Relations bilatérales

19 juin 2017 19:24; Act: 19.06.2017 19:26 Print

Cuba inflexible face à la ligne dure de Trump

Un durcissement de la politique américaine vis-à-vis de l'île a été annoncé par Donald Trump la semaine dernière.

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Des Cubains à La Havane. (Photo: Keystone)

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Cuba a prévenu lundi les Etats-Unis qu'il ne «négocierait jamais sous la pression». Le régime castriste reste inflexible face à Donald Trump, qui vient d'annoncer le durcissement de sa politique vis-à-vis de l'île.

«Cuba ne fera pas de concessions sur sa souveraineté et son indépendance, ne négociera pas sur ses principes et n'acceptera jamais (l'imposition) de conditions» par les Etats-Unis, a déclaré le chef de la diplomatie cubaine Bruno Rodriguez depuis Vienne. «Ce n'est pas une directive présidentielle des Etats-Unis qui pourra faire plier la politique» de Cuba, a-t-il ajouté.

Le ministre a dénoncé le «spectacle grotesque» donné le 16 juin par Donald Trump face à de nombreux anti-castristes à Miami. Sous les applaudissements de ce parterre tout acquis, le président américain avait martelé sa volonté de recalibrer le rapprochement avec Cuba, lancé fin 2014 par Barack Obama après plus d'un demi-siècle de tensions. Il était aussi revenu sur une série d'assouplissements à l'embargo américain concédés par l'administration Obama.

Parmi les nouvelles dispositions annoncées par Donald Trump figurent la limitation des transactions avec les entités contrôlées par l'armée cubaine, omniprésentes dans le secteur du tourisme, et une application plus stricte des restrictions sur les voyages d'Américains vers l'île communiste, en forte hausse depuis 2015.

«Un recul»

Bruno Rodriguez a estimé que la nouvelle politique américaine marquait «un recul dans les relations bilatérales». S'il veut «attendre» que ces mesures soient détaillées pour en estimer leur «portée et leur profondeur», il a prévenu qu'elles étaient susceptibles de «restreindre les libertés des citoyens américains» désirant voyager à Cuba.

Plus largement, le ministre a estimé que ce durcissement était susceptible «d'affecter les relations du gouvernement des Etats-Unis avec l'Amérique latine et les Caraïbes» qui s'étaient sensiblement améliorées avec Barack Obama. Et ce au risque «de porter atteinte à la crédibilité de sa politique extérieure».

Dans la foulée des déclarations de Donald Trump la semaine dernière, le gouvernement cubain avait regretté «une rhétorique hostile» rappelant «les temps de la confrontation ouverte» de la Guerre froide.

Dialogue à poursuivre

Mais La Havane avait aussi tenu à réitérer «sa volonté de continuer le dialogue respectueux et la coopération» engagées avec Washington depuis le rétablissement des relations diplomatiques en 2015. Les deux pays sont notamment engagés dans des pourparlers sur la lutte contre le trafic de drogue, l'immigration illégale, l'environnement ou la propriété intellectuelle.

Bruno Rodriguez a confirmé la volonté cubaine de poursuivre ces discussions «dans le respect de l'indépendance et de la souveraineté» de chacun. Il a de nouveau appelé au retrait de l'embargo américain imposé à l'île depuis 1962.

(nxp/ats)