Syrie

19 avril 2018 19:28; Act: 19.04.2018 19:54 Print

Armes chimiques stockées dans des écoles?

Alors que les experts ne peuvent toujours pas accéder à Douma, des sources anonymes révèlent que des armes chimiques serviraient de «boucliers humains».

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Les frappes aériennes occidentales n'ont eu qu'un impact limité sur les capacités du régime syrien à mener d'autres attaques chimiques, selon des évaluations étatsuniennes. La Maison-Blanche avait pourtant affirmé le contraire. Les experts de l'OIAC ne peuvent eux toujours pas accéder à Douma.

Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont détruit la semaine dernière trois cibles, la plus importante d'entre elles étant le centre de recherche et de développement de Barzah. Le site serait, selon le renseignement américain, impliqué dans l'élaboration des armes chimiques syriennes.

La présidence étasunienne avait aussitôt affirmé que les missiles occidentaux avaient touché le coeur du programme d'armes chimiques syrien. Mais selon quatre sources interrogées par Reuters, qui s'exprimaient sous le sceau de l'anonymat, certains éléments laissent penser que le stock syrien d'armes chimiques n'était pas intégralement entreposé dans les trois sites visés.

Certaines de ces armes seraient stockées dans des écoles et dans des immeubles d'habitation qualifiés par l'une des sources de Reuters de «boucliers humains». Si les sources admettent que la destruction du centre de recherche de Barzah a sans doute eu un impact sur les capacités du régime, elles soulignent qu'une grande quantité d'autres dispositifs chimiques est restée dissimulée.

Experts toujours pas à pied d'oeuvre

Plusieurs jours après leur arrivée en Syrie, les inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sont eux toujours empêchés d'atteindre Douma, dans la Ghouta orientale. Ils doivent y enquêter sur le bombardement à l'arme chimique qui y aurait eu lieu le 7 avril et que les Occidentaux imputent aux forces fidèles à Bachar al Assad.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, dont le pays juge inutile de créer une commission d'enquête pour établir les responsabilités de chacun dans l'attaque chimique, a affirmé jeudi que les rebelles syriens les empêchaient d'atteindre la ville.

L'équipe avait auparavant essuyé des tirs mardi alors qu'elle effectuait une mission de reconnaissance sur place. Mercredi, ce sont des agents de sécurité de l'ONU qui ont été pris pour cibles lors d'une autre reconnaissance préalable à la visite des inspecteurs dans la ville.

«Fumigènes» de Salisbury

Damas et son allié russe nient être pour quoi que ce soit dans l'attaque chimique présumée. La Russie a multiplié les annonces ces derniers jours pour dénoncer une «mise en scène» des rebelles syriens.

L'armée russe a assuré disposer de «preuves» de la «participation directe de la Grande-Bretagne» à cette «mise en scène». Jeudi, elle a affirmé avoir trouvé des cylindres contenant du chlore en provenance d'Allemagne et des «fumigènes» britanniques produit à Salisbury dans la Ghouta orientale.

Salisbury est la ville où ont été empoisonnés l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille le 4 mars. Londres a accusé Moscou d'être responsable de cette attaque, tandis que la Russie clame son innocence et dénonce une «provocation».

Mercredi soir, Moscou a diffusé ce qu'elle présente comme le témoignage d'un garçon syrien affirmant avoir participé à la «mise en scène».

L'armée russe a annoncé le même jour avoir découvert «un laboratoire chimique et un entrepôt de substances chimiques» à Douma, contenant selon elle des substances utilisées pour fabriquer du souffre et du gaz moutarde, ainsi qu'un cylindre de chlorine.

Raid irakien

Sur le plan militaire, l'armée de l'air irakienne a mené jeudi «un raid meurtrier» contre des positions du groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie, a indiqué le bureau du Premier ministre Haider al-Abadi. Selon Bagdad, il a été décidé en raison du danger qu'ils représentent pour le territoire irakien.

Des responsables militaires et sécuritaires de l'Iran, de l'Irak, de la Syrie et de la Russie ont tenu dans ce contexte une réunion à Bagdad pour coordonner leur lutte contre «le terrorisme».

(nxp/ats)