Espagne

13 février 2018 13:45; Act: 13.02.2018 14:28 Print

Cas Puigdemont devant la Cour européenne

Le parlement catalan «demandera à la CEDH de garantir les droits politiques et, concrètement, le droit à la participation politique de Carles Puigdemont».

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La tension commence vraiment avec la . Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan. Mais les choses se gâtent encore plus Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane. Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée. Mais la guerre civile espagnole éclate après la victoire en France du Front populaire en 1936. Elle se solde par la victoire du général nationaliste Franco en , qui était restée fidèle à la République. Après la chute du régime de Franco en 1975, Juan Carlos 1er fait renaître la démocratie en Espagne. En 1978, la dote la Catalogne d'une large autonomie, qui peut disposer de son propre parlement et gouvernement En mars 2006, à la suite d'intenses négociations avec Madrid, le . La région devient une nation dans l'Etat espagnol. Avec ce statut, les Catalans ont leur propre drapeau national, leur hymne et fêtes populaires. Mais le Parti populaire de l'actuel président espagnol Mariano Rajoy fait recours auprès du Tribunal constitutionnel qui Des milliers de manifestants protestent à Barcelone en juillet 2010. En septembre 2012, des milliers de Catalans sont à nouveau dans la rue pour réclamer un . Mais Marino Rajoy, au pouvoir, refuse de négocier. En 2014, le président catalan Artur Mas convoque le peuple . Accepté à 80% des votants, le vote est déclaré nul par le Tribunal constitutionnel saisi par le gouvernement de Manuel Rajoy. Le 9 juin 2017, Carlos , séparatiste de longue date, devient président de Catalogne. Contre l'avis de Madrid, il annonce la tenue du référendum d'autodétermination le 1er octobre. malgré la présence de 10'000 gardes civils et la confiscation du matériel de vote par Madrid. Le oui l'emporte à 90% et le taux de participation est de 43%. Le gouvernement de Madrid, qui a interdit le vote, réprime les opérations au prix de qui font au moins 200 blessés. Journée de grève générale et de manifestations monstres à Barcelone mais aussi ailleurs en Espagne le 3 octobre 2017. Ce même 3 octobre, l'attitude du gouvernement catalan et son manque de loyauté. Le 8 octobre 2017, au moins pour défendre le maintien de la Catalogne dans l'Espagne. Le 27 octobre 2017, le Parlement de Catalogne annonçait que la région devenait une République. Une rupture sans précédent en Espagne.

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Le parlement catalan a annoncé mardi qu'il allait saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) à Strasbourg pour que l'indépendantiste Carles Puigdemont puisse être réinvesti comme président de la région. Ce dernier se trouve toujours en exil en Belgique.

Le parlement catalan «demandera à la CEDH de garantir les droits politiques et, concrètement, le droit à la participation politique de Carles Puigdemont», a affirmé un porte-parole du président du parlement catalan Roger Torrent. La date à laquelle la Cour sera saisie ne semblait pas encore connue mardi.

«Dans le but de protéger les droits de Carles Puigdemont à se présenter de façon effective au débat d'investiture, le président du parlement catalan soutiendra une demande de mesures préventives devant la Cour européenne des droits de l'Homme», lit-on dans un communiqué du parlement où les partis indépendantistes sont majoritaires.

Gouvernance depuis la Belgique

Carles Puigdemont, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt en Espagne, entend gouverner la région depuis la Belgique. Mais suite à un recours du gouvernement espagnol contre sa candidature, la Cour constitutionnelle a posé des conditions très strictes pour une éventuelle investiture, exigeant qu'il soit présent au débat.

Selon la Cour, Carles Puigdemont ne pourrait être investi que s'il se rend aux autorités et demande ensuite au juge de la Cour suprême qui le poursuit pour rébellion et sédition l'autorisation de se présenter devant le parlement pour défendre sa candidature.

Faute de président élu par le parlement régional, la région de 7,5 millions d'habitants est toujours sous administration directe du gouvernement du premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui en a pris le contrôle fin octobre après une déclaration unilatérale d'indépendance avortée.

(nxp/ats)