Champs-Elysées

21 avril 2017 13:03; Act: 21.04.2017 15:07 Print

Attentat: Un message lié à «Daech» retrouvé

Selon des proches de l'enquête, un mot manuscrit reliant le tueur de Paris à l'Etat islamique a été retrouvé près du corps.

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Le père de l'auteur de l'attentat du 20 avril sur les Champs-Élysées à Paris sera jugé en juin pour apologie du terrorisme et menaces de mort après s'en être pris, ivre, à des policiers. (1er mai 2017) Il est inhabituel que Daech revendique aussi rapidement un attentat, d'autant plus que le groupe semble s'être trompé sur l'identité de l'auteur. (Dimanche 23 avril 2017) Un impact de balle dans une fenêtre des Champs-Elysées. Un mot défendant «Daech» a été retrouvé vers le tueur. (Vendredi 21 avril 2017) Le ministère français de l'Intérieur a confirmé avoir reçu jeudi un avis de recherche visant un homme de la part de la Belgique. (Vendredi 21 avril 2017) Le président français François Hollande s'est dit convaincu que l'attaque relevait d'un acte «terroriste» lors d'une déclaration prononcée dans la cour de l'Elysée. (Jeudi 20 avril 2017) L'EI a revendiqué l'attentat. «L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abou Youssef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique», a écrit le groupe sunnite extrémiste dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. (Jeudi 20 avril 2017) La justice antiterroriste a de son côté ouvert une enquête. (Jeudi 20 avril 2017) L'assaillant est arrivé peu avant 21h00 à bord d'un véhicule, qui s'est arrêté au niveau d'un fourgon de police. Il en est sorti et a immédiatement ouvert le feu avec un fusil d'assaut en prenant délibérément pour cible les forces de l'ordre présentes, selon le récit des autorités. (Jeudi 20 avril 2017) Les policiers ont passé au peigne fin la voiture laissée par le suspect de l'attaque. (Jeudi 20 avril 2017) Le quartier a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées sur la célèbre et très touristique artère de la capitale. Un hélicoptère a survolé la zone. (Jeudi 20 avril 2017) «On ne peut pas exclure qu'il y ait également un ou plusieurs complices qui aient pu participer, d'une manière ou d'une autre, à la commission des faits», a indiqué un porte-parole du ministère français de l'intérieur, tout en précisant que les premiers témoignages orientaient l'enquête sur la piste de l'assaillant unique. (Jeudi 20 avril 2017) Selon le ministre de l'intérieur, Matthias Fekl, un «bain de sang» a été évité grâce aux forces de l'ordre. «Leur maîtrise, leur sang-froid, leur réponse était parfaitement adaptée dans les secondes décisives où tout s'est joué», a-t-il relevé. (Jeudi 20 avril 2017) Le bilan fait donc état d'un policier tué et de deux autres blessés. (Jeudi 20 avril 2017) L'assaillant a, lui, été abattu par la police. (Jeudi 20 avril 2017) Selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste. (Jeudi 20 avril 2017) Une perquisition a été menée en région parisienne au domicile de l'assaillant. L'homme a semblé avoir agi seul lors de l'agression, et des investigations sont en cours pour établir «s'il a bénéficié ou pas de complicités», a ajouté le procureur. (Jeudi 20 avril 2017)

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Un message manuscrit prenant la défense de «Daech», l'organisation djihadiste Etat islamique (EI), a été retrouvé près du corps de l'assaillant qui a tué un policier jeudi soir sur les Champs-Elysées à Paris, a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête.

L'homme avait ensuite été abattu.

Un Coran a également été retrouvé dans le véhicule de l'attaquant, un Français de 39 ans qui a pris pour cible les policiers, ont indiqué des sources proches de l'enquête. La fusillade jeudi soir, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, a été revendiquée par l'EI.

Elle a coûté la vie à un policier. Deux autres ont été blessés, ainsi qu'une touriste. Il n'était cependant pas connu comme islamiste radicalisé.

