France

13 février 2018 12:35; Act: 13.02.2018 12:41 Print

Prélat intégriste, accusé de viol et torture, rejugé

L'abbé avait été condamné en mai 2017 pour viols et non pour actes de barbarie, dont l'accusait l'une de ses victimes.

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Le prêtre avait été emprisonné en avril 2014. (Photo d'illustration) (Photo: Keystone)

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Un abbé intégriste, condamné l'an dernier à 16 ans de réclusion criminelle, comparaît de nouveau mardi devant la justice française pour «viols» sur trois enseignantes, dont certains assortis de «torture», alors qu'il était directeur d'école.

L'accusé avait été écroué en avril 2014 pour des actes présumés commis en 2010 au sein notamment de l'école Notre-Dame de la Sablonnière à Goussonville, à l'ouest de Paris. Il s'agit d'un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mouvement traditionaliste lefebvriste en rupture avec l'Eglise catholique.

Épisodes traumatiques

Les victimes l'accusent d'avoir usé de son ascendant psychologique pour parvenir à ses fins: il évoquait avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé et leur faisait revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu'elles puissent les dépasser.

En première instance, la justice avait estimé qu'il avait abusé de l'autorité que lui conférait ses fonctions pour parvenir à ses fins. Elle avait assorti sa peine de réclusion d'une injonction de soins et demandé son inscription aux fichiers des délinquants sexuels.

L'abbé, qui comparaît à nouveau détenu, n'a cependant été condamné en mai 2017 que pour viols et non pour actes de barbarie dont l'accusait l'une de ses victimes.

«Dans le déni»

Le religieux, tout comme le ministère public -qui avait pourtant requis la peine infligée par la cour-, avaient fait appel de cette condamnation. «Cet appel est extrêmement surprenant de la part de l'accusé qui visiblement reste dans le déni», a indiqué à l'AFP Me François Souchon, avocat des parties civiles. «Pour les victimes, il faut tout remettre sur la table, c'est très dur», a-t-il déploré avant l'ouverture des débats. La défense, elle, n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès à huis clos.

Seules deux des trois victimes du religieux, âgé de 44 ans, se sont constituées parties civiles: une institutrice, que l'accusé dirigeait au sein de l'école, et une amie de celle-ci, enseignante dans un autre établissement.

En première instance, l'accusé, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, avait contesté les faits qui lui étaient reprochés, estimant que les relations étaient consenties. L'abbé avait été écarté de ses fonctions de directeur d'école en 2011 par sa hiérarchie après que les trois femmes s'étaient plaintes de ses agissements.

(nxp/afp)