France

12 janvier 2018 18:33; Act: 13.01.2018 06:49 Print

Appel à un «blocage total» des prisons

Un mouvement de grogne intervient après l'agression jeudi de trois surveillants du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (nord).

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Les faits se sont déroulés dans cette prison du nord de la France. (Photo: AFP)

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Deux syndicats de gardiens de prison ont appelé à un «blocage total» des prisons françaises lundi après une première journée de débrayage vendredi suite à l'agression de trois surveillants par un détenu djihadiste.

Dénonçant le «laxisme» des gouvernements successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents, l'Ufap-Unsa Justice, syndicat majoritaire, et la CGT Pénitentiaire ont appelé dans un tract «l'ensemble des personnels pénitentiaires (...) à participer aux actions de blocage total des structures».

Trois surveillants agressés

Ce mouvement de grogne intervient après l'agression jeudi de trois surveillants du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (nord), blessés à l'arme blanche par l'islamiste allemand Christian G.

Cet ancien cadre d'Al-Qaïda est considéré comme l'un des instigateurs de l'attentat d'avril 2002 à Djerba (Tunisie) qui avait fait 21 morts et pour lequel il a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle.

Mobilisation importante

Vendredi, la mobilisation était «importante» au sein des 188 établissements pénitentiaires français avec des débrayages de 15 à 20 minutes en général, selon la Direction de l'administration pénitentiaire.

L'Ufap-Unsa réclame depuis des mois la mise à l'isolement complet des détenus radicalisés les plus dangereux et la construction de «petits établissements ultra-sécurisés».

Ils critiquent en particulier le récent allègement des conditions de détention de Christian G., alors qu'il avait été placé à l'isolement avec des mesures renforcées après des écoutes qui laissaient penser à un passage à l'acte imminent.

«Les surveillants, qui connaissent le mieux les détenus, qui les voient toute la journée, ne servent qu'à ouvrir et fermer les portes: on ne les écoute pas. Les conditions de travail sont inadmissibles», a dénoncé auprès de l'AFP Christopher Dorangeville, le secrétaire général de la CGT Pénitentiaire.

Abdeslam

Les syndicats demandent également à être reçus «sans délai» par la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Celle-ci a dit se rendre sur place mardi.

La prison de Vendin-le-Vieil, théâtre de l'agression de jeudi, doit accueillir Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, pendant son procès en Belgique en février pour une fusillade à Bruxelles pendant sa cavale.

(nxp/afp)