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Appel au «Jihad»
03 mars 2010 15:12; Act: 03.03.2010 16:27 Print
Tripoli peste contre l'ironie de Washington
La Libye a protesté officiellement mercredi contre les propos du porte-parole de la diplomatie américaine Philip Crowley, a indiqué l'agence libyenne Jana.
Celui-ci avait pris le parti d'ironiser vendredi sur l'appel de Mouammar Kadhafi à la guerre sainte contre la Suisse.
«Beaucoup de mots, beaucoup de papier volant un peu partout, et pas forcément beaucoup de sens», a commenté le porte-parole de la diplomatie américaine à propos de l'appel du colonel Kadhafi.(photo: Keystone)
No comment à Genève
Alors que les regards se tournent vers Genève en vue d'une issue dans la crise libyenne, le Conseil d'Etat s'en tient à sa ligne de conduite. Il déplore la publication des photos de Hannibal Kadhafi et attend de la justice qu'elle sanctionne les auteurs de cette fuite.
«Est-ce que la "Tribune de Genève" veut nous donner le nom de la personne qui a transmis les photographies?» a ironisé mercredi le président du Conseil d'Etat François Longchamp à l'adresse d'un journaliste du quotidien, à l'heure des questions lors du point de presse hebdomadaire du gouvernement. Le sujet, qui n'était pas à l'ordre du jour, était toutefois attendu.
La publication début septembre de ces photos d'identité judiciaire avait empêché la libération imminente des deux Suisses retenus en Libye. Le Conseil d'Etat genevois avait réagi dans les heures qui avaient suivi et n'a pas dévié de sa ligne depuis, a rappelé François Longchamp: il «ne commente plus les épisodes quotidiens de cette affaire aussi longtemps qu'un otage suisse n'est pas revenu».
En vertu de la séparation des pouvoirs, il revient à la justice de mener l'enquête sur cette violation manifeste du secret de fonction et de le faire avec diligence, a souligné le président du gouvernement. Le dossier de Hannibal Kadhafi, interpellé à Genève en juillet 2008 sur plainte de deux domestiques l'accusant de mauvais traitements, était entre les mains de la police.
Le ministère des Affaires étrangères a convoqué mercredi la chargée d'affaires de l'ambassade américaine à Tripoli pour lui adresser sa protestation après les propos tenus par le porte-parole de la diplomatie américaine au sujet du discours du colonel Kadhafi, a rapporté l'agence.
Tripoli a indiqué qu'elle exigeait «des explications et des excuses» de Washington, prévoyant des «répercussions négatives sur les relations économiques et politiques entre les deux pays si aucune mesure n'est prise».
Le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, avait ironisé vendredi sur le discours du colonel Kadhafi, rappelant au passage la diatribe insolite du dirigeant libyen à la tribune de l'ONU en septembre dernier.
«J'ai vu cette information, et cela m'a rappelé cette journée de septembre, l'une des plus mémorables séances de l'Assemblée générale de l'ONU dont je me souvienne», avait-il déclaré. «Beaucoup de mots, beaucoup de papier volant un peu partout, et pas forcément beaucoup de sens», avait ajouté M. Crowley dans un éclat de rire.
«Mécréante et apostate»
Le 23 septembre 2009, le colonel Kadhafi avait profité de la tribune des Nations unies à New York pour prononcer un discours- fleuve de 95 minutes (contre 15 prévues) où redites, improvisations et bizarreries avaient été légion.
Mouammar Kadhafi a appelé jeudi les musulmans à mener le «jihad» contre la Suisse, qualifiée de «mécréante et apostate» et a appelé au boycott de son économie en réponse à l'interdiction de la construction de minarets approuvée fin novembre par référendum à près de 60% dans la confédération helvétique.
Les relations entre Berne et Tripoli se sont détériorées après l'interpellation musclée, en juillet 2008 à Genève, d'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, sur plainte de deux domestiques l'accusant de mauvais traitements.
(ats)
























