtenu un mandat pour former le prochain gouvernement et a ajouté qu'aucune coalition n'était possible sans la CDU-CSU.

Le SPD dans l'opposition

Les sociaux-démocrates du SPD sont donnés à 20,8%, un score historiquement bas, très loin de 25,7% de 2013. La vice-présidente du parti, Manuela Schwesig, en a aussitôt tiré les conséquences, proclamant la mort de la «grande coalition» mise en place avec la CDU-CSU en 2013.

Les électeurs ont envoyé un message clair pour retourner dans l'opposition, a renchéri un peu plus tard le chef de file du SPD, Martin Schulz, en parlant d'une «journée difficile et amère pour la social-démocratie».

«Ce qui nous déprime tous en particulier, c'est la force de l'AfD, qui ramène pour la première fois un parti de droite dure au Parlement dans une telle de position de force. C'est un tournant», a-t-il déploré.

Qualifiant cet événement «de césure» et l'AfD «d'extrême droite», un terme généralement réservé en Allemagne aux néo-nazis, il a promis de se battre au Bundestag pour ses «valeurs et principes de tolérance, du respect».

L'AfD troisième

Avec un score projeté à 13,1%, l'AfD, qui s'est nourri de la crise des migrants fin 2015, fait pour sa part une entrée en force au Bundestag où il devient la troisième force parlementaire.

«Le futur gouvernement, quel qu'il soit, devrait se préparer à des temps difficiles», s'est réjoui Alexander Gauland, un des deux chefs de file du parti durant la campagne. «Nous allons changer ce pays (...) Nous allons faire la chasse à Madame Merkel. Nous allons récupérer notre pays», a-t-il ajouté.

Créée en 2013 pour lutter contre la monnaie unique européenne et les plans de renflouement dans la zone euro, l'AfD s'est progressivement muée en un parti anti-immigration, xénophobe et dont certains des membres, à l'image de M. Gauland, redoutent que les Allemands «ne soient bientôt que des étrangers dans (leur) propre pays».

Alors qu'il avait échoué aux portes du Bundestag en 2013, il devance désormais la gauche radicale Die Linke, les libéraux du FDP et les Verts, tous aux alentours de 9-10%.

Plusieurs centaines d'opposants à l'AfD se sont rassemblés en début de soirée devant le QG de campagne du parti, à Berlin. «L'AfD au Bundestag allemand, cela fait mal à notre pays», a commenté de son côté le président de la fédération patronale allemande BDA, Ingo Kramer.

Coalition «jamaïcaine» ?

En optant pour une cure d'opposition, le SPD ne laisse a priori d'autre choix à Mme Merkel que de tenter de former une coalition à trois avec les libéraux et les Verts. Mais la tâche s'annonce ardue. Les divergences entre FDP et écologistes sur l'avenir du diesel ou l'immigration s'annoncent très compliquées à gérer.

Les tractations pourraient durer des mois. «On ne peut pas contraindre les Verts et nous à entrer dans une coalition pour la simple raison que le SPD se retire», a prévenu le numéro deux du FDP Wolfgang Kubicki sur l'antenne de l'ARD.

(ats/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Nicolas le 24.09.2017 18:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    J'arrive pas à comprendre comment le peuple allemand peut encore leur accorder de la confiance...

  • Mimi le 24.09.2017 18:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui mais

    Va falloir qu'elle serre la vis sur l'immigration et ne pas laisser reproduire ce qu'il s'est passé le 31.12.16

  • DATA le 24.09.2017 19:00 Report dénoncer ce commentaire

    Remporte les législatives ?

    C'est quand même bizarre, en 2015 quand l'UDC à fait en Suisse environ 30% des voix soit en gros le score de la CDU avec un écart encore plus important sur ses suivant, je ne me souviens pas d'avoir vu des titres: "L'UDC remporte les élections". Aurais je un problème de mémoire ou y a t il un traitement différentiés des médias ?

Les derniers commentaires

  • Potin le 25.09.2017 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le réveil des peuples.,

    Ça viens, encore un peu de patience...bravo l'AfD !

  • Vic le 25.09.2017 07:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo!

    Elle est humaine et intelligente cest bien. Une bonne médiatrice, on peut discuter avec Elle. Tout le contraire de Trump qui semble agir seul et de manière incontrôlée ...

  • cioteri le 25.09.2017 07:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    BRAVO MERKEL

    On ne change pas un équipe qui gagne... Bravo Merkel!

  • Etienne le 25.09.2017 04:46 Report dénoncer ce commentaire

    Bien...

    les français ont bien voté E.Macron... les allemands n'étaient pas supposé être plus malins...

  • Hans Pitter le 25.09.2017 01:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Das

    Bravo Madame Angela Merkel !!!!!!!!!!!!!!!!!