Reprise du procès «Rubygate»

31 mai 2011 07:40; Act: 31.05.2011 17:11 Print

Berlusconi affaibli par son échec électoralBerlusconi affaibli par son échec électoral

Rude journée en perspective ce mardi pour le chef du gouvernement italien qui doit à nouveau affronter la justice dans l'affaire Ruby.

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Berlusconi est accusé d'avoir payé les prestations sexuelles de la jeune Marocaine Karima El Mahroug, alias Ruby, alors qu'elle était mineure. (photo: AFP)

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Silvio Berlusconi cherchait mardi à rebondir après une humiliante défaite aux élections municipales, en particulier à Milan. Il devait également affronter les écueils judiciaires avec la reprise du procès du «Rubygate», le plus délicat des trois procès en cours contre lui.

«Humiliation», «effondrement», «cyclone», tous les journaux faisaient le constat du raz-de-marée anti-Berlusconi qui a déferlé sur Milan, Naples, Cagliari, Trieste mais aussi Novare, fief de son allié de la Ligue du nord, Arcore, où se trouve sa résidence préférée, ou d'autres villes plus petites situées près de la frontière suisse comme Domodossola.

Au total, la gauche est parvenue à remporter 22 des 30 chefs-lieux de province dans lesquels se déroulaient les élections de dimanche et lundi, contre 20 lors des précédentes élections.

En revanche, les élections provinciales couplées à ces municipales n'ont pas donné lieu à de grands chambardements: sur onze provinces en jeu, la gauche en a remporté sept, la droite quatre, comme il y a cinq ans. Deux provinces, dont celle de Pavie, ont basculé de droite à gauche, deux autres, dont celles de Reggio Calabria (sud), de gauche à droite.

Remettre le PDL en ordre de bataille

Dans ce contexte, même un proche du chef du gouvernement comme l'éditorialiste du quotidien «Libero», Vittorio Feltri, l'appelle à «trouver un antidote au déclin», en «retournant s'occuper des problèmes des Italiens» et pas seulement de ses ennuis judiciaires.

Le Cavaliere a admis son échec. Il s'est toutefois assuré que «chaque défaite a pour effet de tripler ses forces». Et il a prédit une remise en ordre de bataille de son parti le Peuple de la liberté (PDL): «il faut un parti plus ancré sur le territoire, je compte le relancer au maximum».

La présidence du PDL devait se réunir mardi soir. Selon les analystes, le «Cavaliere» pourrait chambouler la direction répartie entre divers coordinateurs et peut-être introniser comme son dauphin l'actuel ministre de la justice Angelino Alfano.

Le PDL pourrait aussi changer de nom pour éviter des différends juridiques avec les cellules locales inféodées à son ex-allié Gianfranco Fini, le président de la Chambre des députés qui a quitté le PDL l'an dernier.

Pour Marc Lazar, professeur à Sciences Po Paris, le risque d'une crise gouvernementale est en revanche faible car «personne n'y a intérêt», même pas la Ligue du nord qui devrait sinon trouver d'autres alliés. Autre atout du Cavaliere, l'opposition de gauche «n'est pas prête» à des élections anticipées, selon lui, car «sans projet clair, sans leader incontesté et sans stratégie d'alliance».

Affrontement judiciaire

M. Berlusconi devait aussi affronter une rude journée sur le plan judiciaire avec la reprise du procès du «Rubygate». Il est accusé d'avoir payé à une dizaine de reprises les prestations sexuelles de la jeune Karima El Mahroug, alias Ruby, alors mineure, et d'avoir fait pression sur la police milanaise afin qu'elle libère Ruby, arrêtée pour vol.

La deuxième audience, qui s'est déroulée à Milan en son absence, a été consacrée aux «questions préliminaires». En particulier ses défenseurs ont contesté la «compétence» du tribunal pour le juger.

Compétence «territoriale» car les parties fines du magnat des télévisions sont censées avoir eu pour théâtre sa villa d'Arcore, située dans la périphérie de Milan et dépendant donc d'un autre tribunal (Monza). Mais aussi compétence «fonctionnelle» pour l'abus de pouvoir, passible de douze ans de prison.

«Soit Silvio Berlusconi a appelé la police en tant que personne privée et il n'y a pas d'abus de pouvoir car ce délit ne peut être commis que par un responsable public, soit il a appelé en tant que chef du gouvernement, alors la compétence est du tribunal des ministres», a argué son avocat Niccolo Ghedini.

(ats)

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