Allemagne

13 février 2018 21:21; Act: 13.02.2018 23:16 Print

Berlin envisage la gratuité des transports publics

Cette mesure, parmi d'autres, va être testée dans cinq grandes villes pour réduire la pollution dans les agglomérations.

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Cette mesure vise à limiter les émissions polluantes. (Photo: Keystone/Archive/photo d'illustration)

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Le gouvernement allemand envisage la gratuité des transports publics dans les villes fin d'y améliorer la qualité de l'air. Cette mesure divulguée mardi vise à échapper à des poursuites devant la justice européenne.

En lien avec les Etats régionaux et les communes, «nous envisageons la gratuité des transports publics afin de réduire le nombre des voitures particulières» en circulation, indique un courrier envoyé le 11 février par les ministres de l'Environnement Barbara Hendricks, des Transports Christian Schmidt et des Finances Peter Altmaier au commissaire européen en charge de l'environnement Karmenu Vella, dont l'AFP a obtenu une copie.

Cette mesure, avec d'autres, devra être testée dans cinq villes allemandes - Bonn, Essen, Herrenberg, Reutlingen et Mannheim. Elle devra, selon la proposition de Berlin, entrer en vigueur «au plus tard à la fin de l'année».

L'idée d'instaurer des transports publics gratuits en ville suscite toutefois des réserves en Allemagne. «Le gouvernement fédéral doit dire comment il veut financer cela», a prévenu Michael Ebling, président d'une fédération de régies communales (VKU).

Limiter les émissions polluantes

Le gouvernement envisage aussi de «fixer des règles contraignantes» aux bus et aux taxis pour qu'ils respectent des seuils de pollution. Berlin réfléchit également à une limitation des émissions polluantes pour les véhicules de livraison, à aider au covoiturage et à créer des zones à faibles émissions polluantes ou encore à développer les primes à la casse pour les véhicules anciens.

Avec ce paquet de mesures, Berlin espère convaincre l'exécutif européen de ne pas saisir la Cour de justice à son encontre, comme il menace de le faire pour neuf pays au total, dont la France. Bruxelles est exaspéré devant l'absence de propositions de ces Etats pour réduire la pollution de l'air dans les villes, en dépit de nombreuses mises en demeure adressées aux pays par le passé.

Les neuf pays avaient été sommés fin janvier de s'expliquer alors qu'ils dépassent régulièrement les limites d'émissions destinées à protéger la santé des Européens pour deux polluants clés: les particules fines (PM10) et le dioxyde d'azote (NO2).

Les dernières propositions de Berlin interviennent aussi à un moment où les autorités sont sous pression au sujet du diesel. Certaines villes pourraient interdire les véhicules roulant au gazole pour réduire les émissions polluantes.

(nxp/ats)