Perdu la raison

«Ici, tout le monde le connaît, c'est quelqu'un qui a perdu la raison, de psychologiquement vraiment atteint», confie sous anonymat un habitant de son quartier calme et pavillonnaire de Chelles, une ville de la banlieue nord-est de Paris, qui dit le connaître depuis plus de 20 ans. «Ses actes, ses réactions, sa façon de marcher, son attitude étaient en décalage, comme s'il venait de Mars», poursuit-il. «Il a un grain», confirme Salim, qui se présente comme un ami d'un de ses cousins, et assure l'avoir vu pour la dernière fois «il y a deux ou trois semaines».

Homme sans profession

Né le 31 décembre 1977 à Livry-Gargan, autre commune de la banlieue nord-est de Paris, l'assaillant avait été arrêté le 23 février par la police, soupçonné de vouloir tuer des policiers. Mais il avait été relâché le lendemain à l'issue de sa garde à vue, faute d'éléments, selon des sources proches de l'enquête. Depuis mars, il était visé par une enquête antiterroriste, selon une de ces sources. Cet homme sans profession connue avait déjà eu affaire plusieurs fois à la justice, pour des faits de vols avec violence puis trois tentatives d'homicide.

Pas de signe de radicalisation

En février 2005, il avait été condamné à 15 ans de réclusion pour avoir tenté de tuer un élève gardien de la paix portant un brassard de police ainsi que le frère de celui-ci. Les faits remontaient à 2001: circulant au volant d'une voiture volée, il avait pris la fuite après avoir percuté un autre véhicule.

Armé d'un revolver, il avait grièvement blessé les deux frères qui tentaient de le rattraper. Deux jours plus tard, il avait tenté de tuer un autre policier dont il s'était saisi de l'arme durant sa garde à vue. Sorti de prison en juillet 2013, il sera de nouveau condamné en 2014 pour vol aggravé à quatre ans de prison dont deux ans de sursis avec mise à l'épreuve. Il sortira finalement en 2015, en liberté conditionnelle. Selon une source proche de l'enquête, il n'avait pas présenté de signes de radicalisation en détention.

Revendication de l'EI en question

«Il était marqué par la prison mais pas marqué par la religion ou autre», estime Mohammed, 21 ans, qui vit dans un immeuble proche du pavillon où l'assaillant vivait chez sa mère. «Il avait une haine de la justice et de la police (...), il a peut-être pété un plomb en sortant de prison». Après sa libération conditionnelle, il n'avait pas particulièrement fait parler de lui. «On avait des petits dossiers sur lui mais rien de transcendant. Depuis sa sortie de prison, il avait réussi à se faire un peu oublier», indique une source policière. Son attaque sur les Champs-Elysées a été revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), mais cette revendication pose question puisque l'organisation donne le nom de guerre d'un djihadiste belge nommé comme «Abu Yussef le Belge».

«Haine contre la police»

Dans son voisinage, l'assaillant n'est pas décrit comme un homme radicalisé ayant pu graviter dans la nébuleuse salafiste djihadiste. «Vous lui disiez 'Daech' (acronyme arabe de l'EI), je suis sûr qu'il ne savait même pas ce que c'était», balaye Salim. «Il ne savait même pas se servir d'une télécommande, alors aller sur internet et contacter 'Daech', j'imagine pas!», développe-t-il. Abdel, un autre voisin de 23 ans, abonde: «Il avait une haine contre la police, contre la France. Il était marqué par la prison. Mais Daech, c'est n'importe quoi».

Jamais vu à la mosquée

Un papier portant un message manuscrit prenant la défense de Daech a pourtant été retrouvé près du corps de l'assaillant, a appris l'AFP vendredi de source proche de l'enquête. Et un Coran a également été retrouvé dans son véhicule, selon des sources proches de l'enquête. A Chelles, l'homme n'était cependant pas connu comme ayant une quelconque pratique musulmane communautaire. «Je vais souvent à la mosquée, je ne l'y ai jamais vu», dit Salim. Même constat chez un autre riverain, qui décrit un homme «absolument pas religieux».

(nxp/afp)