Harcèlement sexuel

06 novembre 2017 10:02; Act: 09.11.2017 14:37 Print

Caricature de Ramadan: «Charlie Hebdo» menacé

L'hebdomadaire satirique a reçu des menaces de mort après sa Une sur l'islamologue suisse Tariq Ramadan. Il porte plainte.

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Capture d'écran. (Photo: DR - Twitter)

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Le directeur de la publication de Charlie Hebdo a annoncé lundi le dépôt d'une plainte à la suite de menaces reçues par l'hebdomadaire satirique. Celui-ci a publié la semaine dernière un dessin de Une représentant l'islamologue Tariq Ramadan.

«Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire des chefs de menaces de mort matérialisée par un écrit et apologie publique d'un acte de terrorisme commise au moyen d'un service de communication au public en ligne», a-t-on appris lundi soir de source judiciaire. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la préfecture de police de Paris.

Selon Riss, la rédaction du journal a continué à recevoir des messages de ce type après l'attentat revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique, qui a fait 12 morts, dont plusieurs dessinateurs, en janvier 2015. Les perpétrateurs entendaient notamment punir le journal, ouvertement athée et provocateur, pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet.

«Ça n'a jamais vraiment cessé, mais c'est vrai que, parfois, il y a des pics où on reçoit sur les réseaux sociaux des menaces de mort explicites», a déclaré le directeur du journal, invité d'Europe 1. «C'est le cas une fois de plus. Après, c'est toujours un peu difficile de savoir si c'est des menaces sérieuses ou pas, mais par principe, nous on les prend au sérieux et on dépose plainte», a-t-il ajouté.

Sexe en érection

Dans sa dernière édition, Charlie Hebdo a publié une caricature montrant Tariq Ramadan, sexe en érection, déclarant être «le sixième pilier de l'islam». Deux femmes ont porté plainte pour viol le mois dernier contre l'islamologue suisse, qui conteste ces accusations.

«Menacer de mort quelqu'un, ce n'est ni autorisé dans la rue, ni dans un journal, ni nulle part», a ajouté Riss. «Ce n'est pas simplement de la contestation ou de la discussion, ce n'est même pas de l'injure, c'est au-delà de ça: c'est que, maintenant, ça s'est banalisé d'appeler au meurtre», déclare-t-il. C'est «assez inquiétant» et «révèle un climat assez lourd», estime-t-il.

Interrogé sur l'angle choisi pour le dessin, Riss a rappelé que Tariq Ramadan était présenté comme «un islamologue, comme un sachant» et que «le 6e pilier de l'islam (....), c'est le djihad». «C'est ce par quoi il se présente qu'on le dessine», a-t-il dit.

(nxp/ats/afp)