Médecine

11 octobre 2010 19:27; Act: 11.10.2010 19:39 Print

Cellules souches embryonnaires à l'essai

Des médecins américains ont commencé à traiter un patient avec des dérivés de cellules souches embryonnaires humaines. Cette expérience constitue une première mondiale.

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Aux Etats-Unis, des médecins ont entamé un traitement à partir de cellules souches embryonnaires humaines.

C'est le premier essai clinique de ce type jamais autorisé pour cette thérapie très prometteuse mais controversée.

Le lancement de cette étude clinique a été annoncé lundi par la firme de biotechnologie américaine Geron Corporation qui a obtenu le feu vert de l'autorité fédérale des médicaments (FDA) en janvier 2009.

«Le début de l'essai clinique GRNOPC1 est une étape importante pour les thérapies humaines basées sur les cellules souches embryonnaires», souligne dans un communiqué le Dr Thomas Okarma, PDG de Geron.

Le principal objectif de cet essai clinique, dit de phase 1, est d'évaluer la sûreté et la tolérance à ces cellules dérivées de cellules souches embryonnaires - dites GRNOPC1 - chez des personnes paralysées à la suite d'une lésion à la moelle épinière.

Régénérer des cellules endommagées

Les participants à cette étude doivent avoir subi leur blessure récemment et recevoir les GRNOPC1 dans une période de moins de 14 jours, précise Geron.

L'objectif de cet essai est d'injecter sur des volontaires paralysés des cellules dérivées de cellules souches embryonnaires humaines. On espère qu'elles puissent régénérer les cellules nerveuses endommagées et, éventuellement, permettre à la personne de retrouver la sensibilité et la capacité de se mouvoir.

La premier patient a été sélectionné dans le centre Shepherd de réhabilitation et de recherche de blessures de la moelle épinière et du cerveau à Atlanta (Géorgie, sud-est). Sept centres aux Etats-Unis étaient susceptibles de recruter un patient pour cet essai clinique.

Potentiel énorme

«Quand nous avons commencé à travailler sur ce projet en 1999, beaucoup prédisaient plusieurs décennies avant que ces thérapies cellulaires soient approuvées pour des essais cliniques chez l'homme», a rappelé le Dr Okarma. Geron avait déjà mené une série d'essais pré-cliniques in vitro ainsi que sur des animaux de laboratoire.

Les cellules souches embryonnaires sont les seules cellules de l'organisme ayant la capacité de se multiplier sans limite et de devenir n'importe quel type de cellules du corps. Elles présentent de ce fait un énorme potentiel pour traiter, outre des lésions de la moelle épinière, des maladies incurables comme Parkinson ou encore le diabète.

Le plus grand défi pour les chercheurs est d'obtenir que ces cellules souches «se différencient» pour devenir les cellules qu'ils souhaitent obtenir, sans prendre le risque de se transformer en cellules indésirables comme des tumeurs cancéreuses.

(ats)