Corée du Nord

17 mai 2018 03:31; Act: 17.05.2018 06:51 Print

Donald Trump temporise face à Pyongyang

Alors que la Corée du Nord a menacé mardi d'annuler le sommet avec les USA, Trump a réagi avec une inhabituelle prudence.

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Des reporters se préparent à embarquer à bord d'un vol pour Wonsan, en Corée du Nord, d'où ils devaient ensuite voyager en train et en bus pendant une vingtaine d'heures le long de la côte est, jusqu'au site d'essais qui sera démantelé. (Mercredi 23 mai 2018) «Il est possible que ça ne marche pas pour le 12 juin», a déclaré Donald Trump, au côté de son homologue sud-coréen. «Si la rencontre n'a pas lieu, elle aura peut-être lieu plus tard». (Mardi 22 mai 2018) Bientôt un sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un (photo montage)? Le président américain reçoit mardi son homologue sud-coréen Moon Jae-in pour évoquer son sommet avec le leader nord-coréen. (Lundi 21 mai 2018) Pyongyang a exigé le retour des 12 serveuses nord-coréennes qui ont fait défection en 2016, possiblement contre leur gré, sur fond de crispation sur la péninsule. (Samedi 19 mai 2018) Ri Son-Gwon (centre), le principal négociateur nord-coréen, a qualifié l'exercice Max Thunder de «provocation brutale», l'interprétant comme un entraînement pour une invasion de la Corée du Nord. (Jeudi 17 mai 2018) Donald Trump, le président des USA, a préféré temporiser par rapport aux menaces de la Corée du Nord d'annuler le sommet prévu entre les deux pays le 12 juin prochain. (Mercredi16 mai 2018). Kim Jong-Un menace les Etats-Unis d'annuler le sommet entre les deux pays prévu le 12 juin prochain, en raisons des exercices militaires américaines effectués avec la Corée du Sud. (Mardi 15 mai 2018) Selon des images satellite, le démantèlement du site d'essais nucléaire de la Corée du Nord est en bonne voie. (Mardi 15 mai 2018) Des garanties sur la sécurité ne seront présentées par les Etats-Unis qu'à condition que Pyongyang mène à terme le démantèlement de son arsenal nucléaire. (Dimanche 13 mai 2018) La Corée du Nord annonce qu'elle démantelera son site d'essais atomiques entre le 23 et le 25 mai, rapporte l'agence d'Etat KCNA. (12 mai) Le sommet historique entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un aura lieu le 12 juin à Singapour. (Jeudi 10 mai 2018) Le couple présidentiel monte dans l'avion qui a ramené les trois hommes libérés. (Base militaire d'Andrews, 10 mai 2018) Les hommes libérés saluent le comité d'accueil. (Base militaire d'Andrews, 10 mai 2018) Base militaire d'Andrews, près de Washington. (10 mai 2018) Poignée de main entre Trump et un des otages libérés. (Base militaire d'Andrews, 10 mai 2018) Un grand drapeau américain a été installé sur la base base militaire d'Andrews pour accueillir les trois hommes libérés. (10 mai 2018) Mike Pence (au centre) arrive accompagné de son épouse et son équipe pour accueillir les trois hommes. (10 mai 2018) Le président américain accompagné de son épouse est aussi présent sur la base militaire d'Andrews, dans la banlieue de Washington pour accueillir les hommes libérés. (10 mai 2018) Les trois Américains Kim Dong Chul, Tony Kim et Kim Hak Song ont été libérés par la Corée du Nord et sont ramenés aux Etats-Unis par Mike Pompeo. (Mercredi 9 mai 2018.) Mike Pompeo (archives) a déjà effectué une visite secrète en Corée du Nord au cours du week-end de Pâques, alors qu'il était encore directeur de la CIA. (Mardi 8 mai 2018) La Corée du Nord va avancer ses pendules de 30 minutes à partir du 5 mai afin d'être à la même heure que Séoul. (Lundi 30 avril 2018) Selon Mike Pompeo, nouveau secrétaire d'Etat américain, Kim serait «disposé» à «présenter un plan» en vue de la dénucléarisation. (Samedi 28 avril 2018) Image: AFP Donald Trump estime que sa fermeté envers la Corée du Nord est à l'origine de la détente actuelle. (Samedi 28 avril 2018) «Déclaration de Panmunjom» signée par Kim Jong-un et Moon Jae-in contient la phrase suivante: «La Corée du Sud et la Corée du Nord confirment l'objectif commun d'obtenir, au moyen d'une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non nucléaire». (Vendredi 27 avril 2018) «Une histoire nouvelle commence maintenant», a écrit Kim Jong-un dans le livre d'or. Il a également déclaré au président sud-coréen qu'il était prêt à lui rendre visite à Séoul 'à tout moment' en cas d'invitation, a déclaré le porte-parole du chef de l'Etat sud-coréen. (Vendredi 27 avril 2018) Les deux hommes se sont retrouvés pour un sommet intercoréen historique au cours duquel le devenir de l'arsenal atomique de Pyongyang devrait être discuté. Les discussions pourraient aussi aborder la question d'un traité de paix pour mettre formellement un terme à la guerre de 1950-1953. (Vendredi 27 avril 2018) À l'invitation de Kim Jong-un, les deux dirigeants ont brièvement marché du côté nord-coréen de la frontière avant de se rendre à pied à la Maison de la paix, une structure de verre et de béton située dans la partie sud du village de Panmunjom, où fut signé l'armistice. (Vendredi 27 avril 2018) La garde ultra-rapprochée de Kim Jong-un. Quand le maître de Pyongyang a franchi la frontière intercoréenne,, il était escorté par une phalange de gardes du corps soigneusement choisis pour leur forme physique, leur allure, leurs capacités de tireur d'élite ou leur maîtrise des arts martiaux. (Vendredi 27 avril 2018) Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s'avance verse président sud-coréen Moon Jae-in pour franchirr la ligne de démarcation. (Vendredi 27 avril 2018) «Je suis heureux de vous rencontrer», a lancé Moon Jae-in à son homologue . Kim Jong-un a franchi la ligne de démarcation en béton, devenant le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-53). (Vendredi 27 avril 2018) De petits pas pour une avancée historique entre les deux frères ennemis. (Vendredi 27 avril 2018) Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in traversent ensemble la ligne de démarcation militaire qui divise la péninsule. (Vendredi 27 avril 2018)

Une faute?

«Nous verrons»: le président américain Donald Trump a réagi mercredi avec une grande prudence aux menaces de la Corée du Nord d'annuler son sommet à venir avec Kim Jong Un. Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, Pyongyang a opéré mercredi un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, évoquant la possibilité de remettre en cause le face-à-face historique prévu mi-juin à Singapour.

«Rien ne nous a été notifié, nous n'avons rien entendu (...) Nous verrons ce qui va se passer», a lancé depuis le Bureau ovale M. Trump qui, fait notable, s'est abstenu de tweeter sur ce dossier sensible au cours des dernières 24 heures. «Nous verrons», a répété le président septuagénaire qui ne cache pas, depuis plusieurs semaines, son enthousiasme et son optimisme sur l'issue de cette rencontre inédite avec l'homme fort de Pyongyang, de près de 40 ans son cadet.

Pyongyang, qui a annulé une rencontre de haut niveau avec la Corée du Sud pour protester contre des exercices militaires annuels en cours entre Séoul et Washington, a haussé le ton par la voix son ministre adjoint des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan. «Si les Etats-Unis tentent de nous mettre au pied du mur pour nous forcer à un renoncement nucléaire unilatéral, nous ne serions plus intéressés par un tel dialogue», a-t-il lancé.

«Pression maximale»

Washington exige «la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible» de la Corée du Nord. Mais pour l'heure, celle-ci n'a pas rendu publiques les concessions qu'elle propose, hormis des engagements envers la dénucléarisation de la «péninsule coréenne», une formule sujette à interprétation. Par le passé, Pyongyang a exigé le retrait des troupes américaines déployées au Sud pour protéger Séoul de son voisin, de même que la fin du parapluie nucléaire américain sur son alliée.

La Chine, plus proche alliée de la Corée du Nord, a appelé à la tenue du sommet comme prévu. De son côté, Paris a exhorté Pyongyang à démontrer «sa sincérité à négocier». «Des hauts et des bas peuvent intervenir comme le montre l'actualité mais nous ne devons pas perdre de vue l'objectif : la dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule», a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Les USA sont «prêts pour cette rencontre»

Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a assuré avoir toujours «bon espoir» que le tête-à-tête très attendu ait lieu, tout en soulignant que rien n'était gravé dans le marbre. «Comme le président l'a dit à plusieurs reprises, nous sommes prêts pour cette rencontre, et si elle se produit, c'est très bien, sinon nous aviserons», a-t-elle expliqué sur Fox news, promettant, en l'absence de compromis avec Pyongyang, de «poursuivre la campagne de pression maximale en cours». Le haut diplomate nord-coréen a également tiré à boulets rouges sur le conseiller américain à la Sécurité nationale John Bolton, qui a évoqué le «modèle libyen» pour la dénucléarisation du Nord.

Il s'agit d'une «tentative sinistre d'imposer à notre digne Etat le destin de la Libye et de l'Irak», a-t-il lancé. Le Nord justifie de longue date ses armes nucléaires par la menace d'invasion américaine. Après avoir renoncé à son programme atomique, le leader libyen Mouammar Kadhafi avait été tué lors d'un soulèvement soutenu par des bombardements de l'OTAN. Le diplomate nord-coréen a par ailleurs balayé la proposition du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo --qui s'est rendu deux fois à Pyongyang-- selon laquelle les Etats-Unis pourraient apporter une aide économique à la Corée du Nord, en échange de la dénucléarisation

«Tactique diplomatique»

Ces dernières semaines, outre un sommet rarissime avec le président sud-coréen Moon Jae-in dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule, Kim Jong Un a rencontré deux fois le président chinois Xi Jinping et annoncé qu'il détruirait la semaine prochaine son site d'essais nucléaires.

D'après les analystes, Pyongyang cherche à recadrer les termes du débat. «C'est une tactique diplomatique», a déclaré à l'AFP Kim Hyun-wook, professeur à l'Académie diplomatique nationale de Corée. «C'est la politique du précipice pour changer la position américaine.

Pour Joshua Pollock, de l'Institut Middlebury des études internationales, le Nord a été irrité par le ton «triomphaliste» de Washington. Pyongyang a passé des années à constituer son arsenal nucléaire, menant l'année dernière son sixième essai atomique, le plus puissant à ce jour. Ses ambitions militaires lui ont valu de multiples salves de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.

(nxp/afp)